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Gears of War

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
Annoncé il y a à peine un an et demi, en l'occurence à l'E3 2005, porte-étendard des capacités de la Xbox 360 ainsi que du tout nouveau Unreal Engine troisième du nom, Gears of War fait partie de ces titres qu'on ne se contente pas de guetter du coin de l'oeil. Il faut dire qu'avec la pluie d'extraits et d'aperçus plutôt aguicheurs que n'a eu de cesse de déverser Microsoft depuis plusieurs mois, le nouveau titre d'Epic ne pouvait pas vraiment passer inaperçu. L'attente touche aujourd'hui à sa fin, et quitte à gâcher un peu le suspense, le jeu ne déçoit pas un seul instant. Ou presque.

S'il est bien un point sur lequel Gears of War ne risque pas vraiment de marquer les esprits, c'est bien par son scénario : rédigé sur une (petite) feuille de papier à cigarette, celui-ci narre les exploits de Marcus Fenix, super-soldat aussi charismatique qu'un pneu crevé et dont le gabarit ferait passer le vainqueur d'un concours de culturistes pour une mauviette anorexique. Notre brave Marcus, tiré par son frère d'armes Dom Santiago, de la prison dans laquelle il croupissait pour insubordination, va devoir à lui tout seul ou presque, repousser les hordes Locustes qui ont envahi la planète Sera.

Voilà voilà. Malgré sa bêtise assumée, ce scénario à peine digne d'un téléfilm de deuxième partie de soirée sur M6 a le mauvais goût d'évoluer de manière un peu absconse, si bien qu'on se retrouve à se rendre en des lieux et à remplir des objectifs sans trop savoir pourquoi. Bah, on s'en fout un peu après tout : enfilez vos Rangers, on a des culs d'aliens à botter, et on se posera des questions plus tard.


On remet le couvert


Pas si vite, jeunes chiens fous, je vous vois venir : vous vous dites qu'avec son gabarit d'armoire normande et ses cinquantes centimètres d'épaisseur d'armure, le gars Marcus va pouvoir courir au milieu du champ de bataille, un flingue dans chaque pogne et un sourire aux lèvres, génocider peinard toute la population Locuste qu'il croisera, et être rentré à temps pour le dîner. Bah non, pas de chance : notre machine de guerre vivante est finalement plutôt fragile, et il va falloir en prendre soin et la mettre à l'abri des rafales de balles que les ennemis ne manqueront pas de déverser sur sa tronche.

Heureusement, les décors en ruine recèlent de planques de fortune : colonnes effondrées, blocs de pierre ou encore carcasses de voitures fumantes seront autant d'abris derrière lesquels vous pourrez vous accroupir, ne relevant la tête que pour balancer une rafale de balles sur la racaille extra-terrestre. Au final, on se retrouve donc à avancer prudemment, passant d'un abri à un autre avec une agilité qui surprend de la part d'un costaud comme Marcus : une glissade par-ci, un petit mouvement rotatif par-là, notre colosse a à sa disposition une palette d'animations suffisamment étoffée pour parer à toute éventualité.

Et le plus fort, c'est que tout ceci se fait le plus naturellement du monde, avec l'emploi du seul bouton A : une pression courte en terrain dégagé, et Marcus effectue une roulade ; une pression longue, le voilà qui se met à courir comme un dératé en se baissant pour échapper aux balles ; une pression contre un élément du décor, et notre héros se plaque contre lui : il suffira ensuite au joueur d'appuyer sur la gâchette de gauche pour que Marcus laisse dépasser sa tête et son gros flingue, prêt à cracher la mort sur les hordes alien.

Le gameplay de Gears of War se révèle donc un peu plus fin et réfléchi que ce à quoi on pouvait s'attendre de prime abord, et recèle même quelques petites subtilités bienvenues, comme ce système de rechargement des armes plutôt original : une fois l'action de rechargement enclenchée, une barre apparaît en haut à droite de l'écran ; si le joueur appuie une deuxième fois sur le bouton de rechargement avec le bon timing, l'arme se recharge plus vite. En revanche, s'il rate ce point précis, l'arme s'enraye, et le rechargement dure finalement plus longtemps que prévu. Malin et bien trouvé, ce système plutôt original dynamise encore un peu plus les combats, ajoutant une petite phase de stress lorsqu'on foire son reload en plein milieu d'une fusillade acharnée.

