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The Next BIG Thing

Ozgarden par Ozgarden,  email  @Nerdolotwitt
La désormais célèbre Trilogie des Runaway a permis aux madrilènes de se faire la main et surtout le clic grâce à un genre qui date et dont les amoureux ne se fatigueront jamais. A Twist of Fate avait conclu les aventures de Brian et Gina avec panache. Pendulo tente à nouveau de nous séduire avec leur dernière trouvaille. The Next BIG Thing évoque sans peine un humour sniffé auquel on s'est récemment réhabitué au travers des créations made in Telltale ou d'autres titres indépendants.

The Next Big Click



Après moins d'une année et demie d'absence, les espagnols de chez Pendulo reviennent la bave aux lèvres, fiers d'annoncer leur nouvelle Chose. Alors que le genre du point&click s'amenuise et revient ou que des titres hors du commun comme le magnifique Gemini Rue tentent d'ajouter quelques rouages auxquels Lucas Arts aurait échappé, est-il fou d'espérer la révolution d'un gameplay bien huilé ? A priori la réponse mécanique est invariablement oui.

D'un certain traditionalisme et d'un traditionalisme certain, The Next BIG Thing ne bouleverse en rien les codes du genre, bien au contraire. Réparti sous forme de tableaux, votre cahier des charges se prolonge sur six chapitres de longévité variable et c'est tout. Les longs déplacements peuvent être abrégés par un simple double-clic sur le lieu de votre destination. C'était déjà le cas pour Runaway et c'est toujours aussi agréable de gagner du temps. L'éternel inventaire qu'on tabule au fil des pages vous permettra d'analyser plus en détails des objets quelques fois très spéciaux. Parler et interagir, deux actions switchables à petits coups de clics droits et un gauche pour valider. What else ? Mais ce n'est pas tant à ce niveau qu'on peut en vouloir à nos amis espagnols.





Between the space and nothing



Située dans un Hollywood parallèle des années quarante, l'aventure grouille de monstres plus ou moins civilisés et parfois issus de fornications bâtardes avec des humains. Si une poignée d'hybrides occupent des places de la haute, il ne leur est pas toujours aisé de se faire accepter par l'ensemble de la communauté terrienne. C'est de cette problématique d'intégration justement que va prendre forme votre histoire. A trop mettre leurs nez dans les affaires de William A. FitzRandolph, vous allez rapidement vous attirer des problèmes. En particulier Miss Allaire qui se fera enlever. Sa disparition va vous faire goûter aux joies de l'alternance entre elle et son comparse crétin. Vous en dire plus serait un gâchis.

L'aventure débute par votre rencontre de Liz Allaire et Dan Murray. Un duo journalistique un brin psychédélique qui travaille au sein d'une même rédac. En désaccord permanent, ils ne cesseront de s'envoyer des vannes durant les quelques petites heures qu'il vous faudra pour achever le scenario. Ils vont d'ailleurs rapidement être séparés pour nous plonger dans les méandres de leurs psychés à haut taux de surréalisme. Il ne faudra que quelques minutes pour tomber sous le charme des ces deux couillons. Charisme qui aurait pu facilement être décuplé grâce aux seconds rôles qui ont tendance à se faire la malle un peu trop tôt. Car la trame scénaristique et l'univers déjanté se prêtent royalement à cet usage. D'autant plus que le casting vocal assure un doublage de grande qualité. On pourra certes toujours râler et trouver que telle ou telle vocalise ne colle pas à un protagoniste, mais rendons à cet Art ce qui appartient à cet Art, la substantifique moelle est au rendez-vous. Pourtant.



On trouvera néanmoins certaines ellipses bâclées dont l'impact sur les transitions sera parfois trop abrupt ainsi que des chutes et autres césures de rythme redondantes et injustifiées. En résumé le rythme de croisière sera bel et bien assuré mais avec des saccades dont on se serait volontiers passé. La narration parviendra malgré tout à tenir les moins exigeants en haleine. Pour les autres, on aurait grandement souhaité une plus profonde intégration des personnages annexes. Le Poète, par exemple, et pour ne citer que lui. Cette espèce de brute apparente au cœur lyrique et en manque d'inspiration, capable de se trancher la carotide avec un dénoyauteur de raisins dans le seul but de dénicher l'ultime alexandrin. Entité fabuleuse parmi tant d'autres et dont on regrettera le manque de participation à ce joyeux bordel culturellement référencé.



