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Monster Slayers

Marc par Marc,  email
 
Le rogue-lite et le TCG (Trading Card Game) sont deux genres bien particuliers, mais qui pourraient en fin de compte être bons à marier. Encore faudrait-il une proposition de fiançailles audacieuse pour que l’union soit réussie. Avec Monster Slayers, au premier abord, le gage des futurs époux à plutôt l’allure d’une bague en toc récupérée à la tirette du supermarché du coin. Il faut bien l’avouer, aux premiers regards ce n’était pas vraiment ça. Toutefois, avec cette proposition sans prétention, Nerdook pourrait bien y avoir mis davantage que de bonnes intentions. 
 

Mariage pluvieux

Ne tournons pas autour du pot, la plastique de Monster Slayers est autant ébouriffante que son nom est original. Un simple coup d’œil permet d’observer un titre qui se pare de tous les atours d’un petit jeu développé à la va-vite sur un coin de table. Interface quasi inexistante, animation rudimentaire, menus sur fond noir et textures grossières. Bien que baignant dans un style tout « mignon », les  illustrations des cartes et les visuels des personnages ne sont pas non plus des plus heureux.  Une indigence qui n’est pas étrangère aux productions habituelles de Nerdook. Le petit studio malaisien s’avère en effet plus coutumier des productions de jeux Flash à destination du web (Kongregate).



Mais comme le dit ce vieil adage qui arrange bien Monster Slayers : on ne juge pas un livre à sa couverture. Même si pour nous (êtres superficiels que nous sommes) le physique compte, on vous l’a surement seriné : la vraie beauté se cache à l’intérieur. Dans cette soupe au premier abord peu ragoutante, il est donc question de partir à la chasse aux monstres. Trois boss légendaires se baladent dans la nature et pour les occire il vous faut bien évidemment vous frayer un chemin jusqu’à eux.

Pour ce faire, pas moins de douze classes sont disponibles: voleur, ranger, chevalier, barbare, clerc, magicien, assassin, maitre des bêtes, moine, brute, apothicaire et nécromancien. Dans un premier temps, seules les six premières classes sont accessibles. Charge à vous de débloquer les suivantes en terminant l’aventure une fois par aventurier. Un éditeur de personnage minimaliste vous permet ensuite de personnaliser votre héros. Celui-ci vous permettra entre autres de sélectionner la voix de votre personnage, un détail important puisque celui-ci en profitera pour balancer en boucle des punchlines d’une subtilité à toute épreuve.

Mariage heureux

Le déroulement d’une partie s’articule en trois actes, constitués chacun d’un donjon à explorer. Chaque acte débute sur un écran principal faisant office de hub. C’est ici qu’il vous est demandé de choisir une destination parmi trois chemins proposés aléatoirement. Au total, ce sont huit donjons/destinations qu’il est possible d’arpenter. Constituées comme des tableaux, ces épreuves possèdent leurs ambiances (décors et bande-son) ainsi que certains monstres dédiés. La progression dans ces bas-fonds se fait à l’aide d’une carte elle aussi générée aléatoirement.



Sur celle-ci, votre personnage est invité à y progresser de case en case. À préciser que seules les cases adjacentes à votre position vous sont révélées. La progression à travers le donjon se fait donc en semi-aveugle afin de débusquer la position du boss. Vaincre celui-ci signifie la fin du chapitre et donc le retour à l’écran principal pour embrayer sur l’acte suivant. Bien évidemment, les trois quarts des cases de chaque carte sont occupés par un vil bestiaire qu’il vous faut raccourcir.

Pour venir à bout de ces adversaires, vous disposez d’un deck de cartes basiques liées à votre classe. Celles-ci sont réparties en trois catégories (attaque, support et magique) et en deux familles (neutre et de classe). Pour les jouer, certaines d’entre elles nécessitent des points d’action et/ou de mana et votre personnage dispose donc de deux jauges de ces différentes ressources. Les combats se déroulent au tour par tour et toujours contre un unique adversaire issu d’un casting varié s’articulant autour de différents tiers et de classes de monstre. Comme le joueur, ces derniers disposent eux aussi d’un deck spécifique qu’il vous faut contrer pour remporter les engagements.

Union et concession

Heureusement, toutes les cases de la carte ne sont pas occupées par d’hostiles créatures. Il est donc possible de tomber sur divers coffres au trésor, PNJ bonus, marchands de cartes, médecins et autres feux de camp pour améliorer et/ou reposer votre personnage. Cet éventail de possibilités vous met rapidement face à des choix plus ou moins cruciaux. Mieux vaut donc bien réfléchir à vos déplacements.



En découle un perpétuel concert de questionnements de type : « Vais-je utiliser ce médecin pour me remettre d’aplomb ou pour supprimer cette carte qui encombre ma pioche ? Vais-je dépenser mon or pour acquérir une carte puissante ou pour me soigner ? Vais-je prendre cette carte intéressante au risque de plomber ma pioche et briser la synergie de mon deck ? Vais-je écumer tous les combats du donjon pour remplir ma bourse au risque de mourir avant le boss ? » Etc. Autant de possibilités à ne pas négliger si vous ne souhaitez pas que votre personnage passe trop rapidement de vie à trépas.

