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Ninja Gaiden

snoopers par snoopers,  email
Oubliez tout ce que vous saviez sur les ninjas. Il est loin le temps où l’on devait se cacher dans l’ombre, silencieux, dans la peau d’un type sans charisme passant le plus clair de son temps à essayer de se faire oublier. Aujourd’hui, être ninja, c’est se saper en sky noir et virevolter avec classe sous les sunlights, trancher des têtes au ralenti sur des riffs de guitare saturée ou encore découper des bras en salto arrière, sabre au poing et sourire aux lèvres. Aujourd’hui, être ninja, c’est être Ryu Hayabusa.

Terriblement efficace !


Ninja Gaiden est un jeu dangereux. Loin des simulations d’espionnage ou de tactique furtive auxquelles nous sommes désormais habitués, Ninja Gaiden sonne le retour d’une forme de plaisir plus simple, plus directe, plus violente, bref, plus arcade.

Ninja Gaiden est un jeu qui tache, un de ceux qui vous feront vous arracher les cheveux, insulter votre copine, balancer votre télé par la fenêtre ou même éventrer votre chat. Ninja Gaiden est le jeu que vous attendiez, que vous espériez sans oser y croire, le fruit de l’espoir secret que vous nourrissiez depuis l’arrivée de Devil May Cry ou de Prince of Persia ; ce désir profond d’un jeu qui mêlerait avec bonheur la brutalité des beat-them-all d’antan et la finesse des jeux d’action modernes. Oui, soyez rassurés, Ninja Gaiden est bien le sauveur tant attendu, le messie d’une génération de vieux briscards lassés par des jeux toujours plus complexes et compliqués, le guide de jeunes joueurs désireux d’enfin connaître les joies du fracassage de crânes à l’ancienne ou encore le défouloir pour fans de Tessa Martin en mal d’amour. Un jeu certes difficile, âpre même, où la satisfaction est une récompense qui se paie cher et où les crises de nerfs sont légions, mais également un concentré de fun immédiat qui sent bon le vieux cuir, une prise en main instinctive, intuitive et au gameplay accessible, mais dont la profondeur et la hauteur du challenge en laissera plus d’un sur les dents. Vous êtes prévenus.

Ninja Gaiden est donc un pur soft d’action old-school, dans la veine de ceux qui ont fait le bonheur des joueurs 16-bits. Un titre nerveux et efficace, mais dont l’erreur à faire serait de sous-estimer la profondeur. Voyons cela plus en détail.



Réflexes élémentaires


Ninja Gaiden vous place donc dans la peau du désormais célèbre Ryu Hayabusa, virevoltant et sanglant ninja tout de cuir vêtu. Hanté par le désir de venger la destruction de son village natal rasé par le terrible Vigoor, un méchant très très méchant, Ryu part à l’aventure, rage au cœur et sabre au poing. A la manière des plus grands hits 16-bits, la quête du jeu est un véritable périple à travers le monde, et les décors se succèdent les uns après les autres sans que les concepteurs fassent preuve du moindre souci de cohérence. On passe donc allègrement du japon médiéval à un dirigeable High-Tech, en passant par des catacombes égyptiennes… Bref, le scénario n’est ici clairement qu’un prétexte et l’on ne s’en plaindra pas, car le fil narratif importe finalement assez peu ici.

Emportés par le vent du modernisme, les développeurs de la Team Ninja ont également cru bon d’inclure des petites séquences « aventure » dans Ninja Gaiden, comme des portes verrouillées dont il faut trouver la clé ou quelques séquences de plate-forme obligatoires. Rien d’incroyable, mais c’est toujours sympathique de voir que les développeurs ont fait l’effort de dépoussiérer un peu le genre, même si le nerf principal de Ninja Gaiden reste le même qu’auparavant. Ce qui nous amène à parler des combats.

Première remarque : on ne met pas un quart d’heure avant de totalement maîtriser Ryu, et heureusement, parce que ça va très très (très) vite. Vraiment. Et vas-y que je te saute sur un mur et que je te coupe les bras en plein salto et que je rebondis sur la tête en tournoyant dans un éclair avant d’arroser tout le monde de nunchakus… Les débuts sont, pour ainsi dire, mouvementés. Bien heureusement, les commandes sont absolument instinctives, et l’on a aucun mal à enchaîner les coups entre deux sauts carpés. Les attaques sont réparties sur trois boutons, dont deux pour les armes de poing. Si cela peut sembler léger, sachez qu’à la manière d’un jeu de combat, il vous est possible d’user des nombreux combos mis à votre disposition, sans compter que chaque arme possède ses caractéristiques propres, et que ces armes sont plutôt nombreuses. Mais en plus de manier le cure-dent comme personne, Ryu est capable d’invoquer les démons de ce monde pour faire s’écouler encore plus de sang (et pas le sien, de préférence) : en effet, vous aurez également différents pouvoirs à votre disposition, dont l’utilisation fréquente en fera augmenter le niveau.

