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The Walking Dead S02E01 : All That Remains

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
 
Avertissement au lecteur : Le scénario étant au cœur du jeu, même avec la formulation la plus évasive il m’est impossible de parler de ce nouvel épisode sans spoiler un minimum sur la saison 1 et sur les premiers rebondissements de cette saison 2. Si vous n’avez encore joué à l’une ou à l’autre, je vous invite cordialement à ne pas dévoiler le texte caviardé ci-dessous et à sauter directement à la conclusion, qui est garantie spoiler-free.

Elle a muri, la Clementine

Si le scénario de la saison 1 restait le même pour tout le monde dans les grandes lignes, l’accumulation de choix au fil des épisodes en changeait les détails, comme la survie des personnages secondaires ou la manière de résoudre des situations critiques. Si vous avez conservé vos sauvegardes de la saison 1, vos choix seront automatiquement importés pour vous permettre de continuer la même aventure. Sinon, vous ferez comme moi et croiserez les doigts pour que le générateur automatique vous concocte une situation initiale de saison 2 pas trop éloignée de votre situation finale de saison 1. Quoiqu’il en soit, nous voilà rassurés : Clémentine a survécu. Pas sans mal, puisque l’introduction de cet épisode 1 nous rappelle à quel point le monde de Walking Dead est précaire, sans pitié, et surtout sans héros.
Elle a survécu, est devenue le personnage principal de l’histoire et 18 mois se sont écoulés depuis les évènements de Savannah. Elle a grandi, et pas seulement physiquement. Endurcie par le temps et les épreuves, elle se dirige désormais vers le Nord, là où il se murmure que le froid glacial protègerait les vivants des Marcheurs. Mais la route est longue, l’aide rare, et comme rien ne se passe jamais comme prévu, elle se retrouve seule, blessée et sans ressources au milieu d’une immense forêt. Ce choix de scénario est la première bonne trouvaille de ce début de saison 2 : en nous faisant incarner Clémentine, mais en la plaçant directement dans une situation éprouvante, on retrouve instantanément les sensations de la saison 1, dans laquelle la plupart des joueur(euse)s s’étaient attachés à elle et faisaient leurs choix dans le but de la protéger.

Certes, on est un poil déçu de ne pas voir la trace des personnages succinctement présentés dans 400 Days, et les premières péripéties de Clémentine placent déjà la barre tellement haute en termes de scènes difficiles qu’il y a un vrai risque de surenchère à la Tomb Raider. Mais on avait tant reproché à la saison 1 de démarrer poussivement qu’il est plaisant d’être mis directement dans le bain, d’autant plus que les premiers choix offerts par cette saison permettent de mesurer l’évolution de notre état d’esprit depuis les débuts. Personnellement, là où mes choix étaient autrefois guidés par l’affect et/ou des considérations éthiques et morales (sauver les enfants, partager les ressources, etc.), je me rends compte que je suis devenu un connard aux choix froidement rationnels (ne pas se mettre en danger, ne sauver que ceux qui peuvent être une ressource pour moi, etc.). Et précisons que bien qu’ils soient trop rapidement présentés dans l’heure et demie de jeu, les personnages secondaires d’All That Remains ont également un beau potentiel de non-manichéisme, le spot de fin annonçant l’épisode 2 donnant très, mais genre très très envie d’en savoir plus.

On the straight road again


Mais si le scenario est toujours au cœur du jeu et reste son principal atout, All That Remains conserve également le fond de gameplay de la saison 1. C’est toujours aussi peu transcendant : un mélange de point and click, d’exploration et de QTE. Ces derniers prenant soit une forme classique de touche à marteler au bon moment, soit la forme mise au goût du jour par la saison 1 et consistant à vous imposer un choix en temps limité. Lignes de dialogues influant sur l’opinion qu’ont les autres de vous ou dilemmes moraux plus que cornéliens, le jeu prend un malin plaisir à vous mettre mal à l’aise tout en vous forçant à prendre une décision. En bref, rien de bien neuf sous le soleil de Telltale qui contente d’éprouver la recette peaufinée tout au long de la saison 1. Tout juste les QTE ont-ils été légèrement modifiés pour être un poil plus dynamiques et proposer des fausses pistes.

Cette continuité permet de se retrouver en terrain connu et de pouvoir faire abstraction de la raideur des commandes et du manque de profondeur du gameplay, auxquels on est désormais habitué : la route est droite et étroite, il y a peu d’interactions possibles avec l’environnement, les QTE peinent à nous mettre en difficulté… Ce n’est toujours pas sur ses aspects purement ludiques que le jeu emporte la mise. Pour être honnête il faut tout de même remarquer quelques efforts des développeurs sur le dynamisme du jeu et l’implication du joueur dans certaines phases qui autrefois auraient été purement cinématiques. Le passage dans la cabane à outils est un bon exemple dont vous vous souviendrez longtemps, puisque non seulement on subit visuellement ce qui se passe à l’écran, mais on en est en plus le premier instigateur, un mini-jeu de QTE nous obligeant à faire progresser l’action. C’est déjà en soi une progression par rapport à la saison 1, qui avait démarré poussivement et dont les deux premiers épisodes étaient loin d’être mémorables.

Comics sans enhance


Niveau réalisation, le moins que l’on puisse dire c’est que les améliorations ne sautent pas aux yeux. L’évolution physique de Clementine est parfaitement maîtrisée, étant désormais suffisamment grande pour qu’on remarque la différence avec la saison 1, tout en lui conservant un aspect adolescent qui correspond à son âge. Sans compter un visage plus expressif, ce qui sert le gameplay lorsqu’il est possible de faire un regard de chaton pour attendrir son interlocuteur. En dehors de ça, on remarque surtout que la caméra colle un peu plus au personnage et profite de la petite taille de Clementine pour zoomer un peu plus sur les décors et nous faire profiter d’un léger surplus de détails. Mais on reste sur les rails de la saison 1 : des décors étroits, une faible profondeur de champ masquée par le décor (ici une forêt), des personnages secondaires au character design parfois un peu plat…

Néanmoins, l’aspect crayonné continue de faire son petit effet, donnant parfois l’impression de plonger littéralement dans un comics. Le jeu pioche également du côté de la série pour certains effets de mise en scène très visuels, malheureusement pas toujours très bien sentis, notamment lorsqu’ils viennent appuyer le côté trashouille de certaines scènes (les zooms sur le visage de Clementine lors du passage dans la cabane à outils étant un bon exemple). De mémoire, la saison 1 me semblait plus sobre, y compris lors des passages censés être un peu crades, mais ça a au moins le mérite de dynamiser visuellement la narration, et de faire oublier le côté un peu plan-plan des phases d’exploration. A noter enfin que si certains semblent rencontrer des soucis d’optimisation, ça n’est pas mon cas, et je n’ai même pas remarqué les temps de chargement.

Retrouvez les autres épisodes : S01E01, S02E02, S02E03, S02E4, S02E5.
Départ plus qu’encourageant pour cette nouvelle saison, qui innove peu mais conserve ses meilleurs attraits. Si on peut regretter la faible durée de l’épisode qui empêche de développer correctement les personnages secondaires, All That Remains contient déjà des passages douloureusement mémorables, là où il avait fallu attendre le troisième épisode de la saison 1 pour se rouler en boule dans le coin de sa chambre en sanglotant.