Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
 
TEST

GIGA WRECKER ALT., le Freak qu'est chiche

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Rising Star Games Game Freak
Supports : Xbox One / PS4 / Switch
Et si on parlait un peu de l'arnaque Game Freak ? Non, franchement, j'ai toujours trouvé le <insérez-le entre des guillemets bien appuyés> légendaire studio à l'origine des RPGs qui ont bercé l'enfance de toute une génération <fermez les guillemets> beaucoup trop surcoté. Il n'y a qu'à voir le peu d'innovation apporté à cette série depuis le tout premier épisode pour s'en convaincre. Les designers se contentent de bourrer les dernières bêbêtes de The Pokémon Company dans une cartouche en recyclant des mécaniques de jeu (ou carrément un jeu entier, coucou Pokémon Let's Go). Et je ne vous parle même pas de l'enrobage technique de plus en plus douteux de leurs titres.
Alors forcément, lorsqu'on les retrouve à la réalisation d'IPs originales, ça donne des jeux qui finissent rapidement dans les bacs à soldes : Rhythm Hunter: HarmoKnight, Tembo: The Badass Elephant, etc. Et parce qu'il faut bien bouffer, entre deux commandes pour leur vache à lait, les Tokyoïtes tentent de nous reservir leur dernière production réchauffée pour l'occasion sur consoles : GIGA WRECKER ALT. En curieux optimiste que je suis, j'avais l'espoir d'y trouver un truc vaguement intéressant, c'est raté. GIGA WRECKER (tout court) est sorti sur PC il y a 2 ans. Dans un futur proche, une armée de robot à envahit la Terre et asservi les humains. La jeune Reika Rekkeiji croupissait dans une geôle jusqu'à ce qu'une étrange fille aux cheveux blancs n'apparaisse de nulle part. Le twist à la japonaise c'est qu'elle n'était pas là pour délivrer notre héroïne mais plutôt pour l'assassiner, prétextant agir pour le bien de l'humanité. Quelques rebondissements plus tard, Reika échappe à la mort et se retrouve affublée d'un bras mécanique, l'ARME, ayant le pouvoir de détruire et remodeler la matière à volonté.

Comme son nom l'indique, on y joue donc les démolisseurs dans chacune des quatre zones qui composent le complexe robotique. Presque chaque salle comprend des structures et assemblages de matière brute à détruire. Une pression sur la gâchette droite de la manette permet d'attirer comme un aimant les débris au bras de la demoiselle. On peut ensuite se servir de cet amas pour taper des ennemis, créer des cubes ou utiliser les pouvoir de transmutation octroyés par l'ARME. En effet, au fur et à mesure de sa progression Reika va voir son bras mis à jour à l'aide de puces électroniques qui lui confèreront le pouvoir de remodeler ces ressources en sabre (pour par exemple trancher des blocs en deux), en lance qui viendra se planter dans les blocs ou en foreuse. A partir de là, GIGA WRECKER prend la forme d'un puzzle-platformer basé sur la physique, vous savez le genre qui aimerait bien qu'on l'appelle metroidvania, mais qui n'en a pas la carrure. L'idée de base n'était déjà pas bien originale mais la réalisation n'est pas non plus des plus glorieuses.

Y'a une couille dans l'portage

La construction des niveaux tout d'abord est assez insipide. Plus on avance et plus le jeu nous demande de débloquer des serrures pour ouvrir l'accès à d'autres sections du complexe. Le plus souvent, ladite serrure est un ordinateur qui se trouve de l’autre côté d'une situation de puzzle. Il faut mettre à profit les pouvoirs précédemment acquis (ou jouer avec la physique presque toujours cassée) pour traverser une pièce remplie de pièges mortels. Et c'est à peu près tout ce que le jeu nous propose, un enchaînement de casse-têtes entrecoupés de séquences avec quelques ennemis. Mais n'y cherchez pas non plus un jeu d'action, non, Les ennemis font partie intégrante des énigmes. Insensibles aux attaques de base, ils ne résisteront pas à la puissance de l'ARME. Plus ils sont gros et plus il faudra collecter de matière autour de son bras pour s'en débarrasser. Leurs cadavres servent ensuite de ressource supplémentaire pour résoudre les problèmes et ainsi de suite. Les affrontements ressemblent donc eux-aussi à des puzzles qui demandent d'accumuler assez de matière pour venir à bout du ou des forces en présence.

Non seulement on fait très vite le tour de tout ce que le jeu a à offrir : des situations qui se répètent sans cesse, une poignée de boss sans grand intérêt et autant de types d'ennemis, mais on remarque très vite qu'en fait, les développeurs eux-mêmes n'avaient pas foi en leur projet bancal. Ils ont par exemple truffé le jeu de totems de téléportation, se rendant compte qu'il était pénible de refaire les mêmes puzzles à l'envers pour revenir en arrière. GIGA WRECKER c'est aussi l'une des cartes les plus inutiles jamais croisées dans un metroidvania. Pas intuitive pour un sou et surtout représentative de la pauvreté du level-design ambiant. On passera aussi sur l'arbre de compétences complètement raté dont 90% des embranchements consistent à débloquer des cœurs de vie supplémentaires... Il n'y a pas grand-chose à sauver dans le dernier Game Freak. Si sa direction artistique industrialo-futuriste fouillée n'est pas de mauvais goût, elle a le chic pour rendre chaque tableau bordélique, le jeu positionnant les caméras beaucoup trop loin du personnage principal, ce qui est un véritable problème sur le petit écran de la Switch.



Mais là où cette version ALT. nous a franchement mis en colère, c'est dans son portage Switch justement au rabais qui a oublié de passer par la case assurance qualité avant la sortie. Le frameskip et un input lag prononcé handicapent ce jeu de plateforme qui s'essouffle dès les premières minutes, que l'on soit sur le dock ou en mobilité. Des soucis techniques qui induisent le joueur en erreur et empêchent d'effectuer des sauts précis, un comble pour le genre. Du coup on meurt en boucle pendant de longues minutes en pestant sur le titre avant d'arriver par chance à s'extirper de tel ou tel passage. Ce faisant on subit des chargements interminables et des phases de dialogues que l'on se retape jusqu'à l'écœurement, le jeu ne prenant pas la peine de sauvegarder automatiquement après les cinématiques. La fourberie des japonais ne s'arrête pas là puisqu'ils proposent des totems sensés nous donner des indices sur la manière de résoudre les énigmes (tu parles Charles, dans les faits c'est tout l'inverse !) et un mode hardcore dans cette mouture 2019 du jeu. Au cas où l'on ait envie d'être encore plus punis par le jeu...
Encore une création Game Freak qui ne restera pas dans les annales. Entre ses mécaniques datées, la pauvreté du contenu et un portage Switch à la limite de l'insupportable, GIGA WRECKER ALT. ne mérite absolument pas vos deniers.

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews