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Nioh future, Nioh rich, this is medieval Japan bitch

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : Team Ninja Koei Tecmo
Support : PS4
On pourrait croire que c'est la période des vide-greniers chez les éditeurs japonais qui se décident enfin à lâcher les projets restés un peu trop longtemps dans les cartons. Entre FFXV, The Last Guardian, Persona 5 et, pour ce qui nous intéresse aujourd'hui, Nioh, les sorties de ces derniers mois ont un petit goût de line up PS3. Le symptôme d'un malaise chez les développeurs japonais qui n'auraient pas su mener leur barque sur la précédente génération de consoles ? Fariboles que tout cela ! C'est juste le signe avant-coureur qu'un vent nouveau souffle sur le monde : nous avons simplement réussi à exporter le Factortime dans le pays réputé le plus rigide de la planète, notre plan de domination global est en route.

Tu me Souls avec tes comparaisons

Commençons pas mettre gentiment les pieds dans le plat et par tordre une idée reçue qui a fait fleurette au moment du lancement de Nioh sur PS4 en février dernier : non, il ne s'agit pas du tout d'un clone de Dark Souls. La comparaison s'est retrouvée dans plusieurs tests sortis à la va-vite et pourtant l'ADN de Nioh est à chercher ailleurs. Certes, le jeu partage quelques points communs avec les productions de From Software, mais il s'agit principalement de détails de gameplay alors que la philosophie globale de ces titres est profondément différente. Dans le fond, si on a toujours présenté Nioh comme un « Souls-like », c'est surtout lié au fait que les deux licences sont censées proposer un certain challenge. Pas de bol, la Team Ninja n'a pas attendu From Software pour faire suer ses joueurs.



Nioh ne sort pas de la cuisse de Jupiter et le premier héritage qu'il porte bien haut c'est avant tout celui de la série des Ninja Gaiden. La parenté saute aux yeux dès les premières heures de jeu. On aura l'occasion de s'étendre sur cet aspect beat'em all en évoquant tant son level design que son système de progression, mais globalement c'est surtout une question de feeling général et d’approche des combats qui rappelleront sans doute quelques souvenirs aux fans de Ryu Hayabusa. Attention toutefois à ne pas pousser l'analogie trop loin, plus on avance dans le jeu, plus on découvre que Nioh hybride les genres en piochant aussi allègrement du côté des Diablo. Finalement, s'il faut absolument le définir, on pourrait donc parler de Nioh comme un cocktail original à mi-chemin entre le beat'em all et le hack'n slash.

Trouvez-vous mon Nioh hideux ?

Soyons francs, l'héritage de la Team Ninja n'a pas que des bons côtés. L'équipe peut s'enorgueillir d'un certain savoir-faire lorsqu'il s'agit de pondre des systèmes de combats dynamiques, par contre elle a toujours eu du mal à accoucher d'un scénario qui tienne à peu près la route. Nioh ne fait pas exception. On y suit William Adams, le célèbre navigateur anglais qui a débarqué en 1600 au Japon pour y devenir le premier samouraï européen. Vous vous en doutez, Nioh prend quelques libertés avec la réalité historique et ici la plongée dans le Japon féodal est surtout prise comme une occasion de se confronter à une flopée de yokai tous plus vénères les uns que les autres. Il y est aussi question de luttes intestines entre des clans, de poursuites d'esprits protecteurs et d'un alchimiste peu recommandable, mais tout ça nous est servi à travers des cinématiques pas toujours très claires et la multiplication des personnages secondaires finira forcément par vous perdre à un moment ou à un autre.



Bref, le scénario est un vrai foutoir et rien ne viendra vous inciter à creuser pour y voir plus clair, mais ce n'est pas très grave, on ne fait pas un jeu de la Team Ninja pour la profondeur de son script. Par contre, il y a un petit détail qui risque de perturber les habitués du studio : non seulement il y a peu de femmes dans le casting, mais en plus ces dernières sont plutôt habillées et disposent de formes tout ce qu'il y a de convenable. Pas de doute, les amateurs de silicone qui ne sont pas partis avec Itagaki ont été enfermés dans la petite salle du fond où ils ne bossent plus que sur Dead or Alive Xtreme.



Le souci de réalisme va visiblement assez loin puisqu'on apprend au passage qu'au Japon l'année 1600 a été particulièrement pluvieuse et que les nuits faisaient 22 heures... Ces cache-misères n'y suffisent pas, si la direction artistique n'a pas grand chose à se reprocher, le rendu est globalement moche et terne. La touche « Japon médieval » est bien présente dans les costumes ou dans le bestiaire de yokai, mais les décors manquent de folie et la multiplication des sous-terrains ou des intérieurs peu inspirés a tendance à lasser. Pourtant, il faut noter une bonne intention de la part des développeurs qui laissent au joueur le choix d'opter pour des graphismes plus fins au détriment du framerate ou au contraire de mettre le paquet sur la fluidité quitte à pleurer sur les détails. Ce genre d'option fera sourire les joueurs PC, mais la démarche est suffisamment rare sur console pour être saluée.

Si Nioh te fumait

Concrètement, Nioh est structuré en niveaux clos distincts les uns des autres et auxquels on accède via une carte du Japon. Si les décors devraient vous laisser de marbre, les chose sont un peu plus compliquées lorsqu'on s'intéresse au level-design. Souvent étriqué et labyrinthique, ce dernier peut très bien s'avérer un brin frustrant lorsqu'il multiplie les pièges parfois évidents mais difficilement contournables. Passé le plaisir de la découverte, on arrive en milieu de jeu avec cette impression d'avoir déjà fait le tour de tout ce qu'il y avait à voir, et pourtant dans son dernier tiers le titre nous réserve encore quelques surprises. En effet, même si les niveaux sont assez inégaux, certains parviennent encore à innover dans leur agencement, leurs mécanismes ou dans leur façon de proposer des raccourcis.