Bien sûr, toutes ces belles choses auraient pu se voir réduire à néant si l'IA des vilains n'avait pas été à la hauteur. Fort heureusement, les Locustes, sans parler du fait qu'ils encaissent plutôt bien les coups et que leurs rafales ont tendance à faire mal, se déplacent plutôt correctement : ils se mettent bien à couvert, se couvrent mutuellement s'ils sont deux derrière un même abri, et tenteront même par moments de vous contourner si la configuration de la zone de combat s'y prête. Bref, un bon point là aussi, malgré quelques petits égarements, quand un ennemi décide brusquement de quitter son abri alors que vous étiez en train de le canarder, ou qu'il reste sans bouger alors qu'il est en plein dans votre ligne de mire (ceci survenant principalement lorsque vous vous retrouvez surélevé par rapport à vos adversaires).

On regrettera en revanche que les coéquipiers se montrent une fois de plus un peu crétins, se mettant en plein dans votre ligne de mire ou restant bêtement à découvert. S'ls viennent à encaisser trop de plombs, vos frères d'armes s'effondrent, et il vous faudra aller leur mettre une petite tape sur l'épaule pour les renvoyer au combat ; ou attendre que celui-ci se termine pour qu'ils guérissent miraculeusement de leurs blessures.


L'heure de la leçon


Ce n'est un secret pour personne, Gears of War est beau. Très beau, même, voire magnifique, somptueux, étourdissant : choisissez l'épithète élogieux que vous préférez, il devrait convenir. Et on a beau s'y attendre, le jeu parvient quand même à nous mettre sur le cul. L'Unreal Engine 3 met vraiment une grande claque à ses concurrents : textures d'une finesse inouïe, modélisation d'une grande richesse, effets de particules, de lumière, ou d'ombres portées criants de réalisme, et ce sans jamais tomber dans la surenchère de mauvais goût... Ce n'est rien de dire qu'on en prend plein les mirettes, et plein les oreilles aussi : la somptueuse musique accompagne les affrontements de fort belle manière, et donne un côté encore plus grandiose à l'ensemble du jeu. Dommage que les voix françaises, à peine moins horribles que le doublage de Metal Gear Solid sur PSOne, viennent plomber cette maestria auditive.

Mais comme on dit : sans maîtrise, la puissance n'est rien. Et cette puissance, les artistes d'Epic l'ont parfaitement maîtrisée pour nous offrir un titre au design tout simplement exceptionnel. Jamais un décor post-apocalyptique n'a été aussi bien retranscrit que dans Gears of War, et vous risquez bien souvent de vous retrouver à vous arrêter pour contempler béatement la richesse architecturale des environnements du jeu. Malgré une petite baisse de régime en milieu d'aventure, la faute à un troisième acte un ton en dessous des autres, on n'a de cesse d'avancer pour découvrir les délices visuels qui nous attendent.

Et quitte à avoir un moteur 3D qui gère tout un tas d'effets next gen qui en mettent plein la vue, autant le mettre au service du gameplay et du level design : les joueurs cinéphiles seront aux anges lorsqu'ils découvriront cette ville plongée dans l'obscurité, et où ils devront se rendre aussi vite que possible d'un îlot de lumière à un autre, sous peine de voir fondre sur eux une nuée d'aliens volants qui les auront dévorés avant même qu'ils aient pu comprendre ce qui leur arrive.

Cerise sur le brownie, le jeu affiche cette débauche visuelle avec une fluidité absolument insolente. Crème fouettée sur la cerise : les chargements sont pratiquement absents, et jamais le rythme ne retombe. Un véritable exploit. Non, vraiment, d'un point de vue tant technique qu'esthétique, Gears of War ne souffre pratiquement d'aucune critique.


Le doigt dans l'engrenage


Quel dommage alors que quelques grossières légèretés viennent ternir un aussi beau tableau. On pourra ainsi relever quelques bugs de collision vraiment peu flatteurs, avec des personnages qui se retrouvent encastrés dans des éléments du décor, ou une physique assez particulière, où le moindre contact avec une chaise ou un cadavre les fait voler de façon bien peu réaliste. D'une manière générale, on regrettera le manque d'interaction avec les environnements, ceux-ci étant bien trop statiques : les éléments destructibles sont vraiment trop rares, et on ne comprend pas pourquoi on peut pousser une chaise alors que la table reste, elle, de marbre.

