Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
TEST

[Unplugged] Huit Minutes pour un Empire

ClémentXVII par ClémentXVII,  email  @ClementXVII
 
Tous les spécialistes le disent, passer 24h/24 devant un écran est moyennement bon pour le teint. Mais ce serait dommage de devenir productifs en arrêtant de jouer pour autant, pour vous aider à mettre ce temps à profit, Factor propose sa chronique Unplugged. On y cause jeux de plateaux, de cartes, et autres machins impossibles à télécharger sur Steam.

Pour la seconde review de notre nouvelle rubrique, penchons-nous un peu plus près sur Huit Minutes pour un Empire, un RISK-lite de Ryan Laukat, édité en français par IELLO.

Présentation

Dans Huit Minutes pour un Empire, deux à cinq joueurs s’affrontent pour étendre leur suprématie sur les différents continents, le tout en (environ) huit minutes. Sur le papier, l’idée est alléchante. Les règles sont limpides et expliquées en quelques minutes.
Le plateau de jeu est placé sur la table, et chaque joueur reçoit un certain nombre de cubes en bois représentant les unités, et trois disques en bois représentant des villes, on place chacun trois unités dans la zone de départ. Au-dessus du plateau, on place face visible les six premières cartes de la pioche. Ces cartes seront achetées par les joueurs au cours du jeu, et leur permettront de réaliser des actions (déplacement, placement de nouvelles unités, construction de ville). Le but final étant évidemment de montrer sa suprématie aux autres joueurs en ayant un maximum de points. Ces points s’obtiennent en ayant la majorité sur les territoires, mais aussi en collectionnant les cartes ayant un même symbole.



Voilà pour le principe du jeu, dans les grandes lignes. Chaque joueur reçoit un peu d’argent au début du jeu (en fonction du nombre de joueurs), ce qui lui permettra d’acheter les cartes. Le prix des cartes varie en fonction de leur emplacement : la carte la plus à gauche est gratuite, les deux suivantes coûtent une pièce, les deux suivantes en coûtent deux et pour acheter la dernière carte de la file, il faut débourser trois pièces. Ce coût est rappelé en haut du plateau de jeu, ce qui est très pratique pour expliquer le jeu ! Dès qu’une carte est achetée, le joueur effectue l’action indiquée par la carte et son tour est fini. Les cartes à gauche de celle qui est achetée glissent vers la droite et on pioche une nouvelle carte qui est mise en bout de file.



Evidemment, on ne reçoit pas d’argent au cours du jeu et l’argent reçu en début de partie ne permet pas d’acheter toutes les cartes les plus chères. Si l’on n’a pas envie de se retrouver à cours d’option en fin de partie, il faut gérer sa fortune de façon efficace.  Les cartes donnent principalement accès aux actions suivantes :
  • Placement d’unités : permet d’ajouter autant d’unites qu’il y a de cubes sur la carte. Les unités peuvent être placées dans la zone de départ, ou dans une région contenant une de nos villes.
  • Déplacement d’unités : permet d’effectuer autant de déplacement qu’il y a de cubes sur la carte. Par exemple, s’il y a deux cubes on peut soit déplacer deux cubes d’une région vers une région adjacente, ou déplacer un seul cube de deux régions. Certaines cartes montrent en plus un bateau, elles permettent d’utiliser les voies maritimes.
  • Construction de ville : permet de placer une ville dans une région qui contient déjà l’une de nos unités.
Au début du jeu, il ne sert à rien de construire une ville si tous nos pions sont encore dans la zone de départ. Il va falloir s’étendre un peu avant... mais ne vaut-il pas mieux d’abord ajouter quelques unités histoire de les déplacer par la suite ? Les cartes qui nous intéressent sont rarement bon marché, mais si on se borne à prendre les cartes bon marché, les cartes intéressantes deviennent de moins en moins chères pour les adversaires aussi ! Heureusement, les cartes permettent aussi de marquer des points à la fin du jeu (il faut par exemple trois carottes pour un point, mais un cristal vaut un point) et si l’on n’a pas l’action qu’on recherche, on peut toujours essayer de se rabattre sur les points.

L'empire minimaliste

Avec six cartes en vente à chaque tour, Huit Minutes pour un Empire a l’avantage de ne pas s’éterniser, bien que le jeu tourne en général plutôt autour des vingt minutes que des huit. En plus, la boîte de jeu est assez compacte, ce qui permet de l’emmener partout, et c’est le genre de jeu idéal à jouer entre collègues pendant la pause de midi. Sa mécanique simpliste rend le jeu fluide et frustrant à souhait, car les choix sont souvent tendus. Sachant que l’on ne marque des points que si l’on est majoritaire sur une région, on se retrouve parfois à hésiter entre l’escalade de la force ou plutôt le retrait vers d’autres régions histoire de marquer plus de points.

Ce qui est sûr, c'est que Huit Minutes pour un Empire tient toutes ses promesses, et ceux qui veulent un jeu rapide mais privilégiant la réflexion ne seront pas déçus. Malgré tout, il n'est pas non plus parfait.

Tout d'abord, comme l’ordre dans lequel les cartes arrivent dicte la progression des parties, celles-ci peuvent être radicalement différentes si un bateau se présente en tout début de partie, et que les autres cartes permettant de traverser la mer n’arrivent qu’aux derniers tours du jeu. Heureusement, comme les parties sont rapides, on fait une revanche et on n’en parle plus. La partie collection de symboles tombe aussi un peu à plat, mais je comprends qu’une mécanique était nécessaire pour mitiger la chance des cartes. Il arrive parfois qu’un joueur gagne uniquement parce qu’il avait d’excellentes combinaisons de cartes, et ne possédait pas énormément de territoires ! Finalement, ceux qui ont joué à d'autres jeux de Ryan Laukat (tels que City of Iron ou Empires of the Void) regretteront les graphismes minimalistes sur les cartes. Heureusement, cela ne déteint pas sur le fun que procure le jeu.

Les règles du jeu sont disponibles sur le site de IELLO, et une extension Print'n Play Mountains Expansion est disponible sur le site allemand Gamebox.
 
Finalement, Huit Minutes pour un Empire est un chouette petit jeu qui a tout d’un grand. Les tours sont tendus, rapides, et on a parfois envie de pester contre les adversaires qui achètent les cartes sous notre nez.

Espérons que le succès mérité de Huit Minutes pour un Empire pousse IELLO à publier rapidement Eight Minute Empire Legends, la suite qui n’en est pas une, qui corrige quelques défauts de l’original. Et si vous appréciez les jeux de Ryan Laukat, je vous conseille de jeter un œil sur The Ancient World, qui est actuellement sur Kickstarter.

Bien qu'actuellement en rupture de stock, ce petit jeu à moins de 18 EUR chez Philibert mérite une place dans toute ludothèque qui se respecte.

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews