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Rage

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
id Software, le studio qui a connu quelques succès d'estime avec de petites productions comme Doom ou Quake, a fêté cette année ses vingt ans. Vingt ans qu'ils ont inventé et popularisé un genre, le FPS, et vingt ans qu'ils déclinent les trois mêmes franchises : Wolfenstein, Doom et Quake, éventuellement en sous-traitant chez Raven ou Splash Damages. Avec Rage, id nous offre donc sa première licence originale depuis bien longtemps, et va même prendre d'autres risques en s'aventurant sur le territoire des consoles, en tentant de varier le gameplay de son jeu et en proposant un tout nouveau moteur, l'id Tech 5.

Le héros muet de Rage est l'unique survivant d'une des Arches, des vaisseaux enterrés juste avant qu'une bonne grosse météorite des familles ne vienne percuter la Terre. Ces Arches contiennent les heureux élus, placés en sommeil cryogénique, qui seront amenés à rebâtir la civilisation sur notre bonne vieille planête. Après un siècle, notre héros est réveillé et se rend compte dans un premier temps qu'il est l'unique survivant de son Arche. Ce réveil assez glauque ne va pas aller en s'améliorant puisqu'à peine a-t-il mis un pied dehors qu'il se fait sauter dessus par un mutant qui s'apprète à lui refaire le portrait à coup de machette, et ceci sans toujours avoir eu le temps de se prendre un café. Heureusement, un autochtone un peu plus acceuillant qui passait par là dégage l’importun d'un coup de fusil bien placé, et invite le sauveur de l'humanité à le rejoindre dans son buggy pour l'emmener en lieu sûr et lui faire un petit topo sur la situation.



Bien que pas très original, l'univers post-apo de Rage est probablement l'un des plus réussis que l'on ait pu voir dans un jeu vidéo. On y croisera les traditionnels survivants vivant dans des cités construites sur des vestiges de l'ancienne civilisation à partir d'éléments récupérés à droite à gauche, des bandits pillant pour le plaisir et tuant quiconque croisera leur route, des mutants errants dans des ruines ou des égouts, et enfin la mystérieuse Autorité, cette faction militaire qui semble en savoir beaucoup et est bien intéressée par votre petite personne, mais plutôt morte que vive. Tout ceci se déroule au beau milieu du Wasteland, autre élément indispensable de tout bon univers post-apo qui se respecte.

Malheureusement, si l'univers est bien retranscrit, on ne peut pas en dire autant de l'histoire qui reste finalement très peu mise en avant et de toute façon pas bien intéressante. Et autant vous le dire tout de suite, la fin du jeu vous donnera envie de jeter le CD du jeu par la fenêtre tant elle a été baclée et se révèle frustrante. Cette fin baclée et ce scénario peu captivants ne sont malheureusement que deux des défauts du jeu.



Ô Rage, ô désespoir



Car des défauts, Rage en a. Il n'y en a pas une liste longue comme le bras, mais ils sont suffisamment voyants pour qu'on ne les passe pas sous silence. On l'a dit, id a voulu essayer de diversifier un peu le gameplay de son jeu en proposant autre chose que du shoot pur et dur. On aura donc droit à un aspect "RPG", avec des guillemets taille 32, et des phases en véhicules. Le côté RPG provient de la possibilité de parler aux divers individus peuplant les villes, et des quelques missions annexes auxquelles on pourra prendre part, mais qui nous referont finalement visiter les mêmes niveaux que la trame principale, ou vous demanderont d'aller chercher tel objet ou d'en livrer tel autre dans un temps imparti. On a aussi un inventaire, qui sera bien vite blindé de bordel tout juste bon à être revendu ou de pièces servant au craft de certains objets (munitions spéciales, outil pour forcer les serrures, tourelles ou spiderbot déambulant à vos côtés et tirant sur tout ce qui bouge...). Tout ceci reste complètement accessoire : dans ma partie, je n'aurai fabriqué que quelques munitions spéciales et aucun robot, parce qu'un FPS ou l'on fabrique des objets qui tuent les mecs d'en face à notre place, ce n'est pas très marrant.

