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Tales of Vesperia

Pixel Mort par Pixel Mort,  email
Cette nouvelle itération de la série des Tales of s'ouvre sur un thème chanté fort en glucose qui peut agacer comme charmer, tandis qu'une séquence animée du plus bel effet dévoile quelques moments clés de l'aventure. C'est le début d'un long voyage qui ne risque pas de dépayser les vétérans du RPG console, rompus aux mécanismes d'un genre codifié à l'extrême. Et pourtant...

Tales of Vesperia vous place dans les bottes de Yuri Lowell, un chevalier impérial prématurément retraité qui a choisi de consacrer son existence à la défense des faibles, et plus particulièrement ceux qui peuplent le quartier inférieur de sa capitale natale. On appréciera le fait d'avoir droit à un héros dont le sexe est immédiatement identifiable, théoriquement pubère bien qu'imberbe et doté d'assez de classe nonchalante pour qu'on puisse s'y attacher. La remarque vaut pour la plupart des personnages qui se joindront à vous, visuellement réussis grâce à la patte de Kōsuke Fujishima (Ah ! My Goddess) et nantis d'un capital sympathie indéniable.
L'histoire démarre avec le vol d'un blastia, sortes de pierres magiques à tout faire qui sont un peu l'électricité de ce monde, et la rencontre fortuite avec une princesse relativement coincée contrairement à ce que ses cheveux roses pourraient laisser penser. La première tâche de Yuri consistera à battre la campagne à la poursuite du voleur pendant que ses frères de misère se tournent les pouces, avec l'aide de l'aristo précédemment mentionnée. Bien vite, d'autres larrons pourront (et devront) être enrôlés, et cette quête somme toute banale prendra des allures de récit homérique. On vous le donne en mille : quelque part, quelqu'un s'est mis en tête de dominer le monde et c'est à vous de faire capoter le projet. Un déroulement qui est loin d'être exempt de poncifs donc, avec des pauvres au grand cœur et de riches ordures, des méchants qui éclatent d'un rire sardonique à tout propos et au moins un personnage mystérieux qui disparaît à chaque fois qu'on lui pose une question essentielle.
La question est : pourquoi ça marche ? Tout simplement parce qu'on a eu l'intelligence de traiter ce scénario conventionnel avec une légèreté tout à fait désarmante, là où un Lost Odyssey use et abuse de gros violons et d'épaisses ficelles pour obtenir quelques larmes de joueur et sombre dans le pathos. Ici, à de rares exceptions près, rien de tout cela. On regrettera peut-être quelques passages qui font la démonstration d'une conception toute japonaise de l'honneur et de la justice (seppuku !), aussi incongrus que le contexte est coloré et juvénile. Ces scènes sont rapidement oubliées tant les bons moments prédominent, notamment grâce aux saynètes optionnelles qui ne manquent pas d'humour et profitent de voix anglaises au minimum fonctionnelles. Le casting est pour beaucoup dans cette réussite puisqu'aucun personnage n'est vraiment pénible et que les doublons nous ont été heureusement épargnés.
La grande force de Tales of Vesperia réside dans son rythme parfaitement maîtrisé, qu'il s'agisse de la progression de l'intrigue ou de l'accès aux différentes facettes du système de jeu. En résumé, Tales of Vesperia radote une grammaire vieille comme le jeu vidéo, mais parvient à le faire avec tant de fraîcheur qu'elle en redevient efficace.