Mais si vous êtes amené à prendre du galon au cours de l’aventure, vous vous doutez bien que le niveau de difficulté du jeu ne sera pas en reste non plus, et c’est rien de le dire. Vraiment, il faut que vous sachiez que Ninja Gaiden est un jeu très difficile, qui vous demandera de recommencer certains passages plus d’une dizaine de fois. Les sensations rappellent vraiment les vieux beat-them-all d’antan, et cette difficulté « à l’ancienne » ne fait pas exception. Alors attention, cela ne veux pas dire que le jeu est insurmontable ou horriblement difficile, loin de là. Simplement, le challenge est définitivement relevé et vous en aurez pour votre argent, quitte à prévoir une manette de rechange en cas de grosse crise de nerfs... A noter que le jeu aura de quoi vous prendre la tête pendant un bon bout au vu de sa durée de vie, qui avoisine la quinzaine d’heures…



La beauté du diable


Même tout le monde le sait déjà, il serait criminel de ne pas évoquer la plastique de Ninja Gaiden. La Team Ninja a en effet conçu un moteur à la hauteur de ses ambitions, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu ‘elles sont très hautes ! Pour faire simple, le résultat arrache la gueule. Voilà, c’est dit. Les aires sont immenses, les textures d’une précision diabolique, la modélisation des différents personnages est d’une finesse rarement atteinte, et le tout tourne à un framerate d’une fluidité absolument effarante. Non vraiment, ça fait un choc. Alors en revanche, attention, tout comme le gameplay du jeu, ces graphismes respirent le old school. Les éclairages sont criards, les personnages surréalistes et les décors, s’ils manquent singulièrement de caractère, ont au moins pour qualité, en plus d’être magnifiques, de ne pas être brouillons : faisant fi de tout photoréalisme, les décors ne valent ici que pour ce qu’ils sont, à savoir, ben… des décors. Souvent réduits à de simples couloirs, ils n’ont pour autre but que d’accueillir Ryu et ses opposants et, finalement, on en attend pas moins d’eux.

Toutefois, et puisqu’il est ici question de technique, il est malheureusement de mon devoir d’aborder un point particulièrement douloureux et sensible, ZE fuckin’ point noir du jeu, la caméra. Cette caméra, bien que n’étant pas catastrophique, provoque quand même son lot de sueurs froides et peut s’avérer exaspérante dans biens des cas. Alors attention, sournoise et cruelle, elle ne se manifestera pas tout le temps, non, seulement dans les instants les plus critiques, par exemple dans les moments où l’on a pas nécessairement besoin de voir la jolie texture du sol en gros plan, surtout lorsqu’on est entouré par deux moines téléporteurs qui balancent des décharges électriques toutes les deux secondes pendant que vous êtes occupé à chercher des flèches pour descendre les cavaliers maléfiques qui galopent autours en nous criblant de flèches enflammées. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Non, vraiment, s’il ne doit y’avoir qu’un seul regret dans ce jeu, c’est bien celui là : la caméra chie, et c’est vraiment dommage. Alors bon, comme déjà dit, ça n’arrive qu’à certains moments, et avec le temps on s’y fait, c’est à dire que ça ne doit pas dissuader outre mesure d’acheter le jeu, mais c’est quand même suffisamment chiant quand ça arrive pour le mentionner : la camera est perverse et peut péter les plombs.



My name is Ryu. I’m about kicking ass, i’m about cuting heads, and we’re about making a myth.


Oui, un mythe. Parce que malgré le défaut évoqué plus haut, Ninja Gaiden est un putain d’excellent jeu, une bombe de testostérone et de sang chaud qui vous retourne la tête comme peu de jeux ont su le faire ces dernières années. Envolés les Prince of Persia, disparus les Devil May Cry, Ninja Gaiden est désormais la référence incontournable d’un genre vidéo-ludique que l’ont croyait mort, et que la Team Ninja vient de ressusciter de la plus belle des manières qui soit : en le magnifiant. Le voyage ne sera clairement pas pour tout le monde, et la difficulté de ce Ninja Gaiden risque d’en laisser pas mal sur le carreau. Néanmoins, l’aventure mérite d’être tentée, ne serait-ce que pour admirer avec quelle majesté ce Ryu Hayabusa vient, en l’espace d’un jeu, de remettre en question les plus belles réussites d’un genre dont il s’autoproclame souverain. J’ai comme l’impression que la concurrence va avoir du mal à le déloger, celui là…

Ninja Gaiden est simplement la référence ultime en matière de jeu d’action old school et rayonne là où des jeux comme Devil May Cry semblent n’être que d’obscurs brouillons. Une réussite totale, éclatante et définitive. Qui osera se mesurer à lui ?

SCREENSHOTS

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