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ACTU

Internet, circa 1969

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Il s'est passé beaucoup de choses en 1969. Mes parents se sont mariés, l'homme a marché sur la lune, Nixon devenait président et les Beatles donnaient leur dernier concert. Pourtant rien de tout cela n'a eu autant d'influence que les progrès réalisés par deux équipes d'ingénieurs informaticiens.

Dans les labos de Bell Labs, Ken Thompson et Dennis Ritchie (l'inventeur du langage C) développaient la première version d'un sytème d'exploitation qui s'appellera plus tard Unix. 50 ans plus tard, Unix et ses dérivés (Linux, iOS...) dominent le monde des serveurs, de l'embarqué et du mobile. A la même époque, une équipe de chercheurs financée par l'Advanced Research Projects Agency (la branche R&D de l'armée américaine) bossait sur le réseau ARPANET.

L'idée était de créer un réseau décentralisé d'ordinateurs afin de permettre aux chercheurs de profiter de la puissance d'ordinateurs distants. Le 29 Octobre 1969, un étudiant de l'UCLA (Los Angeles) se connectait à un ordinateur installé à Stanford (grosso modo San Francisco). ARPANET a posé les fondations techniques de ce qui allait devenir Internet, particulièrement les protocoles TCP/IP.



50 ans plus tard, 60% des serveurs Internet sont hébergés par seulement trois sociétés (Amazon, Microsoft et Google) et concentrés dans une centaine de centres de données, ce que les marketeux appellent "le cloud". L'armée américaine va bouger une majeure partie de ses services dans le cloud (le projet Joint Enterprise Defense Infrastructure ou JEDI) et Microsoft a remporté le contrat principalement grâce au fait que le patron de l'armée, Donald Trump, déteste cordialement le patron d'Amazon, Jeff Bezos.

Avant d'attaquer la suite , il est nécessaire d'expliquer une des briques fondamentales d'Internet. Votre ordinateur comme le serveur que vous essayez de contacter ont une adresse IP publique. Mais ce n'est pas facile à retenir. Et les grosses boites comme Google n'ont pas une seule adresse IP publique mais des plages entières qui leur sont dédiées. Du coup pour faciliter les chose, Internet repose sur la résolution de noms de domaines ou DNS. Un serveur DNS va traduire un nom de domaine en adresse IP en utilisant une sorte d'annuaire téléphonique. Ainsi en tapant Factornews.com (le domaine) dans votre navigateur, le serveur DNS que vous utilisez sait qu'il faut parler à l'adresse IP 62.210.141.222.



Par défaut, le serveur DNS en question est hébergé par votre fournisseur d'accès Internet mais on vous recommande d'utiliser quelque chose de plus neutre comme Cloudflare (1.1.1.1) et Google (8.8.8.8). La raison est simple : en plus d'être plus rapide, les serveurs DNS cités sont neutres et protégés. Ils ne vont pas tenter de rediriger ou de bloquer vos requêtes. Si je mentionne tout cela, c'est parce qu'une nouvelle loi vient de passer en application en Russie. Le but est de permettre à l'Internet russe de fonctionner en autonomie totale et de limiter le traffic sortant. Pour cela, la Russie va développer ses propres serveurs DNS et les fournisseurs d'accès seront forcés d'installer des outils de contrôles du traffic. 

Le but annoncé est d'assurer une continuité en cas de guerre ou d'attaque mais c'est aussi un outil de censure très efficace. En changeant quelques lignes de textes, le gouvernement russe pourra ainsi bloquer n'importe quel site ou rediriger un service populaire vers son équivalent russe (au hasard Facebook vers VK). Ceci étant dit, la tache ne sera pas facile. L'Internet russe a été construit comme ses équivalents occidentaux à savoir via une multitude de fournisseurs d'accès, de cables, de réseaux et de centres de données sans organisation centrale.



Le Grand Firewall de Chine fonctionne car tout le traffic passe par une poignée de points d'accès physiques sur lesquels sont installés des outils de filtrage puissant. La Chine ne bloque pas uniquement certains domaines : elle contrôle les DNS, bloque des plages entières d'adresses IP, analyse les URLs des requètes HTTP et lit même les paquets TCP c'est à dire les données envoyées et reçues. Pour la russie, les bricoleurs trouveront surement un moyen de contourner le contrôle. Après tout, c'est un pays de hackers si on en croit la tonne de bots qui attaquent Factor en permanence. Mais la masse devra se contenter de Putinet ce qui sonne aussi terrifiant qu'adorable.

Et ce n'est qu'un début. Progressivement, Internet devient de moins en moins interconnecté pour différentes raisons : censure, lois, droits d'auteur...  Une bonne partie du contenu vidéo US est bloqué en France et inversement. Suite à la RGPD, une partie des sites Internet ont choisi de rendre leur site inaccessible en Europe.  La combinaison "Internet centralisé" + "internet morcelé" n'augure rien de bon pour le jeu vidéo. Akamai tombe et c'est Steam qui disparait. Un gouvernement protectionniste ou autoritaire bloque Google et c'est Stadia qui s'en va.
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