Les seins Allaire



C'est donc Liz qui entre en scène la première. Jeune, belle, mais surtout totalement barrée. Dépourvue d'un sens de la retenue, elle n'hésitera jamais à partager directement ses pensées les plus loufoques. Elle parvient sans mal à se mettre en situation douloureuse voire dangereuse en un tournemain. Interrogeant à tout va, elle a un talent certain pour ôter le sens de tout ce qui est fondé. Tout bonnement surprenante. C'est justement ce que l'on attendra d'elle. Rôle qu'elle va endosser à merveille tout au long de l'aventure. Tant et si bien qu'au final, on aura l'impression de mieux la connaître que tout autre intervenant.




Murray pas ma voiture crétin



Dan, a sa naissance, a probablement gardé sa tête trop longtemps dans les jupes de sa mère. Véritable collectionneur de petites culottes et dont la personnalité se dévoilera au compte-gouttes. Détaché de ses émotions dans un premier temps, il émettra ça et là quelques signes d'humanité lorsqu'il s'agira d'événements sportifs, notamment. On dénotera une volonté du narrateur de garder secrète l'identité de ce macho dépendant de chair fraiche. Pour quelle raison ? Probablement une inénarrable suite.





On l'attendait plus beau, et il l'est sans hésitation. On le désirait fou et notre souhait est également réalisé. On ne se lassera à aucun moment d'épuiser les conversations dont les textes sont agréablement gorgés de débilité. On l'aurait voulu plus profond et doté d'une certaine prise de risque. C'est précisément là que le bât blesse. The Next BIG Thing se cantonne dans un classicisme notable. L'incitation à la dérision souffre de quelques inégalités graphiques. De sorte qu'il vous arrivera d'avoir l'impression de participer à une simulation de phasmes. Les animations, ne sont pas toujours réussies et on a parfois un sentiment de lourdeur lorsqu'il s'agit de parcourir une longueur avec un de nos deux compères. Cependant, rien de suffisamment grave pour gâcher le plaisir des amateurs. Pour peu que le genre vous soit familier, jouer sans indices ni astuce ne devrait pas vous poser de problème outre mesure. Néanmoins, dans quelques situations, on sent que les studios madrilènes pratiquent la fumette, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le seul réel élément perturbateur provient de la durée de vie du titre. Comptez entre cinq à sept heures de jeu pour venir à bout de clic de The Next BIG Thing. Sans être excessivement long, il vous arrivera toutefois de rester bloqué sur un détail durant un petit quart d'heure.



Les poilus de chez Pendulo se sont apparemment perdus dans la forme avec une certaine excellence. Le fond, quant à lui, n'a pas pour autant été négligé. Il n'a simplement pas bénéficié du même traitement. N'allez pas vous méprendre, la balade en vaut la chandelle. Entre les fabuleux décors et affiches de films d'horreurs rétro, en passant par de subtils clins d'œil et autres références sportives,vidéoludiques ou cinématographiques, il y a largement de quoi passer un agréable moment.

S'il n'y a pas lieu de crier à la révolution,The Next BIG Thing est un titre auquel il sera difficile de ne pas s'attacher. Le séduisant duo Allaire/Murray ne peut pas laisser indifférent. On aurait pourtant aimé plus de profondeur de la part de certains protagonistes ainsi qu'une durée de vie plus conséquente. Si l'aventure en tant que telle débute lentement, on aura rapidement envie d'en savoir plus et, au final, ne plus en décrocher. La chute du récit laisse présager de multiples séquelles. Un tel univers regorge de potentiel pour surprendre et ça serait dommage de s'en priver.

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