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Les Chevaliers de Baphomet : le Manuscrit de Voynich

snoopers par snoopers,  email
Série d’aventure mythique démarrée en 1996 sur PC, la série des Broken Sword est, pour beaucoup, l’incarnation parfaite du genre click’n play aux côtés des célèbres Monkey Island. Après deux épisodes (Les Chevaliers de Baphomet et Les Boucliers de Quetzalcoatl) encensés aussi bien par la presse que par le public, mais en abandonnant une jouabilité vieille comme le monde pour céder aux sirènes de la 3D, les développeurs ne risquent-ils pas de perdre en chemin ce que cette série a de plus précieux : son âme ?

« J’en étais sûr, c’était une blonde »


Dès le départ, Le Manuscrit de Voynich séduit. Il dégage une atmosphère, un caractère, que bien peu peuvent se targuer de posséder. La musique met dans l’ambiance, et la mise en scène cinématographique joue parfaitement son rôle, si bien que l’on n'a aucun mal à entrer dans l’histoire. Le jeu débute par un accident d’avion pour le moins mystérieux. L’occasion pour nous de retrouver ce bon vieux George Stobbart, anti-héro de naissance, et la ravissante Nico, anti-blonde convaincue et Parisienne jusqu’au bout des ongles. Le jeu nous balade donc entre notre éternel touriste planté dans une carcasse de coucou en équilibre au bord d’une falaise amazonienne, et Nico, en plein cœur de la capitale, aux prises avec une tueuse qui roule les R comme pas deux et qui a la mauvaise habitude de se déguiser… ben en Nico, justement. Fâcheux. La première séquence du jeu nous place donc du côté de ce pauvre George, qui va avoir besoin de bien plus que son sens légendaire de l’humour pour se sortir de là. Le vieux gamer aguerri n’aura aucun mal à trouver ses marques : c’est de l’aventure pure souche. Toutefois, les choses ont un peu changé depuis les années 90, et la première concerne la disparition du click’n play au profit de quelque chose de plus de plus moderne. Désormais, le joueur n’a qu’à s’approcher d’un objet utilisable (signalé par une petite étoile bleue) et appuyer sur un bouton pour agir. L’inventaire, quant à lui, est géré de la même manière qu’avant : une pression sur un bouton permet de le faire défiler et de combiner des objets entre eux, ce qui ravira les esprits créatifs (qui n’a jamais rêvé d’associer une lampe à pétrole avec un steak d’autruche ?). Plus généralement, le déroulement du jeu est assez classique, exception faite de la 3D qui permet d’élargir un peu la palette de mouvements de nos protagonistes. Ils peuvent à présent se plaquer au mur, sauter, marcher en canard (Sam Ficher ©)… Bon, c’est pas en temps réel, on est quand même dans un jeu d’aventure, mais cela mérite tout de même d’être signalé (même si certains phases, comme la séquence d’infiltration à Prague, sont vraiment, mais alors vraiment, énervantes, agaçantes, saoulantes, bref, chiantes).



« Ce type était aussi mort qu’on peut l’être »


Le scénario du jeu est comme toujours assez bien construit, alternant constamment entre Nico et George, et nous emmène dans pas moins de cinq villes différentes (lesquelles, à vous de le découvrir). Les rebondissements sont nombreux, et l’on ne s’ennuie pas une seconde, d’autant plus que la mise en scène est particulièrement réussie (je vous déconseille d’ailleurs de faire autre chose pendant les cut scenes, les développeurs ayant eu l’excellent idée d’y inclure quelques Quick Time Event à la Shenmue, vous obligeant à appuyer sur un bouton au bon moment pour sauver vos personnages de divers périls). Mais le plus remarquable dans ce jeu, le plus génial, même, ce sont les dialogues. Personnellement certains m’ont vraiment plié en deux, et il faut rendre hommage au travail des doubleurs qui ont vraiment su capter l’humour des textes. Mention spéciale, d’ailleurs, aux différents accents des personnages, et notamment celui de George, qui parle vraiment comme un touriste américain en vacances. N’oublions pas Nico et ses réflexions minables qu’elle ne peut s’empêcher de nous faire partager à tous moments. Excellent.



Nico, je t’aime


Mais tout cela ne serait rien sans une réalisation à la hauteur, et autant dire que c’est le cas : les personnages sont fichtrement bien modélisés (et à ce propos, Nico est carrément bien roul… texturée), et à part quelques bugs dans les animations, tout est vraiment au poil. Quant aux décors, ils sont simplement magnifiques. Les textures ont une patine « BD » totalement dans l’esprit des premiers opus qui donnent une touche personnelle et inédite au design général du jeu. Mention spéciale au jeu de lumière carrément bluffant. Une réussite.

NB : A signaler, d’interminables et intempestifs chargements pour les versions consoles, absents sur PC. Pas gravissime mais regrettable tout de même.

Revolution Software, loin de ternir une série déjà culte, la transcende de la plus belle façon qui soit : en l’adaptant aux nouvelles techniques et en la respectant. A part quelques bugs graphiques, et des séquences d’infiltration imbuvables, Les chevaliers de Baphomet : le Manuscrit de Voynich se révèle donc comme une franche réussite qui fera chaud au cœur à tous les amoureux de la série et du click’n play en général. Bravo et merci.

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