Il ne faut pas se leurrer, Nioh joue tout de même la carte de la répétition. Si les missions principales nous entraînent toujours dans de nouveaux environnements, les missions secondaires préfèrent recycler des lieux déjà visités. On peut faire l'impasse dessus ainsi que sur les missions Crépuscule qui constituent juste des variantes plus musclées, mais ce serait alors se priver d'un bon moyen de grappiller les quelques niveaux supplémentaires qui feront la différence face à un boss un peu trop énervé. Même au niveau de ces derniers, on peut regretter un certain manque de diversité : quelques affrontements sortent du lot mais les patterns des différents adversaires humanoïdes ont tendance à se ressembler. Histoire d'enfoncer le clou, vous risquez vraiment d'avoir l'impression de tourner en rond si vous allez régulièrement aider un ami dans les niveaux déjà visités ou si vous êtes du genre méticuleux et que vous comptez mettre la main sur les petites créatures disséminés dans les niveaux et qui vous octroient de jolis bonus.



Pas la peine de jeter le bébé avec l'eau du bain, Nioh a aussi des arguments pour vous tirer de la torpeur dans laquelle la plupart de ses petits collègues vous laisse mariner. De la diversité, il en propose bel et bien, mais c'est du côté du gameplay qu'il faut la rechercher. Pour commencer, il vous laisse le choix entre cinq types d'armes de corps à corps proposant des prises en main vraiment différentes. Du sabre classique à l'étonnant kusarigama, en passant par les énormes haches de bourrin, il y en a pour tous les goûts. Là où ça se complique, c'est que chaque arme dispose de trois panels de coups selon que vous optez pour une garde haute, moyenne ou basse. Ajoutez à cela une jolie flopée de compétences liées à chacune de ces postures, mais aussi la possibilité d'utiliser des armes à distance, des techniques de ninja ou encore des sortilèges, et vous obtenez un système de combat d'une incroyable richesse. En combat le tout est loin d'être rigide, on vous pousse au contraire à changer régulièrement de garde pour récupérer un peu d’endurance, voire d'arme pour vous adapter au type d'ennemi qui vous fait face.

Obtenir six lances grâce à Nioh

On ne pourra ici qu'effleurer l'ensemble des possibilités offertes au joueur, sachez seulement que vous y trouverez votre compte, que vous soyez un amateur d'armes lourdes ou au contraire un artiste de la découpe de précision. D'ailleurs, il est bon de noter que le poids de votre armure vient se répercuter sur l'agilité de vos mouvements. Tout ça va bien entendu plus loin puisque chaque pièce d'équipement dispose de caractéristiques propres qui viendront apporter tel ou tel bonus. Précisons au passage qu'un système de dégâts élémentaires vient compliquer l'équation : non seulement le feu ou le poison peuvent faire mal sur la durée, mais l'électricité peut ralentir, la terre va augmenter le coût en endurance de chaque mouvement... Les différents effets ne sont pas à prendre à la légère, ralentir un boss par exemple va rendre le combat nettement plus simple. C'est là que le choix des compétences à débloquer va s’avérer décisif puisqu'elles donnent non seulement accès à de nouveaux mouvements, mais aussi à tout un panel de protections contre ces états ou de moyens de les infliger à ses adversaires.



Vous l'aurez compris, pas moyen de choisir son équipement à la légère. Il faut non seulement prendre en compte le niveau des pièces, mais aussi leur rareté et leur appartenance ou non à un set déterminé. À ce niveau là, on se rapproche vraiment des hack'n slash traditionnels avec toute une gamme de couleurs pour déterminer au premier coup d’œil si votre dernière trouvaille mérite de figurer ou non dans votre collection. Rassurez-vous, des trouvailles vous allez en faire à la pelle, c'est d'ailleurs un reproche qui a été souvent adressé au jeu. Pourtant il y a une forme de logique dans le fait de crouler ainsi sous le loot : il y a tant de combinaisons possibles qu'il faut bien engranger un maximum d'équipements pour ensuite faire le tri et conserver ce qui vous intéresse. D'ailleurs le surplus n'est pas tout à fait inutile, vous pourrez vous en débarrasser pour obtenir un peu d'expérience ou d'argent, voire les démanteler pour récupérer des matières premières.



L'équipement revêt une telle importance que la forge risque de devenir votre deuxième maison. Ce qu'elle propose ne trouve vraiment son intérêt qu'à la toute fin du jeu, lorsque vous abordez le NG+ par exemple et que vous avez envie d'optimiser votre build. Si la possibilité de façonner ses propres pièces d'équipement à partir de matériaux de base est assez classique, on apprécie aussi et surtout les options permettant de faire monter de niveau les objets, voire de modifier un à un leurs bonus. Tout ça coûte bien entendu les yeux de la tête, mais après avoir enquillé une bonne soixantaine d'heures de jeu, vous n'êtes plus à une séance de farm près. De toutes façons, après tout ce temps, le mal est déjà fait, Nioh vous a déjà envoûté : il a beau être bourré de défauts objectifs, on prend tellement de plaisir à affiner la maîtrise de son gameplay qu'on lui pardonne presque tout et qu'on repart avec plaisir découper du yokai à ses côtés.

Il ne nous reste plus d'énergie pour chiquer, la fougue de ce Nioh a épuisé nos ardeurs. Il n'est pourtant pas si dur que cela, mais il sait se montrer généreux et il faut une certaine endurance pour suivre le rythme. On reproche bien à ce gaillard de pomper les plans de ses aïeux, mais il sait en tirer un fluide vital franchement rafraîchissant.
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