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Guacamelee!

Lloyd_ par Lloyd_,  email
 
S'inscrivant dans la grande tradition des Metroidvania en 2D, Guacamelee! fait dans le folklore mexicain et dans le référentiel à outrance, pour nous servir un voyage mêlant phases de plateformes inter-dimensionnelles, baston à la sauce Luchador et exploration d'un monde aux graphismes stylisés. Dit comme ça, ça fait envie, mais l'ancienne exclusivité de Sony créée par Drinkbox Studiostient-elle pour autant toutes ses promesses ?

Dans la vie, il y'a des cactus


Vous incarnez Juan, un jeune luchador serviable et plein d'entrain. Ca tombe bien, puisque dès les premières minutes de l'aventure, le religieux du village viendra vous demander de péter quelques tonneaux de vinasse empilés dans son église, afin de préparer la célébration du traditionnel jour des morts. Toute cette agitation n'empêchera toutefois pas la très séduisante fille d'El Presidente de venir faire du gringue à ce cher Juan. Amis depuis l'enfance, y'a un truc entre ces deux-là, ça se voit. C'est cool et ça craint à la fois, parce que bon, les jolies filles amoureuses des personnages principaux, on sait généralement comment ça finit et Guacamelee! n'échappe pas au bon vieux cliché de la belle captive.

C'est en poursuivant Calaca et ses potes que Juan rencontrera un terrain favorable au décès prématuré. Tombé dans les abîmes, il fera la rencontre d'une mystérieuse femme masquée qui l'incitera à porter un masque de luchador, censé éveiller le potentiel caché du muchacho. Voilà alors le joueur transformé en un genre de super-héros, signe annonciateur que les festivités peuvent enfin commencer. Dans l'ensemble, l'histoire de Guacamelee! ne casse pas trois palmes à un ornithorynque, mais ça fait le job. En même temps, vous me direz que le scénar' est secondaire dans ce genre de jeu et je ne pourrai qu'acquiescer.

Samus avec des cojones


Désormais aussi puissant que le Mambo n°5 de Lou Bega, notre jeune coq part taper du squelette à sombrero. Les premiers enchaînements s'effectuent très aisément avec la pression d'une seule touche. En bon catcheur mexicain, Juan pourra chopper ses assaillants et les envoyer n'importe où dans le décor, y compris sur d'autres tas d'os ennemis. Les prises sont un élément central du système de combat de Guacamelee!, puisque celles-ci vous permettront de faciliter les gros combos. Et qui dit gros combos, dit plus de pesos à la fin de la mêlée. Tant qu'on est dans les finances, parlons un peu des boutiques : présentées comme des autels ornés d'un crâne ma foi fort commerçant, elles vous permettront d'acheter de nouveaux coups, de nouvelles prises ou encore des extensions pour votre barre de vie ou d'endurance.

Cette dernière offre d'ailleurs une transition toute trouvée pour parler de l'aspect exploration du jeu, puisque c'est l'endurance de Juan qui sera consommé lors des coups spéciaux permettant d'ouvrir de nouvelles portions de la map, à la manière des missiles ou des super-bombes de Metroïd. Ces différents mouvements seront planqués dans des statues de Chozo gardées par un homme-chèvre. Ça ne s'invente pas. Plus que de simples "clés", les techniques apprises dans les statues élargiront dans le même temps la panoplie de combos de Juan et les combats en deviendront alors sensiblement plus techniques. Ces coups spéciaux pourront aussi servir lors de phases de plates-formes très ingénieuses.

En effet, certains endroits haut perchés ne pourront par exemple être atteints que grâce au simili shoryûken du héros ou encore, l'indécrottable wall-jump qui vous fera faire autant de droite/gauche du regard que lors d'un match de Roland Garros. Tout ça se mêle à une mécanique de gameplay bien connue des joueurs d'Ikaruga, puisque deux mondes se superposent dans l'univers de Guacamelee! : le monde des vivants et celui des morts. Au départ imposées par des téléporteurs, puis switchables à envi, les deux dimensions apportent la touche finale à un un système de jeu qui ne manquait déjà pas de piquant. La petite pointe de Tabasco sur cette fajita bien garnie, c'est la possibilité à tout moment d'être rejoint par un deuxième joueur qui prendra alors le contrôle de la nana masquée dont je vous parlais un peu plus haut.

Bas les masques


D'un point de vue graphique, les gars de chez Drinkbox ont opté pour quelque chose d'assez épuré mais qui brille de mille feux : palette de couleurs qui donne envie de se cuiter à la Tequila, univers mystico-mexicain qui envoûterait un chihuahua et une bande-son qui décrasse les oreilles bien comme il faut (testé et approuvé sur une durée de six mois)... Ouais ouais, ça le fait bien, même si le character-design un peu carricatural ne plaira pas forcément au plus grand nombre.

Un truc qui mettra tout le monde d'accord par contre, ce sont les différents easter eggs disséminés un peu partout dans le monde. Le Blue-bomber formé par les briques d'un mur, une affiche avec un luchador portant le masque Majora, quelques références à des mèmes connus du net... Trouver toutes ces petites références cachées fait partie intégrante du plaisir de jeu et témoigne du respect des développeurs envers tous les titres mythiques dont ils se sont inspirés.

Mais dites-moi, c'est qu'il semble pas loin de la perfection le bougre ? Effectivement, on ne peut pas dire que le jeu souffre d'énormes défauts et les reproches qu'on pourra lui adresser tiennent plus du chipotage qu'autre chose. Comme la durée de vie faiblarde, même pour ceux qui souhaiteraient torcher le jeu de fond en comble. Comptez 7h pour voir les crédits finaux et une petite heure de plus pour le contenu annexe. Une fois le premier run terminé, un mode hard sera débloqué afin de tester vos conaissances en matière de lutte mexicaine. La présence de la co-op en local peut à la limite être une bonne occasion de relancer le jeu, mais cela ne compense pas l'absence de new game + ou de véritable nouveau contenu end-game.

Dans la section des reproches de vieux con aigri, on pourra aussi citer quelques arrières-plans un peu vides malgré une direction artistique toujours au top. Mais bon, issu du même moule que tous ces jeux dont on ne voudrait qu'ils ne s'arrêtent jamais, Guacamelee! mérite largement sa place au soleil et n'a pas à rougir face aux grandes productions indé de ces dernières années. Du caviar je vous dis.

Testé à partir d'une version commerciale PS3 achetée par nos soins.
Fort d'un gameplay bien huilé, d'une technique chaleureuse et d'un plaisir de jeu indéniable, Guacamelee! a su s'inspirer des plus grands afin de transposer des mécaniques reconnues dans un univers trop peu exploité dans le jeu vidéo. Là-dessus, je ne peux vous conseiller qu'une chose : que ce soit sur PS3/PSVita en cross-buy ou sur Steam avec la Gold Edition (qui ajoute quelques costumes et arènes) , foncez tête baissée sur cette petite pépite du genre plates-formes/aventure.
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