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Gemini Rue

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
Comme le jeu sur PC en général, le jeu d'aventure est un genre qui n'en finit pas de mourir. C'est donc avec grand plaisir que nous accueillons Gemini Rue, son dernier représentant en date, œuvre d'un seul homme (ou presque) qui a gagné l'an dernier un prix à l'Independant Game Festival.

Gemini Rue est un point & click à l'ancienne. Et par à l'ancienne, il faut comprendre qu'on ne parle pas d'un titre en 3D à la Telltale ou en 2D fine et colorée comme les jeux de Pendulo : non, ici, on parle de résolution en 320*200 et 256 couleurs, comme à la grande époque des jeux LucasArts ou Sierra dans les années 90.

L'histoire de Gemini Rue prend place au début du XXIIIe siècle, et vous proposera d'incarner deux personnages : l'un, Azriel Odin, est un ancien assassin reconverti dans la police à la recherche de son frère. L'autre, Delta-Six, est un pauvre bougre qui vient de voir sa mémoire effacée par les savants fous du centre de réhabilitation dans lequel il se trouve. On incarnera alternativement ces deux personnages qui n'ont au début a priori aucun rapport entre eux mais dont les deux histoires finiront bien évidemment par se recouper au fur et à mesure que vous progresserez dans l'aventure.



La progression en elle-même est des plus classiques : vous parcourez les décors à la recherche d'objets à ramasser ou utiliser (et parfois il faudra vraiment vous crever les yeux pour les repérer), et vous discutez avec des gens au travers de dialogues parfois à choix multiples mais qui généralement s'enchainent sans trop vous demander votre avis. Ceux-ci sont globalement bien écrits et servent une histoire qui est le véritable point fort du jeu, tant celle-ci est prenante et justifie à elle seule qu'on s'essaye au titre. On saluera d'ailleurs le fait que tous les dialogues soient doublés, ce qui est franchement surprenant de la part d'un "petit" jeu comme celui-là. La qualité du jeu des acteurs est assez variable et certains manquent d'un peu de conviction, mais il ne faut pas non plus trop en demander.

Le jeu contient finalement assez peu d'énigmes, et celles-ci sont très loin d'être insurmontables mais demeurent toujours logiques - ceci expliquant peut-être cela. L'une des toutes premières, visible dans la démo, peut même être résolue de plusieurs manières, mais il me semble bien que c'est la seule. Le jeu vous proposera de vous servir de votre téléphone à tout faire et de terminaux pour progresser, avec par exemple la nécessité d'utiliser un moteur de recherche pour trouver un lieu. Plutôt malin.



Pour pimenter un peu tout ça, le jeu propose quelques phases de gunfight : durant celles-ci, vous opposant généralement à un ou deux ennemis, vous êtes à couvert et devez sortir pour arroser vos adversaires, ou prendre votre respiration pour placer un headshot bien senti, plus économe en balles et plus efficace puisqu'il tue en un coup, mais au risque que le type d'en face sorte de sa planque pour vous tirer dessus. Il y a même une gestion des munitions (vous pourrez trouver quelques chargeurs supplémentaires en fouillant un peu). Bien sûr si vous vous prenez trop de balles vous mourez et le jeu vous renvoie à la dernière sauvegarde automatique, qui intervient toujours peu de temps avant ces fusillades. C'est plutôt original pour un point & click et finalement pas désagréable.

On l'a dit, la réalisation se veut franchement old school et de ce point de vue, c'est réussi : on se croirait revenu presque vingt ans en arrière. Les sprites des personnages ne sont pas très grands ni détaillés et leur animation est assez hachée. En revanche, les décors sont bien plus travaillés et fourmillent de petites animations : pluie, eau qui ruisselle dans le caniveau, aéronefs dans le ciel... L'ambiance futuriste qui rappelle tant Blade Runner que Beneath a Steel Sky est franchement réussie, et appuyée par des musiques bien choisies, dont certaines évoquent d'ailleurs fortement la bande-son du film de Ridley Scott. Malheureusement, les décors sont finalement très peu nombreux, et alors qu'on pouvait espérer (en regardant la carte disponible sur les terminaux) prendre part à une aventure d'envergure nous emmenant aux quatre coins de la galaxie, on se retrouve finalement à traverser quelques lieux assez étriqués. Pire, ceux-ci ont même tendance parfois à se recycler d'un écran à l'autre : on sent bien là le manque de moyens du petit développeurs indé qui crée son jeu dans la cave de ses parents. Néanmoins, ces défauts ne parviennent pas à nuire au potentiel de sympathie de Gemini Rue, qui par son scénario accrochera forcément durant une grosse poignée d'heures les amateurs d'univers futuristes dystopiques.

Gemini Rue est un bon point & click à l'ancienne, qui fleure bon les années 90 par sa réalisation et son gameplay, même si celui-ci s'autorise quelques petites nouveautés avec l'inclusion de gunfights. Il est porté par son ambiance de film noir et son excellent scénario, qui se dévoilera peu à peu de bien belle manière. Malheureusement, le jeu est également très court et très facile, et un sentiment de confinement s'en dégage de par le faible nombre de lieux visités. Une valeur sûre néanmoins pour les amateurs de jeux d'aventures.

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