Dix ans. Voilà pratiquement dix ans que Prey a été annoncé pour la première fois. En ce temps-là, il devait être développé par 3D Realms et édité par GT Interactive (un éditeur mort depuis). Le jeu devait être intégralement en 3D, ce qui n'était pas rien pour l'époque, et proposer des nouveautés de design pas banales. Mais un beau jour, alors qu'il volait tranquillement au dessus du Triangle des Bermudes, le jeu s'est tout simplement évaporé des écrans radar. Alors qu'on le pensait disparu à jamais, le voilà qui a ressurgi du néant il y a environ deux ans : 3D Realms a confié le développement à Human Head Studios mais continue de superviser le projet, et le moteur 3D maison a cédé la place au Doom Engine... Mais concrètement, Prey est-il bien le grand FPS attendu ?
Tommy en a marre. Il en a marre de vivre dans cette foutue réserve. Il en a marre de devoir supporter le discours de son grand-père sur ces conneries d'héritage Cherokee. Il en a marre des poivrots qui tentent de draguer sa nana, la serveuse du bar. Il en a marre de ne pas être capable de lui avouer ses sentiments.
Vous êtes Tommy, mécano indien (pardon : Native American) de son état, un bon anti-héros comme on n'en fait plus. Son aventure débute dans le bistrot tenu par Jen, sa copine, alors que le jukebox crache un vieux Judas Priest. Il tente de convaincre tant bien que mal Jen de quitter cette foutue réserve, mais la garce semble bien décidée à ne pas partir, trop attachée qu'elle est à ses racines. Deux clients avinés commencent à devenir un peu trop entreprenants envers la jeune fille, et notre Tommy va les calmer bien vite à grands coups de clef à molette. Mais la petite vie de Tommy bascule soudain lorsqu'un vaisseau extraterrestre fait subitement irruption dans le ciel et aspire le bar et ses occupants, alors que le jukebox se met à jouer Don't fear the reaper de Blue Oyster Cult : lumières vertes, désintégration d'une partie du décor, corps s'élevant dans l'espace : cette scène d'intro a une classe folle, et on se dit qu'on est parti pour vivre une grande aventure.
Attack of the giant pussy from outer space
Une fois dans le mystérieux vaisseau extraterrestre, Tommy, Jen, le grand-père et des centaines d'autres humains se retrouvent sanglés et tractés vers une destination inconnue mais qu'on devine peu enviable. Toutefois, une explosion vient interrompre le trajet de notre héros, qui va partir alors à la recherche de sa copine à travers le vaisseau extraterrestre.
Un vaisseau au design plutôt excellent : mi-métallique, mi-organique, vous vous baladerez dans des couloirs ressemblant à des boyaux, et les portes qui s'ouvrent devant vous évoqueront bien souvent divers orifices du corps humain ; des orifices qui ne manqueront pas de vous déverser quantité de fluides corporels à la tronche. Prey se pare d'une esthétique scato-sexuelle complètement revendiquée, et on marche. D'autant que les ennemis que vous croiserez tout au long de votre périple, si ils ne sont pas très nombreux, sont eux aussi bien torturés, bien plus que les Stroggs de Quake 4 : humains difformes, robots-pieuvres directement issus de Matrix, araignées géantes, il y a de quoi faire. Les armes ne sont pas en reste : là encore, leur look mi-vivant mi-machine fait mouche. On regrettera juste qu'elles soient peu nombreuses, bien que toutes pourvues d'un tir secondaire.
Malheureusement, même avec toutes ces bonnes idées, le jeu n'arrive pas encore à se démarquer suffisamment d'un point de vue visuel de Doom 3, auquel il emprunte le moteur. Les effets de lumière du Doom Engine n'impressionnent plus autant (et sont de toute façon beaucoup moins mis en avant que dans le titre de id Software), et l'ensemble souffre une fois de plus d'un syndrôme jeu-couloir beaucoup trop prononcé. Quelques salles un peu plus vastes tenteront de corriger le tir vers la fin du jeu, mais en vain.
À quoi ça sert que Newton il se décarcasse
Heureusement, Prey a d'autres atouts dans sa manche pour se différencier de la concurrence, et pas des moindres. Ainsi, les portails se révèlent tout simplement bluffants. Leur principe risque d'être assez compliqué à expliquer : au beau milieu d'une pièce, vous pouvez trouver une ouverture circulaire pointant vers un autre point de la carte. Mais attention, vous ne voyez pas une vieille texture à la con, non non : c'est bien le bout de map en lui-même que vous apercevez, et vous pouvez balancer une grenade à travers l'ouverture et la voir exploser à l'intérieur. Dit comme ça, effectivement ça ne donne rien, et les images fixes ne rendent pas non plus justice à cette trouvaille absolument géniale : il faut vraiment tester par soi-même.
