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Yooka-Laylee dueling Banjo

kimo par kimo,  email
Développeur / Editeur : Team17 Playtonic
Supports : PC / Xbox One / PS4 / Nintendo Switch
Haaa, la nostalgie. C’est un véritable fonds de commerce pour le financement participatif du jeu vidéo. RPG à l’ancienne, Shoot’em Up à l’ancienne, Point&Click à l’ancienne etc, etc… Aujourd’hui c’est le jeu de plateforme 3D (à l’ancienne évidemment) qui nous vient lui aussi tout droit de Kickstarter. Direction donc la fin des années 90 avec Yooka-Laylee.
Dans ce jeu directement inspiré des jeux Rare de la belle époque (la N64), vous dirigez le dynamique duo Yooka et Laylee. L’un est un lézard vert, l’autre une chauve-souris violette au gros nez rouge d’alcoolique. Ces deux amis de toujours partent à la recherche des pages d’un livre magique, que leur a dérobé Capital B, une grosse abeille chef d’entreprise qui réunit tous les livres du monde. On ne va pas détailler plus en avant le scénario débile qui sert d’argument à l’aventure. En gros, vous devez entrer dans des livres pour explorer des niveaux et trouver des pagies qui permettent d’agrandir et d’ouvrir de nouveaux mondes. Remplacez livres par peintures, et pagies par étoiles, et vous retrouvez Mario 64.


Pour explorer vous disposez d’une palette de mouvements standards (double saut, vol plané, attaque tourbillon) et d’une caméra brouillonne dans la plus pure tradition du genre. Vous allez bien évidemment enrichir cette collection avec des pouvoirs à acheter ou à trouver. Le jeu n’est pas linéaire et se développe au fur et à mesure que vous débloquez vos pouvoirs. A partir d’un HUB central (qui comporte son lot de secrets) vous devez partir à la recherche des différents livres qui débloquent chacun un monde (pour un total de 5). Petite subtilité du jeu, il est possible d’agrandir ces niveaux en dépensant plus de pagies, et donc d’étendre un peu le terrain d’exploration. Chacun a bien évidemment son thème, vous y retrouverez le classique niveau de jungle et de glace, mais aussi quelques surprises. Ces niveaux ne sont pas linéaires eux non plus, et il faut les explorer pour découvrir les défis et les pagies cachées.

64 nuances de fluo

Malgré des environnements variés, et assez réussis graphiquement, le jeu peine lui à se renouveler. L’aspect plate-forme du jeu se limite à quelques sections chronométrées et à une exploration somme toute assez sommaire. Le level-design ne fait pas vraiment la part belle à vos techniques de sauts et privilégie des secrets plus ou moins bien cachés. Le joueur acquiert aussi assez rapidement un pouvoir qui lui permet de voler sur de grandes distances, ce qui tue définitivement toute tentative de plate-forme. Il y a bien des combats, mais les ennemis sont tous les mêmes, en plus d’être peu agressifs, et la mort n’apporte aucune pénalité particulière. Les boss sont quant à eux totalement anecdotiques, aussi bien visuellement qu’en terme de défi.



Très vite, on réalise que le jeu repose sur les quelques mêmes mini-jeux qu’on retrouve d’un niveau sur l’autre : parcours du chariot de la mine, trouver les personnages cachés, golf géant et mini jeu d’arcade. Des activités qui auraient été sans doute plus à leur place comme bonus secondaires que comme des séquences principales et récurrentes des différents niveaux. Quelques mondes atypiques tentent d’apporter de la variété (le casino par exemple), sans vraiment y parvenir, puisqu’on y retrouve les mêmes travers au final : peu de combats, pas ou peu de plate-forme, et une succession d’activité pas désagréables, mais pas non plus passionnantes.

A la recherche de la perle Rare

En dehors de quelques parcours et énigmes un peu plus retorses que la moyenne, Yooka-Laylee n’offre donc pas un énorme challenge. On se contente de parcourir sagement les niveaux en attrapant tout ce qui nous tombe sous la main. La seule réelle difficulté semble être de finir les niveaux à 100%, ce qui impose de longues phases de recherche et d’exploration. Mais pour ceux qui se contentent d’une progression normale, ils n’auront pas beaucoup de mal à réunir les cent pages nécessaires pour voir la fin du jeu.


 
Venons-en à l’un des défauts les plus génant du jeu : le design parfois un peu paresseux des différents protagonistes et de l’univers. Si les différents mondes parviennent à avoir un peu d’originalité et dégagent tous une ambiance en lien avec leur thème, c’est autre chose pour les différents personnages que l’on croise. Les ennemis – déjà quasi inexistants – ne sont que des variantes à peine retouchées d’un niveau sur l’autre. Mais les autres protagonistes ne sont pas mieux traités. La plupart du temps, ce sont des objets auxquels on a simplement ajouté des yeux (souvent les même en plus). Panneau avec des yeux, machine à sous avec des yeux, checkpoint de courses avec des yeux, plantes, pages et chariots avec des yeux. On ajoute un –y/ie à la fin du mot, et zou on tient un nouveau personnage. On s’attend à tout moment à voir débarquer Clippy pour nous apprendre à faire un tableau Office.

Ukulele Heroes

Deuxième problème, le jeu est un véritable fourre-tout. Quelle est le point commun entre Shovel Knight, les cochons-chevalier, un vieux caddie, une scientifique-poulpe et une abeille géante ? Il y a des productions qui parviennent à faire un mélange absurde et composite de différents personnages et univers, mais ici, rien n’a de sens, même en prenant en compte l’humour absurde. La thématique des différents livres-niveaux ne semble pas avoir beaucoup inspiré les développeurs. Et cette armada de personnages n’est pas non plus particulièrement drôle. L’humour bon enfant qu’ils sont censés donner au jeu tombe souvent à plat. On a l’impression que les développeurs ont voulu en rajouter des tonnes de peur qu’on ne comprenne pas les blagues ou les références. Les traits sont forcés et sans spontanéité, l’ingénuité sympathique des jeux de notre enfance se transforme en une espèce de parodie grimaçante.



On disait il y a peu que Thimbleweed Park, sans faire de compromis avec son héritage assumé, était tout de même bien un jeu de 2016. Yooka-Laylee semble au contraire tellement asservi à ses modèles qu’il oublie d’avoir sa propre personnalité ou de prendre en compte les années qui le séparent de ses modèles. Il semble légèrement ringard à la sortie sans profiter du capital sympathie qu’on peut avoir pour les jeux sortis il y a presque vingt ans qu’il essaye de singer. Tout n’est pas noir non plus, visuellement réussi, pas désagréable à parcourir, Yooka-Laylee n’est pas non plus nul. Mais y jouer donne parfois l’impression de visiter un musée de cire. Après tout, c’est peut-être ce que souhaitaient les backers et les joueurs.
Yooka-Laylee tente de recapturer l’atmosphère des jeux Rare. Et il essaye peut-être un peu trop, au point d'oublier parfois de se fabriquer une cohérence et une personnalité propre.
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