Les véhicules serviront principalement à vous déplacer d'un niveau à l'autre en traversant le Wasteland. Sur votre route, vous croiserez quelques groupes de bandits véhiculés qui tenteront de vous faire la peau et à qui vous pourrez rendre la politesse si le cœur vous en dit, mais comme ces affrontements ne sont pas bien intéressants, vous finirez par foncer jusqu'à votre destination, le doigt collé sur le bouton de boost. L'autre utilité des véhicules, tout aussi facultative, sera de prendre part à des courses qui serviront à gagner des points permettant d'acheter des objets pour customiser vos bolides. Là aussi, c'est complètement accessoire - et heureusement : la physique des véhicules est en effet complètement ratée et les collisions sont souvent buguées, ce qui fait que les courses sont plus un calvaire qu'autre chose. À moins de chercher à tout prix à finir le jeu à 100%, il y a donc de fortes chances que vous laissiez de côté tout ce pan du jeu.




Reste enfin à parler de la technique. Rage est le premier jeu d'id à utiliser l'id Tech 5, leur dernier moteur fait maison et le premier tout entier dédié à la Megatexture, la dernière trouvaille du père Carmack. N'espérez pas que je vous explique son fonctionnement, bien que ça fasse des années qu'on parle de ce truc je n'ai toujours absolument rien compris. Par contre, il ne faut pas aller chercher bien loin pour constater que le résultat est... mitigé. D'un côté, les environnements extérieurs sont magnifiques, d'un "réalisme" à couper le souffle grâce à l'absence de répétition dans les textures appliquées aux éléments du décor. En revanche, les intérieurs sont beaucoup moins folichons, tout simplement parce qu'on se rend compte que ces textures sont bien souvent assez grossières, et que c'est forcément beaucoup plus flagrant dans des décors intérieurs étriqués que dans de vastes extérieurs où l'on a moins l'occasion de se coller le groin aux murs. Alors il faut relativiser : le jeu n'est jamais vraiment laid, et reste globalement très réussi d'un point de vue artistique (certains niveaux, comme le Jackal Canyon, se montrent même vraiment bluffants), mais il ne parvient pas à rivaliser en terme de performance technique pure avec les monstres que sort la concurrence. D'autant plus que ces textures grossières ne sont pas les seuls aspects à faire vieillot : les éclairages sont désespérement statiques, tout comme les éléments du décor, qu'il ne faudra pas espérer bouger ou détruire. Tout ceci donne donc un côté artificiel au jeu qui nuit forcément un peu à l'immersion. Impossible également d'oublier les innombrables problèmes techniques qui ont accompagné le lancement du jeu, la quasi-totalité des joueurs se retrouvant avec des textures floues au moindre mouvement de caméra. Heureusement, tout ceci a été corrigé depuis, mais pour un studio tel qu'id, ça fait vraiment tâche.



Rage de vaincre



Mais pourquoi donc commencer par énumérer les défauts du jeu, vous demandez-vous ? Tout simplement parce que Rage, sous ses airs de vouloir toucher un peu à tout, reste avant tout un FPS. Et les FPS, id, ils connaissent. Dès que l'on commence à faire parler la poudre, on oublie bien vite les phases en voiture chiantes ou les objets à ramasser pour se faire quelques dollars. On est là pour blaster du mutant / bandit / soldat de l'Autorité, et il va y avoir de quoi faire.



L'arsenal est tout d'abord particulièrement bien fourni. Celui-ci se compose d'une bonne dizaine d'armes, qui pourront toutes être transportées en même temps et qui auront presque toutes droit à plusieurs types de munitions (munitions que vous pourrez transporter littéralement par milliers) : pistolet, fusil à pompe, vieille kalash, fusil de snipe, arbalète, lance-roquettes, et même une dernière arme qui sauve à elle seule la dernière mission... Que du très classique, mais qui aura toujours son utilité à un moment ou un autre. Et surtout, toutes ont une sacrée patate et ne donnent pas l'impression d'être des pistolets à bouchons : même le flingue de base, avec des munitions d'un certain calibre, deviendra un soufflant capable d'arracher une tête d'un seul coup alors que le fusil à pompe pourra se transformer en simili lance-grenades. Au délà des munitions, certains armes pourront être améliorées, pour gagner une lunette de visée ou bénéficier d'une réduction du recul.

