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ACTU

[Popcorn] Hardcore Henry

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
En mars 2013 est sorti un clip vidéo pour le groupe de rock russe Biting Elbows. Réalisé par le leader du groupe, Ilya Naishuller, il était entièrement filmé à la première personne et proposait des bastons dynamiques. Suite à son succès, Ilya a lancé un indiegogo pour financer Hardcore, un long métrage fondé sur le même principe.

250 000 dollars et trois ans plus tard, Hardcore sort dans les salles (mercredi en France). Il s'appelle désormais Hardcore Henry. Des types en survêtement dépourvus d'instinct de survie, des Kalashnikov, de la vodka et des femmes fatales... Hardcore Henry renforce tous les stéréotypes possible sur la Russie et les emballe dans 96 minutes d'ultra-violence.
Each year, 100 000 baseball bats are sold in Russia and, at most, 50 baseballs. It gives you an idea of a great russian past time. -Akan


Le héros du film Henry se réveille au chevet d'Estelle (Haley Bennett) qui lui dit être sa femme et qui finit de réparer Henry en lui attachant un nouveau bras et une nouvelle jambe. Pendant le processus, le labo dans lequel ils sont est attaqué par Akan, un psycopathe avec des super-pouvoirs, et sa bande. Henry et Estelle s'enfuient mais Estelle est capturée. En quelques minutes, le film pose les bases de la situation : Henry est un cyborg, il n'a pas de mémoire, il ne peut pas parler, il sait se battre et tout le monde veut sa peau. Rapidement il rencontre un certain Jimmy (Sharlto Copley) qui sera presque son seul allié. Le scénario n'est pas exactement le point fort du film mais il a le mérite d'être relativement cohérent, de proposer une bonne dose de SF et de ne pas se prendre trop au sérieux. De toute façon, on n'a pas tellement temps d'y faire attention.

Tout le film est donc tourné en première personne grâce à une GoPro placé au niveau des yeux des héros (ils ont bricolé un masque pour l'occasion). Le caméraman, qui est aussi le cascadeur et l'acteur principal, est en fait le spectateur qui suit les péripéties d'Henry. Le film est donc une succession de plans-séquences qui donnent l'impression de regarder quelqu'un jouer à un FPS. Et pas n'importe lequel. On est beaucoup plus proche d'un speedrun de Dying Light que d'un Call Of Duty.



En effet le héros est un adepte du parkour ce qui signifie grimper au mur, courir sur des poutrelles, sauter par dessus des rembardes et faire du rappel. Ca bouge dans tous les sens mais l'action reste lisible car le montage est simple et ne propose qu'un seul point de vue. Certaines personnes sont tombées malade pendant la projection mais les adaptes de JV ne devraient pas avoir de problèmes. Les sensations sont grisantes et la tension du héros se retransmet à merveile au spectateur vu qu'on l'accompagne dans ses moindres mouvements.
 
Tantôt chasseur et tantôt chassé, Henry n'hésite pas à se défendre ou attaquer avec tout ce qu'il peut : poings, couteaux, essuie-glace, pistolets, grenades, AKs, shotguns, Gatlings, fusil de snipe, lance-grenades, sabre... Les combats sont brutaux et sanglants essentiellement car on les voit de près. Les combats à main nue sont filmés en gros plan y compris quand Henry éclate des cranes contre le sol. Ceux avec des flingues sont souvent à courte portée et on a bien le temps de voir les impacts de balles et le gros rouge qui gigle surtout quand un head shot enlève la moitié de la tête. L'hémoglobine coule à flot sans toutefois tomber dans les délires tarantinesques. Et il y a du monde. Harry doit tuer une centaines de bonhommes durant le film et une trentaine rien que pour le combat final.



Le déroulement du film en lui-même ressemble aussi exactement à un jeu d'action typique avec ses différents niveaux incluant une usine désaffectée et une visite obligatoire au bordel local, des quêtes indiquées par un point Google Maps, des PNJs qui se ressemblent tous mais qui ont chacun un look et une personnalité différente (ils sont presque tous joués par Sharlto Copley qui s'en est donné à coeur joie) et bien évidemment un boss final. Henry récupère même des power-ups à certains moments.  Comme tout cela ne dure que 96 minutes, c'est très dense et assez chaotique et il ne faut pas cligner de l'oeil sous peine de rater un moment de bravoure. Le film nous laisse quand même souffler de temps à autre juste pour nous permettre de nous demander "Mais comment ils ont pu tourner cela sans mourir ?". Histoire de renforcer le tout, la BO est grandiose et portée par le rock de Biting Elbows et l'électro torturé de Dasha Charusha qui ajoute un gain de folie et d'amertume.

Hardcore Henry fait partie de ces films totalement improbables qui ne fonctionnent que parce que le réalisateur se tient à sa vision jusqu'au bout et ne cherche pas à prendre de raccourci. C'est comme si John Wick et Mirror's Edge avait eu un bébé et l'avait nourri exclusivement à la coke. C'est un fabuleux hommage aux jeux vidéo sans être une adaptation. C'est un trip brutal et visionnaire. Je n'avais pas pris un tel pied depuis Mad Max Fury Road.

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