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Test improbable : Hidden: On the trail of the Ancients

kimo par kimo,  email
 
Malgré la centaine de jeux qui déboule chaque mois, il est difficile de ne pas se retrouver à jouer aux mêmes choses que tout le monde. Pourtant, de temps en temps, la curiosité prend le dessus et on se met à penser à ces innombrables jeux anonymes dont personne n’a jamais entendu parler. Mais que trouve-t-on dans les profondeurs du purgatoire ludique ? Et s'il y avait des bons jeux ? Quelqu'un s'intéresse-t-il à ces mystérieux inconnus ? C'est ce genre de reflexion qui finit par faire essayer des jeux comme Hidden: On the trail of the Ancients, premier jeu des développeurs argentins de Lost Spell Studio. Et c'est le nombre de réactions que suscitera ce test qui y apportera une réponse cinglante.
Qui ici veut jouer à un point and click dans des tableaux d'environnements fixes en 3D tout droit sortis des années 90 ? A priori pas grand monde. Et pourtant, les Myst-like font sans doute partie des meilleurs souvenirs d’un bon nombre de joueurs. Mais ce n’est pas parce qu’on se rappelle avec délice les bonbons chimiques de notre enfance qu’on serait prêt à en manger un paquet aujourd’hui. Surtout que cette catégorie est désormais le plus souvent représentée par des jeux à énigmes bidons pour tablette.
 
C’est pour ça que la surprise est d’autant plus agréable : la première partie de Hidden est plutôt réussie. Son premier chapitre se déroule entièrement dans un petit hôtel, durant les années 30. Vous enquêtez sur le sort d’un de vos collègues, professeur expert en civilisation mésoaméricaine, qui a mystérieusement disparu. Les amoureux de l’occulte à tendance positiviste seront ravis de l’ambiance qui se dégage de l'histoire. Car même si graphiquement, le jeu ne fait évidemment pas des merveilles, et que son système d’exploration par écran est parfois carrément pénible, Hidden installe progressivement sa petite ambiance de série B, sans grande prétention mais avec succès. Le mystère, aussi caricatural qu’on peut l’attendre, se dessine lentement, entre rituels sanglants et folie dévorante. Le tout est suffisamment dense pour ne pas paraître ridicule et la trame reste opaque assez longtemps pour ne pas tourner court. Ce premier chapitre verse aussi sensiblement dans l’horreur dans sa toute fin, et avec assez de réussite il faut bien le dire. Même dans leur ringardise poussiéreuse, les décors savent se montrer oppressants par moment et le gameplay du Myst-like, malgré une interface parfois un peu lourde, se prête assez bien à l’ambiance pesante que le jeu tente de distiller.


 
Question gameplay, les énigmes en elles-mêmes n’ont rien d’extraordinaire et on se rapproche plus d’un Tex Murphy que d’un Myst, mais ça n’est pas déplaisant. Le joueur peut ainsi progresser tranquillement dans ses découvertes sans se sentir frustré, ce qui lui permet de ne pas trop décrocher. Bien sûr, il est toujours possible d’être bloqué pour ne pas avoir cliqué sur le bon pixel. Mais la fouille minutieuse convient assez bien au contexte de ce premier chapitre, et la progression somme toute linéaire évite au joueur d’errer en vain en passant les décors au peigne fin. C’est d’ailleurs pour cette raison que le découpage en chapitre/espace clos parait une bonne idée.



Malheureusement, le jeu se prend les pieds dans le tapis lors de son second chapitre. S’il se révèle a priori plus ambitieux, il fait pour cette raison ressurgir les carences techniques et les limites du système de jeu. Moins intimiste avec ses environnements forestiers et sa nuit poisseuse, le résultat n’est pas fabuleux. On regrette donc les espaces artificiellement découpés du premier chapitre et son aspect enquête plus marqué. Ces extérieurs ne conviennent en effet pas vraiment au gameplay point and click du jeu et ça se ressent rapidement. Les énigmes sont beaucoup plus laborieuses et reposent avant tout sur la recherche d’objets. Le récit ne parvient pas non plus à maintenir l’intérêt et tend à tomber à plat, le mystère faisant place à une confrontation plus directe avec le danger ce qui, dans un jeu de réflexion, a peu de chance d’aboutir à des séquences réussies. On voit bien ce que les développeurs tentent de faire, avec leur cabane et leur monstre, mais malheureusement la mayonnaise ne prend pas vraiment.

 
Même avec ses ambtions mesurées et un amour palpable pour l’univers qu’il tente de construire, Hidden On the trail of the Ancients aurait pu être plus réussi. Quoiqu’il en soit, le jeu a le mérite de nous rappeler que même à l’ère de GTA, un bon Myst-like sans prétention avec un univers soigné pourrait encore nous séduire quelques heures en proposant un autre rythme et donc d'autres possibilités narratives et ludiques. Car il faut reconnaître qu'avec ce style de jeu, ce n'est pas qu'un gameplay, mais c'est aussi toute une temporalité qui a disparu. Hidden parvient par moment à reproduire ce que ces jeux avaient d'oppressant ou d'étrange de par leur forme même : cette succession de tableaux précalculés moches, vides, fixes et silencieux qui devient peu à peu assez anxiogène. Une forme mise à l'écart qui constituerait une heureuse alternative aux simulateurs de balade horrifique en temps réel qui pullulent ces temps-ci.
Hidden: On the trail of the Ancients est un jeu sympathique, mais qui n'arrive pas vraiment à concrétiser. Tant pis pour lui, il restera au purgatoire des jeux moyens.
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