Les ennemis ont eux aussi bénéficié d'un soin tout particulier. Ils sont très variés et chaque niveau ou presque vous confrontera à une nouvelle menace. Les mutants seront plutôt du genre à débarquer en masse, en courant sur les murs ou en grimpant au plafond pour arriver plus vite au corps à corps et tenter de planter des objets pointus dans votre petit corps, à moins que certains ne préfèrent vous cracher au visage pour vous blesser et vous aveugler ou vous atteindre de loin d'un bon coup de commentveuxtuquejetentacule. Les bandits croisés en début d'aventure laisseront plus tard la place à des transfuges de STALKER, capables de vous lancer des grenades pour tenter de vous faire sortir de votre trou. Certains sont armés de lance-flammes alors que d'autres sont blindés de la tête aux pieds et avancent inlassablement vers vous en faisant cracher leurs miniguns. Tous ces adversaires bénéficient en plus d'animations d'une grande qualité, glissant d'un abri à l'autre, et tombant de façon assez réaliste sous vos balles. On regrettera qu'ils ne soient dans l'ensemble pas bien malins et ne tentent jamais de vous contourner, même si il est vrai que les décors exigus ne s'y prètent pas vraiment.



Hélas, plutôt qu'une bonne vieille barre de vie, id nous propose l'indispensable système d'auto-regen. À la limite, pourquoi pas, on commence à avoir l'habitude. Mais en plus de ça, on peut se trimballer avec des bandages qui soignent instantanément toutes nos blessures. Et si jamais vous venez à encaisser trop de coups, pas de problème : la combinaison du petit survivant est livrée avec un défibrillateur qui vous ramènera d'entre les morts, et en bonus balancera une bonne châtaigne à tous les ennemis se trouvant à proximité. La conséquence de tout celà est évidente : le jeu est bien trop facile. Même en choisissant un mode de difficulté élevé, on n'aura pas souvent l'occasion de charger une quicksave. C'est sacrément dommage car à part ça, Rage propose probablement les phases de shoot les plus couillues qu'on ait vues dans un FPS depuis bien longtemps.

On termine en parlant brièvement du multi, car là aussi c'est la douche froide et il n'y a vraiment pas grand chose à en dire. Les amateurs de jeu à plusieurs devront en effet se contenter d'un mode coop ne proposant que quelques missions tirées de la campagne solo et qui seront bien vite bouclées, ou bien d'affrontements à bord de buggys. De la part du studio qui a inventé le FPS multijoueur, on attendant largement mieux à ce niveau.

Rage est un bon, un très bon FPS même. Il possède un sacré catalogue de flingues et des ennemis variés qui donnent envie de leur tirer dessus. L'univers post-apo dans lequel prennent place ces affrontements, bien que pas très original, est probablement l'un des plus réussis qui soient grâce à une direction artistique bien chiadée. Malheureusement, Rage ne se contente pas d'être un FPS et tente d'offrir une expérience allant au-delà des fusillades incessantes, et c'est là que ça coince : les phases en véhicules sont tout simplement ratées, l'aspect RPG est plus que réduit et n'a pas grand intérêt, et le monde "ouvert" se compose finalement d'un désert où il n'y a rien à faire reliant les niveaux entre eux et de quelques villes où l'on passe en coup de vent pour récupérer ses missions. L'aspect technique enfin, sans être rebutant, reste assez décevant, surtout de la part d'un studio qui nous avait habitués à être toujours à la pointe de la technologie. On croise les doigts pour qu'id jette donc tout ce superflu mal maitrisé et nous revienne avec un Doom 4 offrant des affrontements aussi couillus et une technique un peu plus peaufinée.

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