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Omerta: City of Gangsters

Valanthyr par Valanthyr,  email
Après nous avoir fait revivre l’époque trouble du Premier triumvirat dans Grand Ages: Rome puis les frasques dictatoriales du Presidente dans les deux derniers épisodes de Tropico, les développeurs Bulgares d’Haemimont Games nous plongent cette fois en pleine période de prohibition, avec Omerta: City of Gangsters. Atlantic City, nous voila !

Know Your Enemy


Ah, le rêve américain... Quoi de plus excitant que d’espérer transcender la notion de réussite individuelle dans ce Nouveau Monde où tout était à réinventer ? Tiens par exemple, si je vous dis Eldorado ou conquête de l’Ouest, ça stimule vertement votre envie d’aventure, de fortune et de spectaculaire ascension sociale, non ? En l’occurrence, l’immigrant fraîchement débarqué de son Italie natale que vous allez incarner a une interprétation un peu moins noble de ce bel idéal, mais avec quelques billets et de bons flingues, on peut tout arranger.

Haemimont propose de revivre la période de la prohibition américaine dans une représentation d’Atlantic City plutôt agréable à regarder, bien qu’on puisse déplorer une direction artistique immaculée et manquant singulièrement de vie. La narration est assurée par la voix off de notre ambitieux immigrant, accompagnée par des images en lavis réalisées à partir de photographies qu’on imagine d’époque et de captures d’écran du jeu. La musique contribue largement à planter le décor, égrainant des thèmes qu’on identifie immédiatement comme issus de l’insouciante entre-deux-guerres, mémorables sans être trop intrusifs. Soulignons au passage que le jeu a été intégralement traduit et les doublages français, parfois un peu caricaturaux, sont malgré tout très corrects.


Urbi et mafiosi


Votre lente ascension au sommet de la pègre de la petite cité portuaire du New Jersey va faire appel à vos talents de stratège dans deux domaines bien distincts : la gestion de ressources, qui vous occupera la majeure partie du temps, et la résolution des inévitables conflits armés que vos activités illégales vont déclencher tôt ou tard, sous forme de combats au tour par tour lors desquels vous dirigerez la plupart du temps quatre de vos hommes.

Votre charismatique Italien va en effet croiser, lors des quinze missions que comporte la campagne solo, différents personnages qui vont devenir ses hommes de main et qui l’aideront dans ses affaires courantes ainsi que lors des combats. Tout comme l’immigrant que vous incarnez, ces frères d’armes vont prendre du galon en plus d’acquérir de nouvelles compétences et il va être possible de leur donner l’arme de votre choix, sachant que certains sont clairement orientés vers le corps à corps et d’autres vers le combat à distance.

La partie gestion est assez bien pensée et fait intervenir un grand nombre de paramètres qu’il vous faudra équilibrer, certains choix étant parfois imposés par le quartier dans lequel la mission se déroule. Ainsi, votre objectif premier est d’amasser de l’argent sale en grande quantité, ce qui vous permettra de louer les pas-de-porte inoccupés dans lesquels vous allez pouvoir installer des activités illicites comme un bar clandestin, un club de boxe, une pharmacie ou encore d’autres commerces plus ou moins douteux. La location de bureaux sera l’endroit rêvé pour y cacher une distillerie, organiser la contrebande ou encore planquer faussaires ou comptables corrompus qui blanchiront votre argent. Lorsque vous aurez amassé assez d’argent blanchi, vous pourrez acheter les terrains mis en vente par la ville ou, si vous êtes tombé sur une forte tête, faire en sorte que leur propriétaire actuel s’en sépare pour sauver sa peau.

Ces activités vous permettront de produire les ressources du jeu, à savoir bière, alcool et armes à feu. Certaines pourront être réutilisées pour améliorer le rendement de vos affaires, ou tout simplement pour gagner de l’argent sale via l’interface des petits boulots qui affiche différentes propositions d’achat ou de vente dans les autres quartiers de la ville. Les développeurs ont pimenté un peu cette partie du jeu assez passive en rajoutant des évènement aléatoires, parfois à votre avantage, parfois à votre désavantage, dont quelques-uns qu’on pourra décider de régler par les armes. En plus de votre production de contrebande, vous devrez ménager le respect et la peur que vous inspirez, qui auront une influence bénéfique sur certaines de vos activités. On regrettera cependant qu'aucun mécanisme n'impose de faire des choix dans notre façon de diriger nos affaires et que toute cette partie gestion se résume finalement à attendre patiemment d'avoir assez d'argent pour occuper tout le quartier, remplir ses entrepôts et maximiser respect et peur.