Prendre son temps, explorer judicieusement les donjons et peser en permanence le rapport bénéfice/risque s’avère être une stratégie des plus adéquates. D’autant plus que si le premier acte sait se montrer trivial, ce n’est tout de suite plus le cas dès le suivant. Au fil de votre progression, vos adversaires vont gagner effectivement en puissance. De donjon en donjon, les créatures disposeront ainsi d’une capacité de pioche plus importante, de cartes de tiers supérieurs et d’un pool de point d’action/mana plus généreux.

Pour le meilleur et pour le pire

À ce stade, on se rend compte qu’un deck mal optimisé peut vite se transformer en une véritable purge. Celui-ci doit donc être le plus épuré et le plus équilibré possible entre cartes d’attaque et utilitaires. Un équilibre d’autant plus délicat à atteindre que les cartes s’obtiennent de manière aléatoire (coffres, gain de niveau, marchands) impliquant fatalement une construction de son deck sur le pouce avec les moyens du bord. S’assurer une bonne capacité de pioche pendant son tour s’avère être également vital car elle est synonyme d’enchainement de combos dévastateurs.



Vous pouvez également compter sur des compagnons. Véritables jokers, jusqu’à deux de ces larrons peuvent vous accompagner au cours de vos déambulations. Chacun d’eux dispose de deux capacités actives et d’une passive. Uniquement utilisables en combat et tributaires d’un cooldown, ces sorts vous proposent divers atouts pouvant vous sauver la mise : pioche de carte supplémentaire, restitution de points d’action/mana, attaques puissantes, chances de coups critiques accrues, etc.

A vous de composer votre petite équipe en adéquation avec votre classe/deck. Pas rancuniers, les compagnons n’ayant pas trouvé grâce à vos yeux rejoignent le casting des PNJ présents dans les donjons et vous offrent des petits coups de pouce (cartes, bonus d’expérience, amélioration de cartes).Chaque monstre vaincu peut également laisser tomber du loot. Ce butin se décline en plusieurs catégories (armes, armures, bijoux) et en rareté (normal, magique et épique).



Disposant de quatre emplacements d’équipement votre héros peut ensuite les équiper une fois rentré au hub (à chaque début de chapitre). Ces babioles vous octroient ainsi divers bonus comme des dégâts supplémentaires, une génération de ressources améliorée et d’autres petites joyeusetés qui mises bout à bout s’avèrent être d’une aide des plus précieuses. À noter que l’inventaire est commun à tous vos personnages et qu’en cas de victoire les objets portés par le héros glorieux disparaissent avec lui dans sa retraite bien méritée.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare

Bien qu’intransigeant, le jeu ne se montre pas injuste pour autant. Si vous échouez, il vous sera proposé de redémarrer au début du donjon pour une ultime tentative. Le trépas sera lui synonyme de gain d’expérience, renommé ici Points de gloire. Ceux-ci permettent de remplir une jauge qui, une fois complète, vous octroie un point à dépenser dans un arbre de compétences commun à tous vos personnages. C’est ainsi que dans la plus pure tradition du rogue-lite, il est possible de débloquer de précieux avantages pour vos prochains parcours : amélioration du deck, nouvelles compétences pour vos compagnons, plus de vie, de points d’action/mana, etc.



Une fois le boss final vaincu, vous pouvez recommencer l’aventure en mode légendaire. Bien plus corsé, ce niveau de difficulté exige quelques bons objets et une collection de perks solides avant de s’y aventurer. Ajoutez à cela une collection de deux cent cartes disponibles et vous avez un titre doté d’une solide rejouabilité. D’autant plus conséquente que le large éventail de héros disponibles propose une grande diversité de styles de jeu.

Une variété d’autant plus appréciable que toutes les classes disposent de leur propre gameplay et subtilité. Si certaines classes s’avèrent plus puissantes et plus faciles à jouer que d’autres, certaines vous demanderont plus d’apprentissage, mais se montreront parfois plus grisantes à maitriser. Le titre s’est également enrichi d’un DLC Fire and Steel proposant entre autres nouveaux monstres, environnements supplémentaires et deux nouvelles classes (dragon et marchand).
 
 

À noter …


Un mélange des genres qui fait des petits ? Disponible en Early Access, l’excellent Slay the Spire reprend le concept à sa propre sauce. Si le cahier des charges parait identique sur le papier, le jeu de Mega Crit sait se démarquer en important ses propres mécaniques et une difficulté bien relevée. Un titre à surveiller de près. La relève semble d’ores et déjà assurée.

 
Comme une partie de poker menteur, Monster Slayers cache bien son jeu. Jouissif, addictif et loin d’être dénué de challenge, ce petit jeu sorti de nulle part s’avère être une franche réussite. Des qualités qui participent à faire oublier sans sourciller sa plastique des plus disgracieuses. Si de base vous ne goûtez ni aux rogues-lites, ni aux TCG, cette soupe à la bonne franquette concoctée par Nerdook pourrait bien vous réconcilier avec ces deux genres. Un potage bien plus consistant qu’il n’y parait et qui a en plus le bon goût d’être disponible à prix riquiqui.
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