A tale of violence


Tales of Vesperia, c'est aussi beaucoup de baston. Le jeu gère les affrontements sur le mode caractéristique de la série, entre beat'em'all et RPG. Les ennemis sont visibles dans les donjons comme sur la carte du monde, peuvent être contournés et même assommés, ce qui permet d'entamer le combat avec un net avantage. Les monstres ne sont pas exactement démunis non plus puisqu'ils peuvent s'associer entre eux s'ils sont assez proches ou vous attaquer par derrière, les membres inutilisés de votre équipe se retrouvant alors en première ligne. On se bat dans un environnement circulaire fermé où l'on peut se déplacer librement en temps réel. Le système est particulièrement souple et l'absence de chargement en début de combat encourage à s'y livrer dès que l'occasion se présente. Les duels mous du genou des débuts laissent rapidement place à un festival de combos extravagants, dès qu'on acquiert quelques pouvoirs indispensables appelés Artes. Ceux-ci peuvent être assignés à des raccourcis et se lient de façon fluide aux enchaînements classiques, à condition de respecter un certain timing. A cela s'ajoute une jauge qui se remplit à force de cogner comme un sourd ou à la faveur d'une provoc', et qui donne accès aux mouvements les plus mortels une fois pleine. Si on contrôle Yuri le plus souvent, on peut également diriger les autres personnages ou simplement établir une stratégie appropriée et laisser l'IA faire son boulot. Lors des combats importants, une "mission secrète" peut être remplie et facilite parfois la victoire en cas de réussite, en plus d'être chichement rémunérée par un succès à cinq points. En général, il s'agit d'un objectif assez simple rendu compliqué par l'absence d'indices et l'urgence de la situation.


Tales of Tales


Il faut souligner la quantité astronomique de contenu que propose le jeu, car celui-ci ne se contente pas de la seule course au boss final, loin de là. En plus de la quête principale, qui devrait occuper un joueur moyen pendant une quarantaine d'heures, on peut compter sur une foultitude d'activités annexes dont certaines sont bien cachées, parfois limitées dans le temps. Certaines sont moins passionnantes que d'autres, comme un ersatz de Dinner Dash à la limite de l'impraticable ou un jeu de dés aussi hasardeux qu'un footing sur l'autoroute. Reste qu'il est difficile de s'ennuyer dans Tales of Vesperia, entre la recherche d'éléments indispensables à la création d'équipements, les combats en arène, ou le donjon secret bien vicelard, tout est fait pour que le DVD ne sorte pas du tiroir avant un bon moment.
Pour autant, Tales of Vesperia n'est pas un jeu parfait. En mettant de côté l'aspect nostalgique, certaines survivances de RPG vieille école passent moins que d'autres en 2009. Ainsi, les villes certes nombreuses se résument trop souvent à des espaces cloisonnés où seules quelques portes accepteront de s'ouvrir, où il est interdit de s'écarter du chemin. C'est particulièrement frustrant dans les grandes villes où l'on aperçoit parfois un quartier entier inaccessible. Pour ne rien arranger, la caméra restera désespérément fixe, il est donc inutile de martyriser le stick droit dans l'espoir de modifier le point de vue, même légèrement comme dans d'autres productions récentes du genre. Lors des scènes non-jouables utilisant le moteur du jeu, les limites de l'animation se font souvent sentir, dès qu'il s'agit de représenter une action. Certains procédés cache-misère comme le recours au fondu au noir chaque fois qu'un mouvement un peu complexe est nécessaire font tâche en plus de nuire à la fluidité du récit. Enfin, la BO manque cruellement de véritables morceaux de bravoure, avec des thèmes qui rentrent par une oreille et sortent par l'autre, sans être vraiment ratés.
Malgré ses quelques couacs et pour toutes les qualités citées plus haut, Tales of Vesperia s'impose sans peine comme l'un des meilleurs RPG de la machine et constitue une excellente manière de passer l'été au frais.

Tales of Vesperia est un très bon condensé de tout ce qui s'est fait de mieux en matière de RPG depuis l'ère 16-bit, et surtout un jeu authentiquement divertissant qui n'essaye à aucun moment de se faire passer pour ce qu'il n'est pas. Finalement, son seul tort est de respecter un peu trop rigoureusement ses modèles, au point de manquer d'un petit grain de folie, ce qui pourrait l'empêcher de rejoindre définitivement le panthéon du genre.
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