Deuxième nouveauté du jeu : la gravité complètement changeante. Au début de l'aventure, vous pourrez ainsi voir des aliens marcher sur ce qui vous semble être le plafond ou les murs. Mais bien vite vous aurez vous-même la possibilité de vous mettre la tête en bas, que ce soit au moyen des "murs adhésifs", ou carrément à l'aide d'un interrupteur changeant la gravité d'une pièce. C'est complètement barré, mais plutôt rigolo. On aura aussi l'occasion de se balader sur des sortes de mini-planètes, elles aussi dotées de leur propre gravité, permettant d'en faire tranquillement le tour.
Autre innovation : la possibilité de quitter son corps et de se balader dans les niveaux avec son esprit. Malheureusement, cette idée, plutôt bonne en soi, est à l'origine d'un des plus gros défauts du jeu, sur lequel on reviendra plus tard. On regrettera aussi qu'elle soit un peu sous-exploitée, puisque lors de ces expériences extra-corporelles, on se contentera de traverser les mêmes environnements, avec éventuellement la possibilité d'emprunter des "ponts spirituels", dont on cherche encore à justifier l'existence, pour atteindre des points inaccessibles avec votre enveloppe charnelle.
Les gars de Human Head ont bien bossé leur concept, et nous proposent donc quelques petites énigmes basées sur toutes ces mécaniques de gameplay, certes plutôt sympas, mais malheureusement d'une simplicité enfantine, et il n'y a pratiquement aucune chance que vous restiez bloqués face à l'une d'entre elles, à moins que la chaleur torride n'ait fait fondre votre dernier neurone.
Godmode ON
Hélas, Prey souffre de vilains défauts qui l'empêchent de devenir un jeu vraiment incontournable. Tout d'abord, il est court : certes, on a l'habitude des jeux qui se finissent à peine commencés, mais vraiment, sept-huit heures de jeu, c'est très court. Les combats se révèlent également dans l'ensemble bien mollassons, ce qui pour un FPS est quand même plutôt dommageable : les ennemis sont peu nombreux et pas super aggressifs, et vu la linéarité des environnements, ne disposent jamais de possibilités pour se planquer ou contourner le joueur.
Mais surtout, et c'est probablement le plus grave, le jeu est d'une facilité déconcertante, à cause justement de ce mode fantôme. Lorsque vous vous faites tuer, vous ne mourrez pas vraiment : vous êtes transporté sur un petit plateau rocheux, autour duquel tournent des fantômes. Dégommez-en quelques-uns à l'aide de votre arc pour remplir votre jauge de vie, et hop, vous ressucitez à l'endroit de votre pseudo-mort. "Mais alors, ça veut dire qu'on ne peut jamais perdre", vous demandez-vous, incrédule. Et bien oui, aussi incroyable que ça paraisse. Le challenge, déjà pas bien élevé à la base, se retrouve d'un coup complètement anéanti par cette fausse bonne idée, alors que les développeurs auraient sûrement pu s'inspirer de la notion d'univers parallèles du vieux Soul Reaver, ce qui aurait été beaucoup plus intéressant à jouer.
On regrettera aussi que les environnements traversés, même si ils sont réussis, ne se renouvellent pas outre mesure ; en même temps, en huit heures de jeu, on n'a pas vraiment le temps de se lasser. Autre point à montrer du doigt : alors que l'on s'attendait à un jeu un minimum humoristique, comme pouvait le laisser penser la fabuleuse scène d'ouverture, on se retrouve finalement face à un titre très "premier degré", et les touches d'humour sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Le scénario, si il n'est pas toujours mis en avant, se prend quand même un peu trop au sérieux, sans parler de quelques aspects difficilement explicables, comme ces mystérieux fantômes d'enfants : dans un jeu où on se fait littéralement chier et vomir dessus, un côté un peu plus "grosse rigolade et humour gras" à la Duke Nukem aurait très certainement eu sa place.
Les screenshots sont tirés de la version PC du jeu, mais sur Xbox 360, c'est kif-kif.
6 | 10
Prey n'est pas un FPS raté, non. Il est au contraire pétri de bonnes intentions, dispose d'un univers plutôt original (même si on a par moment l'impression d'évoluer dans un Quake 4 en plus crado) et de trouvailles de design vraiment chouettes, avec ses portails et ses gros bras d'honneur à toute notion élémentaire de gravité. Malheureusement, ce foutu mode spectral anéantit le semblant de challenge du jeu, pourtant déjà pas bien relevé. À vous de voir si la possibilité de vous balader dans des anus géants peut éclipser le fait que le jeu n'est au final qu'une simple promenade de santé.
Je n'ai pas encore tester prey mais mon engoument est quelque peu freiner à la lecturer de votre test.
Va falloir d'abord tester la version du marketplace....
6, c'est un peu dur je pense. Le jeu etait beaucoup trop attendu, ce qui nuit a ton objectivite. La duree de vie : -1, la difficute idem, et de meme pour le multi rachitique, ca fait 7.
