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King of Fighters XIV : Le roi n'a pas abdiqué

FrereT0c par FrereT0c,  email  @FrereT0c
Développeur / Editeur : Deep Silver SNK Playmore
J’adore les jeux de baston. Un vrai vecteur de lien social lorsque des potes viennent chez vous essayer de vous défaire alors que vous insultez leur maman. C’est aussi là qu’on voit les différents profils de joueurs. Le Tacticien, qui attendra patiemment que vous choisissiez vos personnages pour prendre ceux censés les contrer. Le Chirurgien, qui va entrer des combinaisons de touches avec une précision ineffable mais qui sera systématiquement vaincu par le Truand qui roule sa tronche sur la manette. Cette liste non-exhaustive omet volontairement les conquérants et les mauvais perdants, mais ce sont toujours des soirées animées quoi qu’on en dise.

Je mets les pieds où j’veux...

Depuis maintenant 2009, date de sortie de Street Fighter IV sur consoles, on assiste à une vraie renaissance du genre de la baston. Un nouvel âge d’or qui a vu d’anciennes licences revenir sur le devant de la scène comme Tekken, Guilty Gear et celle qui nous intéresse aujourd’hui : King of Fighters. Après un treizième épisode salué (à juste titre) par la critique, on attendait avec impatience de voir ce que SNK allait faire de la saga qui a contribué à lui donner ses lettres de noblesse. Puis les premières images de King of Fighters XIV tombèrent sur le net tels des témoignages d’un temps révolu, le temps de la PS2. Si votre rétine ne s’est pas décollée en voyant les visuels de KoF XIV c’est que vous êtes probablement un des créateurs du jeu car il était impossible de ne pas se sentir pousser une irrémédiable envie de troller dessus tant le tout faisait daté.



En jeu… et bien c’est plutôt acceptable. Ce n’est pas la première fois que King of Fighters tente de passer en 3D, rappelez vous de Maximum Impact sorti sur PS2 et Xbox en 2004 (même si le gameplay était plus proche de celui d’un Tekken). Ici, SNK reste en terrain connu et propose un jeu versus 3D sur un plan en 2D comme ils savent si bien le faire. Si le rendu graphique est effectivement d’un autre temps avec des personnages à l’aspect lisse et aux vêtements faits en vinyle, force est de constater que les animations font le café. On prend plaisir à (re)découvrir les gloires d’antan se mettre sur la tronche dans décors plutôt variés. Cela dit il est impossible de ne pas regretter le design global du jeu. En effet ici variété ne veut pas dire qualité, et certains personnages font un peu de la peine (non sérieux, cet écran de victoire avec Terry, je vais pas m’en remettre). Côté casting on retrouve toute la clique habituelle à base de Kyo, Iori, K’, Mai... et même si de nombreux anciens sont portés disparus le roster de 50 personnages fait plaisir à voir.

Les quelques petits nouveaux ne dépareillent pas avec le reste du jeu. Au nombre de 18 ils ajoutent du sang neuf à une série habituée à ses têtes d’affiche. Le nouveau de la team méchant, en la personne de Xanadu, est plutôt notable. Une sorte de bagnard mystico-chelou à la tête en forme de pêche. Ses chopes sont difficiles à placer et ses coups ont une portée plutôt courte mais il est fun à jouer pour son côté “creepy” bien rendu. Kukri, une sorte de ninja des sables mystérieux qui virevolte rapidement et peut facilement passer du zoning à un style plus offensif au corps-à-corps est aussi fun à jouer. Le soin apporté aux nouveaux venus pour le design est évident, les anciens ayant l’air basiques à côté. Le nouveau trio en provenance d’Amérique du Sud est également très chouette et injecte encore plus de variété à la sélection. Gros coup de coeur sur les deux boss de cet opus qui sont très classes et sympa à jouer mais on vous laisse la surprise de la découverte.



Cela dit, 50 personnages c’est beaucoup et la méfiance est de mise sur des jeux ayant autant de combattants. Il arrive que tant de personnages cachent des doublons ou un manque de variété du gameplay. Heureusement ce n’est pas le cas et chaque personnage est très différent d’un autre. En revanche cela se fait un peu au détriment de l’accessibilité du jeu aux débutants. Ça fait beaucoup de match-ups à apprendre et trouver son trio favori peut relever de la gageure.

Plaisirs solitaires

Contrairement à un certain Street Fighter V aussi austère qu’une chambre d’étudiant à sa sortie, King of Fighters XIV propose un contenu solo très généreux. Le mode Histoire que l’on boucle en 30 minutes environ par trio (sachant qu’il y en a 16) est plutôt sympathique et se déroule sous une forme assez classique. Quelques écrans fixes entre certains personnages au début de chaque combat et des cinématiques pour raconter une histoire un peu bateau de tournoi hyper populaire. Il n’en faut pas plus pour passer un moment agréable et découvrir tranquillement le jeu, ses mécaniques et ses 18 arènes. Toutefois pour approfondir les mécanismes de base, un passage vers le tutoriel du jeu est nécessaire. Ce tuto, aussi bien foutu que simple à suivre, est plutôt surprenant de par son accessibilité. Le jeu va à l’essentiel sans être obscur ou compliqué. La présentation des différentes barres et modes de déplacement se fait naturellement et les explications sont concises. Sur ce point SNK est à saluer : parvenir à faire quelque chose d’aussi clair n'est pas aisé tant les tutos de jeux de baston ont tendance à être imbitables (si vous comprenez ceux de Blazblue, planqués derrière des murs de texte, bravo, vous êtes un T-1000).