Autre point vraiment regrettable, la linéarité et le manque d'inspiration du level design, à faire pâlir de jalousie le premier FPS WW2 venu. Oh, bien sûr, les coins pour se planquer et utiliser le principe de couverture du gameplay abondent, mais on évolue quand même dans un gros couloir. Les envionnements ont beau être très vastes, on se sent tout de même très confiné, la faute à une pauvre barrière rachitique ou à un tas de gravas s'arrêtant aux genoux, mais qui empêchent d'avancer simplement parce que les level designers en ont décidé ainsi, quand ce n'est pas carrément un mur invisible. Quelques passages un peu plus ouverts offrent un petit semblant de liberté, mais ils sont malheureusement vraiment trop rares, et c'est d'autant plus déplorable que l'action prend dans ces moments-là une ampleur encore plus spectaculaire. On trouvera aussi en cours d'aventure des embranchements, qui proposeront au joueur de choisir le chemin à emprunter, mais rien de bien palpitant.

Autre point noir, et non des moindres, le jeu est court. Dramatiquement court. Il n'aura fallu qu'un week-end intensif à un gros mauvais comme moi pour torcher le jeu en mode vétéran, soit le mode le plus difficile disponible d'emblée. En clair, les élites du pad, ou les petits bras qui joueront en mode facile, ne seront pas occupés plus d'une dizaine d'heures. Au moins, on n'a pas le temps de se lasser, et le rythme ne faiblit jamais. Et malgré un niveau de difficulté encore plus élevé à débloquer, du fait de sa linéarité, le jeu ne propose pas vraiment une rejouabilité très importante. À moins que...


La guerre à plusieurs


Epic sait ce qui plaît aux joueurs. Et ce qui plaît aux joueurs, ce sont de bonnes fusillades bien viriles entre potes. Bingo, Gears of War dispose d'un mode multijoueur plutôt étoffé. On commence par le mode coopératif, qui propose de se refaire l'intégralité de l'aventure à deux, que ce soit en split screen, en LAN ou via le Live. Et pas question d'un mode coop fait un peu à l'arrache façon Halo, avec un deuxième Masterchief absolument pas intégré au scénario. Ici, on sent que le jeu a été pensé depuis le début pour le jeu à deux, et on ne peut que tirer notre chapeau à Epic tant le gameplay de Gears of War se prête à merveille à l'exercice. À tout moment, un deuxième joueur pourra donc incarner Dom Santiago, qui ne quitte pas Marcus d'une semelle durant l'aventure, sauf lors des passages en parallèle mentionnés plus haut, qui prennent ici tout leur sens.

Jouer à deux, c'est bien, mais jouer à huit, c'est encore mieux. Pour ça, direction le mode multi, qui propose des affrontements en 4 vs 4 plutôt bien foutus en conservant le principe du gameplay du solo : on avance, on se planque, on sort la tête pour balancer une rafale, et on change d'abri. On regrettera quand même que les cartes et les modes de jeux soient aussi peu nombreux ; une faiblesse qui sera probablement très vite comblée par des packs de cartes disponibles sur le Marketplace.


Un grand merci à Snoopers pour les images qui accompagnent ce test.

Gears of War est une incontestable réussite. Véritable vitrine technologique, aussi bien de la console de Microsoft que du tout nouveau moteur 3D d'Epic, le jeu n'oublie pas de proposer un gameplay bien fignolé, offrant des affrontements intenses mais jamais bourrins. Quel dommage que l'aventure se termine aussi vite, et que finalement l'action peine quelque peu à se renouveler. Il reste heureusement des modes multijoueur bien fournis pour étoffer un peu le contenu, et notamment un excellent mode coopératif permettant de revivre l'aventure avec un pote. Quoi qu'il en soit, malgré ces quelques défauts plus ou moins importants, il serait juste criminel de passer à côté de ce titre : Gears of War est bien la killer app que tout possesseur de Xbox 360 attendait.

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