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Juiced

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
L'une des grandes modes du moment, avec les RTS sur la Seconde Guerre Mondiale, ce sont les jeux de courses de caisses tunées en milieu urbain. Après le mètre-étalon Need for Speed Underground, quelques navets comme RPM Tuning ou Street Racing Syndicate, et le très réussi Midnight Club 3, c'est au tour de Juiced d'entrer dans l'arène.

Le titre de Juice Games fait d'ailleurs office de miraculé : originellement édité par Acclaim, le jeu s'est retrouvé à la rue après la faillite de l'éditeur, jusqu'à ce que le bon samaritain THQ le prenne sous son aile. Juiced a ainsi accusé un retard de plus d'un an. Entre temps, il faut reconnaître que le jeu s'est plutôt bonifié, pour un résultat qui se révèle somme toute plaisant.

On prend (presque) les mêmes et on recommence


Sur le fond, Juiced ne se différencie nullement de ses plus ou moins glorieux aînés : le but ici est bien évidemment de prendre le contrôle d'un jeune street racer aux dents longues, et de le mener au sommet de la gloire. Pour cela, il faudra remporter un grand nombre de courses, les victoires se traduisant par un gain d'argent et de respect. Si les espèces sonnantes et trébuchantes vous serviront à acheter, customiser et réparer vos bolides, le respect servira lui à participer à des courses plus importantes, voire en organiser.

Cette notion de respect est d'ailleurs suffisamment importante pour qu'on s'y attarde un peu. À Angel City, la ville où se déroule l'action, il existe plusieurs bandes de street racers. Le joueur sera fréquemment en contact avec les leaders de chacune d'entre elles, stéréotypés à n'en plus pouvoir : le chauve "Vindieselesque", le grand black à l'accent traînant, la pouf nipponne... avec qui plus est un doublage français assez ridicule. Chacun sera plus ou moins impressionné par vos actions : ainsi, certains apprécieront votre voiture, quand d'autres admireront votre conduite ou la grosse quantité d'argent que vous mettez sur la table au moment des paris. Des paris ? Oui, avant de débuter la course, il est possible de parier que vous arriverez à battre tel ou tel concurrent. Ainsi, il n'est pas forcément nécessaire de terminer la course en tête pour récolter des sioux.

Cela dit, ce système de respect marche dans les deux sens, et si vous conduisez comme un bourrin en vous appuyant sur les voitures des concurrents pour prendre vos virages, vos adversaires vous regarderont d'un sale oeil, et vote jauge de respect diminuera en conséquence. Une fois que vous serez suffisamment respecté par telle ou telle bande, vous pourrez organiser des courses spéciales (en contactant les leaders via votre téléphone portable, dont vous choisissez la marque et le modèle en début de partie... oui, ça va très loin), comme par exemple des courses où l'on ne mise plus de l'argent, mais carrément sa voiture. Enfin, au fil du temps des street racers gérés par l'ordinateur voudront rejoindre votre bande. Il sera alors possible de les regarder conduire et de leur donner des conseils en direct, un peu comme le mode B-Spec de Gran Turismo 4. Ce mode se révèle d'ailleurs aussi inintéressant que celui du titre de Polyphony Digital.

Une expression du bon goût


Bien évidemment, le tuning sera également au centre de vos préoccupations. Premier bon point, contrairement à Need for Speed Underground 2, le tuning visuel ne sera pas un passage obligé, et les réfractaires aux néons et autres autocollants pourront se contenter de conserver l'apparence d'origine de leur charrette. Pour ce qui est de la préparation mécanique, on ne trouve que du très classique : suspensions, freins, transmission, turbo, ou autres bonbonnes de nitro, le tout disponible en plusieurs évolutions. Bien sûr, comme la possibilité de vendre un rein n'est pas implémentée, il faudra cravacher et gagner des courses pour pouvoir vous payer toutes ces belles choses indispensables à la progression.

Du côté de la conduite, on a affaire à un mélange arcade/réalisme plutôt plaisant : si l'on sent bien la différence entre une traction et une propulsion, il sera pratiquement impossible de bloquer les roues ou de partir en tête-à-queue suite à un freinage un peu trop brutal. La voiture reste dans l'ensemble plutôt collée à la route, mais une fois appréhendée, cette maniabilité se révèle plutôt agréable. Malheureusement, l'IA pas vraiment glorieuse empêche de rendre les courses passionnantes.

Techniquement, là aussi le titre affiche un résultat plus que satisfaisant : les voitures sont vraiment belles, et les déformations sont plutôt réussies (rayures, carrosserie enfoncée, pare-chocs qui pendent...). Au niveau des environnements, c'est bien sans plus : des immeubles, des immeubles et des immeubles, mais des effets de flou et de lumières viennent un peu égayer le tout. Le plus gros point noir provient sans aucun doute des tracés des circuits, qui sont d'une banalité affligeante et totalement dépourvus de la moindre fantaisie : on en vient presque à regretter le tracé quasi-unique du premier NFSU. La bande-son ne casse pas non plus des briques, et si les bruitages sont corrects, les musiques ne resteront vraiment pas dans les mémoires, sans parler des voix ridicules citées plus haut.

Sans s'imposer comme la nouvelle référence du genre, Juiced réussit son pari de proposer un jeu de courses tuning sans grande prétention, plaisant à jouer, et proposant quelques petites nouveautés qui le font sortir du lot. Bien sûr, le résultat est tout de même loin d'être parfait, la faute principalement à des tracés sans génie et à une IA bas de gamme. Mais la maniabilité simple et efficace, la réalisation globale et la durée de vie du titre devraient contenter les amateurs. En attendant NFS Most Wanted, bien sûr.
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