18:39 le 13/07/2006
montana Membre Factor XboxLive : Bouyouhou PlayStation Network : Bouyouhou Messages : 2424
Nessa-kun a écrit :
Je n'ai pas encore tester prey mais mon engoument est quelque peu freiner à la lecturer de votre test.
Va falloir d'abord tester la version du marketplace....
Ta pas d'inquiétude à avoir. C'est le genre de jeu qu'on peut qualifier de tres bon voir même d'excellent et ce même en le notant d'un simple 6/10.
En fait, je cherche juste à savoir si ceux qui possedent un PC et une X360 preferent y jouer sur telle ou telle plateforme et surtout, quelles sont les raisons qui motivent leur choix (outre le fait qu'on peut jouer sur PC sans avoir à acheter le jeu si on fait partie de ces méprisables piratins).
Sinon, gask et toof laissent entendre que le jeu est plus difficile si on vire la difficulté adaptative. Je comprends pas trop comment c'est possible. Moi, je joue plutôt bien, et j'imagine donc que si j'avais viré cette option le jeu aurait été encore plus facile. Alors, explications ?
Enfin, je pige pas trop non plus comment le mode Cherokee pourrait rendre le jeu plus dur. J'imagine qu'on meurt plus souvent, mais à part le fait de passer plus de temps pendant les combats, ca demande pas plus de skill pour avancer dans le jeu, non ? Alors en quoi c'est plus difficile ? J'avoue que j'ai pas le courage de me retaper les 45 premieres minutes où il se passe rien pour voir de moi meme....
édité 2 fois, la dernière le 13/07/2006 20:00 par niCO
19:56 le 13/07/2006
Zaza le Nounours Connard aigri XboxLive : Zaz0r PlayStation Network : ZazaLeNounours Messages : 6122
Bah sur 360, c'est plaisant parce que du fait que justement, le jeu ne nécessite pratiquement aucun skill, ça me permet d'y jouer vautré dans mon lit, la console branchée sur le projo, plutôt que de rester comme un con sur mon fauteuil devant le 19".
20:03 le 13/07/2006
SupaPictave Eleveur de champions XboxLive : SupaPictave 86 PlayStation Network : SupaPictave Messages : 1939
Zaza le Nounours a écrit :
Bah sur 360, c'est plaisant parce que du fait que justement, le jeu ne nécessite pratiquement aucun skill
Cela dit certains joueurs sur console aiment aussi suer devant certains jeux. Je trouve dommage que l'on soit virtuellement invincible.
édité 1 fois, la dernière le 13/07/2006 20:07 par SupaPictave
20:07 le 13/07/2006
Zaza le Nounours Connard aigri XboxLive : Zaz0r PlayStation Network : ZazaLeNounours Messages : 6122
Par skill, j'entends Quake 3 ou n'importe quel FPS multi. Tout FPS purement solo est potiellement jouable sur console.
Avec la diff adap, j'avais l'impression de jouer à un jeu de montagnes russes : à un moment c'était la foire aux munitions, avec des ennemis immobiles, et quelques instants après, plus de munition du tout et des ennemis qui faisaient mouche tout le temps.
Sans la diff adap : j'ai un jeu avec une difficulté constante et progressive. Plus agréable quoi.
De toute façon, l'immortalité annihile le tout donc bon ...
je l'ai fini en cherokee directement (en modifiant la cfg ala quake 3 (set cg ou sv_nightmare 1). Graphiquement il est aussi propre que q4, sauf les persos certains ont une texture baveuse.
Sinon mettre 6 c'ets assez violent, comme quoi sur console ça ne doit pas valoir le coup.
j'aurais plutot opté pour un 7 ou 7.5/10 car il y a de bons levels, et des effets vraiment sympa (niveau qui se forme, la grav cheulou).
Certaines armes sont en mousse comme l'espèce de lance roquette/pet.
Après c'est sur c'est un fps nesquegen, rien de plus.
(fini sur PC)
Et pour finir c'est dommage le coup de récup la vie, trop simple, même si on meurt à tours de bras en hardu.
édité 1 fois, la dernière le 13/07/2006 20:32 par Dks
20:30 le 13/07/2006
Zaza le Nounours Connard aigri XboxLive : Zaz0r PlayStation Network : ZazaLeNounours Messages : 6122
Non, mais faut pas se baser sur les notes hein. Les notes, c'est de la merde, et j'en mets juste parce que je suis obligé. Et si je l'avais testé sur PC, il aurait eu la même note, donc ça vaut autant le coup sur PC que sur 360 (sauf qu'il doit être plus cher sur Xbox, évidemment).
Effectivement Prey c'est vraiment sympa, y'a plein de petites trouvailles visuelles (j'avais oublié le coup du niveau qui se forme devant toi, c'était super fort ça), mais niveau gameplay pur, c'est trop ras des paquerettes pour qu'on puisse le conseiller les yeux fermés.
20:35 le 13/07/2006
Vous ne pouvez poster un commentaire que si vous êtes membre du site et que votre compte a été validé.