Vendetta


Pendant ce temps, la police enquête sur votre compte et finit par arriver à réunir assez de preuves pour vous mettre sous les verrous. Heureusement la corruption rampante gangrène Atlantic City et vous devriez assez facilement parvenir à monnayer les faveurs d’un adjoint du shérif, balancer un autre mafioso ou, en dernier recours, tenter une action armée au poste de police pour faire disparaître les preuves vous accablant. La présence policière varie d'un quartier à l'autre et constitue en fin de compte la seule opposition, finalement bien timide, que vous rencontrerez dans le mode gestion. Elle n'est d'ailleurs que temporaire, puisque lorsque vous serez en mesure de financer un cabinet d'avocats, ce dernier ralentira considérablement l'enquête au point de rendre caduque cette faible menace.

Il arrive malgré tout qu'il faille faire une petite démonstration de force ou s’introduire dans un lieu bien gardé, et vient alors le moment de faire parler les armes. On quitte le mode gestion pour se retrouver dans une zone de combat, le plus souvent l’intérieur d’un bâtiment. Après avoir sélectionné l’équipe qu’on a décidé d’engager, on se retrouve dans un combat au tour par tour assez classique : initiative déterminée en fonction des caractéristiques de chaque combattant en présence, déplacements bridés par des points de mouvement, modes de tirs et compétences spéciales liés aux points d’action. L'objectif se résume en général à s'infiltrer dans un bâtiment, y faire une action et tâcher d'en sortir en se débarrassant des renforts qui ont pu arriver entre temps. On aurait aimé que les développeurs bulgares soient un peu plus originaux et aient rajouté des objectifs optionnels ou encore d'autres moyens de se débarrasser des opposants que de les tuer, afin de rendre cette phase un peu plus dynamique et de lui conférer une dimension stratégique qui lui fait défaut.

Quelques subtilités viennent cependant colorer un peu le système, comme la possibilité de se mettre à couvert, ce qui réduit la probabilité d’être touché, ou encore le système de courage, jauge qui décroît lorsqu’un personnage est touché et qui finit par réduire déplacement et actions jusqu’à ce qu’on en perde totalement le contrôle s’il n’a pas pu en récupérer. Chaque personnage peut avoir jusqu’à 3 compétences qui lui sont automatiquement affectées, en revanche à chaque niveau on choisit de nouveau traits qui permettent de l’orienter plus finement. Notons qu’il faudra composer avec le friendly fire, ce qui s’avère parfois assez délicat attendu l’étroitesse de certains environnements et surtout le fait que les combattants de mêlée se retrouvent bien souvent dans la ligne de tir. Les hommes tombés au combat ne meurent pas mais souffrent d'une pénalité temporaire qui s'estompera au bout de quelques jours dans la phase gestion.



Règlement de comptes


Il faudra environ une petite trentaine d’heures pour terminer la campagne solo, dont le scénario, un peu trop sobre et long à décoller, est malgré tout assez bien ficelé. Les développeurs ont fait en sorte de varier les missions, avec des conditions initiales et des objectifs qui imposent de s’orienter tantôt vers le respect, tantôt vers la peur, mais le fait de devoir repartir de zéro à chaque nouveau quartier finit tout de même par peser. Côté combats, si l’ensemble est assez satisfaisant, on regrette une certaine lourdeur qui donne le sentiment d’être bridé en permanence : citons un système de mise à couvert très rigide, l’omniscience de l’IA qui empêche toute tentative de contournement par les combattants au corps à corps, ou encore les personnages qui bloquent les autres dans les passages exigus.

En plus de la campagne, Haemimont propose un mode bac à sable malheureusement sans grand intérêt : dénué d’objectif et sans aucune opposition, il se résume à occuper tous les établissement et attendre que l’argent monte, sans d’ailleurs avoir rien à faire avec. Bien décidés à proposer des alternatives à la campagne, les Bulgares proposent également un mode multi-joueurs exclusivement centré sur les combats, dans lequel ont monte son gang et on l’équipe en remportant des missions parmi les deux coopératives et les quatre compétitives proposées. L’idée a un certain charme, mais la rigidité du combat et le grind nécessaire à la constitution d’une bande de fripouilles de gros calibre auront raison des plus motivés.


Malgré une partie stratégie/gestion bien conçue et des phases de combat au tour par tour qui raviront les amateurs du genre, on a du mal à se défaire du sentiment qu’il manque une âme à Omerta: City of Gangsters et que les mécanismes de jeu auraient pu être mieux employés, notamment si d’autres mafiosi avaient entravé notre progression. Armé d’un mode bac à sable sans intérêt et d’un multi-joueurs bien pauvre, le jeu se réduit finalement à une campagne solo assez répétitive malgré les efforts d’Haemimont Games et des combats qui manquent de souplesse. Un conseil d’ami : attendez qu’il sorte à petit prix et tenez-vous à l’écart du véritable racket auquel Kalypso Media a tenté de se livrer en voulant vendre ce bon budget game à 45€.

SCREENSHOTS

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