Pour approfondir ce petit tutoriel très bien fichu, il sera possible de faire un tour par le mode Défi qui permet de se confronter aux combos de ce KoF. Là par contre on entre dans du velu et on passe du tuto-gentillet-qui-introduit-son-système-de-jeu-avec-douceur au truc-bien-hardcore-qui-demande-une-exécution-à-la-frame-près. Ce mode Défi, s’il a le mérite d’exister, est moins bien conçu que ce que l’on peut voir dans d’autres jeux. On retombe dans le travers habituel de ce genre de mode qui propose systématiquement le même schéma pour tous les personnages. Il a beau être lisible et permettre d’apprendre les combos de nos personnages favoris, il est vite répétitif et n’est pas vraiment noob-friendly comme on dit chez les gens bien. En parallèle on retrouve les classiques (mais pas systématiques, pas vrai SFV ?) modes Survie et Contre la montre où il faudra aller toujours plus loin avec un seul combattant. Un plus toujours bienvenu dans la mesure où cela permet de pratiquer ses combos en solo avec une pression supplémentaire. Enfin, il est bon à savoir que les sticks PS3 sont compatibles avec cette mouture. Autant dire que la joie était de mise de pouvoir continuer à utiliser un Qanba Q4RAF de la génération précédente sur ce jeu. Une très bonne nouvelle pour ceux qui ne veulent pas lâcher 200€ dans un nouveau stick et une bonne chose que la plupart des jeux de baston nouvelle génération permettent de faire ça.

Il est libre Max

Le feeling de ce nouveau KoF est vraiment excellent. Même si on est loin de la débauche visuelle et sonore d’un Street Fighter V, les sensations sont bonnes. Un vrai feeling arcade difficile à expliquer, il faut y jouer pour comprendre. Les différents systèmes de jeu fonctionnent à merveille. Si un combo nous met trop la pression, un Blowback permettra de s’en sortir pour lancer une contre-attaque. Les différents sauts, la course, l’esquive mettent aussi l’accent sur le mouvement dans KoF qui est très important. Mention spéciale aussi au Mode Max qui permet d’arrêter n’importe quel mouvement en plein combo pour enchaîner sur autre chose tout en balançant des versions boostées des coups spéciaux.



Cet élément de gameplay débouche sur toute la subtilité de ce KoF et aussi ce qui le rend si satisfaisant. Une fois le système de combo bien en main, c’est purement jouissif de cancel une attaque pour lancer une Super que l’on va cancel en une autre Super. C’est très permissif et ça permet une créativité de jeu folle que l’on ne retrouve pas forcément dans d’autres jeux de baston plus calibrés. Il est également à noter que le jeu au sol est bien plus important que les juggles ou les combos aériens (qui existent !). Toutefois SNK n’a pas oublié les nouveaux et a intégré un combo automatique qui se fait en bourrant la touche du poing léger. Bien évidemment un joueur averti n’aura aucun mal à contrer ce genre de coup prévisible, mais ça permet aux débutants de sortir des combos intéressants sans avoir passé 12 heures à poncer un personnage.

Lag à part

Depuis, un patch a réglé les soucis de lancement que je vais évoquer brièvement, mais au début ce King of Fighters s’inscrivait dans la triste série des jeux SNK au netcode daubé. Lag, jeu qui ralentissait, aucune sanction pour le ragequit… Si les deux premiers points ont été réglés, il n’en est rien pour le dernier. Pour le lag, plus aucun soucis depuis le patch et le jeu ne ralentit plus. Si vous avez toujours des soucis, aucun netcode au monde ne pourra régler une connexion trop lente. Par contre il est difficile de pardonner le manque de sanctions envers les mauvais joueurs. C’est un problème qui a été maintes fois évoqué durant le lancement de Street Fighter V et il est triste de noter que les développeurs n’ont pas été à l’écoute des joueurs sur ce plan là. On espère qu’un patch viendra corriger ça dans le futur.

Côté contenu du jeu en ligne, rien de particulier à signaler. On est sur du classique qui fonctionne. La personnalisation des parties est très forte et on pourra se faire des match à la carte sans aucun soucis. Du mode 3v3 classique au 1v1 en passant par 6 joueurs qui s’affrontent, on est vraiment sur du jeu en ligne du terroir qui a fait ses preuves. Enfin, et parce qu'il fallait le caser quelque part, la musique du jeu est assez oubliable si ce n’est le thème d’ouverture qui donne envie de péter des rotules et de sauter partout. Au moins c’est dit.



Si ce n’est son aspect graphique daté, King of Fighters XIV se pose en tant que sérieux challenger au décrié Street Fighter V. Si la communauté suit, nul doute que le prochain EVO sera très intéressant à suivre. Puis, soyons honnête deux minutes, passé le cap des premières heures l’aspect graphique ne veut plus rien dire. Seules compteront les hitbox, les frames et les différentes barres. Ce King of Fighters a pour lui son système de jeu excellent et permissif et une générosité de contenu très appréciable. De plus, des efforts ont été faits pour le rendre plus accessible à de nouveaux joueurs. Si vous êtes féru de baston et que Street Fighter V vous a déçu : foncez. Si vous n’aimez pas SFV et que Guilty Gear c’est beaucoup trop rapide pour vous : foncez. King of Fighters XIV mérite votre attention.
Enfin séparé de Playmore, SNK peut faire autre chose que du pachinko et se consacrer à ce que le studio fait de mieux : des jeux d’arcade. Nul doute que l’équipe va prendre de l’expérience en 3D et j’ai hâte de voir ce qu’ils vont proposer ensuite si King of Fighters se vend bien. Chers développeurs chez SNK, faites une suite à Samurai Showdown s’il vous plait. Merci.
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