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[Test à la bourre] Betrayer

hohun par hohun,  email
 
Le monde est rempli de mystères, des meurtres non résolus, de disparitions inexpliquées. Par exemple, qu'est-il advenu des habitants de la colonie de Roanoke, qui ont tous disparu inexplicablement entre 1587 et 1590 ? Ou encore, qu'est-il advenu de certains membres du Monolith de la belle époque, qui ont disparu sans laisser de trace quelques temps après 2006 ? La clé de ces mystères existe, et elle s'appelle Betrayer.

Capitaine abandonné

Nous sommes en 1604, et vous venez de vous échouer sur une plage du Nouveau Monde. Après un court chemin, le premier fort se dessine à l'horizon, mais aucun signe de vie. Tout le monde semble s'être volatilisé. Vous allez devoir mener l'enquête et rechercher des indices pour savoir ce qui s'est passé…

Betrayer se passe sur deux mondes en parallèle. D'un coup d'une cloche bien insolite, vous passez du monde des vivants au monde des morts. 
Celui-ci, en plus de bénéficier d'une ambiance encore plus glauque, renferme les esprits des colons décédés. Ils sont de deux sortes : les esprits en blanc, morts suite à un événement expliqué plus tard dans le jeu, et les esprits en noir, décédés (le plus souvent brutalement) avant ledit événement. Chaque map renferme plusieurs esprits, et leur histoire est interconnectée. Ces esprits n'ont plus conscience de qui ils sont, et leur mémoire se développe au fur et à mesure que l'on découvre des indices. Cela donne lieu à des histoires intéressantes, qui ne finissent pas du tout comme elles avaient commencé. À titre d'exemple, tel esprit se souvient vaguement d'avoir passé du temps avec sa femme endormie sur une colline ; au fur et à mesure des indices découverts, on découvrira qu'elle était en fait morte et qu'il était sur les lieux pour l'enterrer, suite à d'autres événements encore plus tragiques…

Car il semblerait bien que personne n'était tout blanc dans cette colonie. Les histoires personnelles s'étendent sur tout le spectre du glauque : meurtre, viol, accusation de sorcellerie, fausse dénonciation… ces histoires ont souvent une composante tragique qui renforce l'ambiance, pour la simple et bonne raison que vous êtes absolument impuissant car tous les protagonistes sont déjà morts.

Gueule d'atmosphère

Ce qui choque d'emblée avec Betrayer, c'est ce soin apporté à l'ambiance. Le monde monochrome (réglable cependant dans les options) donne un aspect saisissant au jeu en accentuant le sentiment de solitude et de désertification. La bande sonore n'est pas en reste : borborygmes distants, murmures glauques et autres bruits indéterminés vous plongent dans un monde torturé malgré son apparente inanité.



Outre l'ambiance, le jeu se veut aussi peu dirigiste que possible. Avec les réglages de base, le HUD n'affiche que vos munitions, votre vie et une boussole. Si vous choisissez de vous la jouer hardcore, vous pouvez carrément désactiver le HUD et même supprimer votre pointeur de la carte, qui est déjà relativement confuse de base. Vous n'avez pas d'instructions, ni de menu d'objectifs. Bref, vous êtes un laissé-pour-compte. Il est même possible de choisir une difficulté super-hardcore, où vous perdez votre inventaire quand vous mourez, et où vous le perdez définitivement si vous mourez une deuxième fois avant d'avoir pu le récupérer.

Avec peur et avec reproche


Betrayer est un FPS, mais la composante FPS n'est pas un point fort du titre. Le jeu étant relativement difficile même dans son niveau de difficulté le plus simple, il faut se résoudre à jouer le prédateur, en profitant des bourrasques de vent pour avancer sans faire de bruit. Dans la théorie c'est plaisant, dans la pratique ça l'est bien moins : les ennemis vous détectent parfois même alors que vous êtes accroupis sans bouger dans l'ombre, et la luxuriante végétation fait qu'on ne les voit souvent qu'au dernier moment. Et pas question de faire toutes les maps en avançant accroupi, vu leur taille relativement grande. De même, l'IA est absolument incompréhensible : une fois découvert, certains ennemis vous suivront jusqu'au bout de la map, alors que d'autres vont vous oublier au bout de 20 mètres. Il devient donc impossible de frapper comme un prédateur et retourner se trouver une cachette pour frapper à nouveau, c'est le pugilat à chaque fois… Quant aux armes, si l'arc est l'arme de prédilection, les armes à feu sont tout sauf pratiques en situation de combat, pour la simple raison qu'elles ne tirent qu'un coup à la fois et prennent un temps infini à se recharger. On en vient même à se demander s'il n'aurait pas été plus judicieux d'en faire un Amnesia-like…



Enfin, si les diverses enquêtes sont très intéressantes dans leur contenu, la découverte d'esprits et d'indices dans les maps se résume bien vite à suivre les murmures au loin, donnant l'impression de quêtes fedex indice-esprit-indice-esprit, vu qu'il n'y a d'autre « mission » que celle de découvrir ce qui s'est passé.

Vu tous ces défauts, vous pensez peut-être que je n'ai pas aimé. Contre toute attente, j'en ressors avec un avis positif. Le jeu a des défauts prononcés, mais qui ne sont pas assez frustrants pour contrebalancer l'envie d'en savoir plus et la saveur de l'ambiance.
 
Conçu par une petite équipe de même pas 10 personnes, Betrayer a le charme particulier de ces jeux séduisants malgré des défauts évidents. Plus de variété et un système de combat plus abouti en auraient fait un prétendant au titre de jeu de l'année. En l'état, c'est un bon jeu pour ceux qui privilégient l'ambiance et l'histoire ; les gens qui cherchent avant tout un FPS, eux, devraient passer leur chemin.

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