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Gang Land

Sidoine par Sidoine,  email  @sidoinedw
Il fut un temps en Amérique où l’on trouva judicieux d’importer des Italiens selon le postulat que tant qu’à payer ses esclaves, autant qu’ils soient blancs. Dans leurs bagages, les immigrés aux mœurs rudes apportèrent la Mafia, pour la plus grande joie des réalisateurs de cinéma et, c’est de moins en moins rare, des producteurs de jeux vidéo. Dans Gang Land vous allez donc vous retrouver dans la peau d’un mafiosi à la gâchettes facile et ivre de vengeance : Mario, tout juste débarqué de sa Sicile natale pour liquider ses trois frères pour une raison plutôt mystérieuse.

Welcome to the dawn of a new world


Gang Land est un jeu à mi-chemin entre les jeux de stratégie en temps réel et Dungeon Siege. Si je veux jouer au vieux de la vieille, je pourrais dire qu’il rappelle Syndicate, un excellent jeu de Bullfrog qui nous mettait à la tête d’une petite équipe de cyborgs chargés de remplir des missions pour son syndicat avide de conquérir le monde. Du jeu en stratégie en temps réel, on retrouve les bâtiments à contrôler, les ressources à récolter et les unités à acheter. De Dungeon Siege et Syndicate, on retrouve la gestion d’un petit groupe de combattants aux compétences variées qu’on ballade sur une carte pour tirer sur tout ce qui bouge.



Tout cela n’est peut être pas très clair, reprenons donc au début, avec la campagne solo qui nous met dans la peau du fameux Mario et qui nous permet de découvrir peu à peu les fonctions du jeu avant de nous lancer dans le multijoueur. Chaque scénario est découpé en une série de missions avec une sauvegarde automatique (pour peu que la dernière mise à jour soit installée) entre chacune d’elle. Au tout début on ne contrôle que Mario et un gros-bras, c’est-à-dire une unité de corps à corps. On n’est pas un parrain de la mafia mais on ne fait qu’obéir aux ordres de l’oncle Vicenzo. Première étape : contrôler ou racketter des bâtiments. Pour cela on rentre dans l’armurerie la plus proche et on menace le patron. Après avoir dégommé les quelques portes-flingues payés pour surveiller le magasin, celui-ci accepte de nous filer une partie de ses revenus et de sa production (munitions, trousses de soin, bâtons de dynamite et produits chimiques). On peut également choisir de prendre le contrôle du magasin en le rachetant contre une bouchée de pain, ce qui nous permet d’acheter des armes et qui nous assure un meilleur revenu que le racket. Dans un cas ou dans l’autre, un petit gars avec une grosse valise se met à faire la navette entre notre coffre et la boutique. Deuxième étape : le bar. En prendre le contrôle nous permet de recruter parmi la population interlope qui y traîne, dans la limite du nombre d’unités que nous permet notre charisme – huit au maximum (sans compter les unités spéciales). Troisième étape : heu… Je ne sais plus. Bref, plus tard on aura l’occasion de contrôler des véhicules, puis de devenir notre propre patron. Quand on est le patron, on peut s’asseoir à son bureau, au fond de son fauteuil confortable, tel un prince, et répondre aux coups de fil. Certains nous fournissent des informations intéressantes, d’autres nous proposent des transactions, par exemple pour écouler les marchandises acquises par le racket (alcool dans les distilleries, photos compromettantes dans les hôtels de passe,…), ou pour recruter des hommes de main, ou pour acheter des voitures volées, etc. Enfin, on peut nous proposer des missions aléatoires, consistant essentiellement à dessouder de pauvres innocents. Quelque fois des gens viennent en personne nous demander des services, en échange de quoi, on les intègre dans notre équipe.



Quand on est riche et bien installé, on peut songer à prendre une femme. Moyennant un petit cadeau, elle accepte d’être emmenée à l’église et pourra rapidement nous donner une ribambelle de gamins. Lesquels ne tarderont pas à grandir pour devenir nos lieutenants. Les lieutenants peuvent répondre au téléphone à notre place, payer la police ou aller racketter les commerces. Bon, je ne vais pas recopier tout le manuel, tout ça c’était histoire de mettre en avant le fait que la partie gestion du jeu est très développée. En fait rien ne manque, et vous allez bientôt vous retrouver à la tête d’un petit empire fait de casinos, d’arrières salles douteuses et de bars miteux.



Le moment est alors venu de rassembler vos hommes et d’aller à l’assaut des planques adverses. Les combats sont assez simples : on s’accroupit derrière des caisses et des poubelles, et on canarde l’adversaire, pendant que nos gros-bras vont jouer de la batte de base-ball et que les entraîneuses arrosent les goujats avec leur spray paralysant. Les balles fusent en tous sens, la dynamite explose, les civils affolés s’enfuient en courant ou tombent morts. La police, que la corruption rend d’habitude complètement passive (on peut se balader avec la mitraillette à la main sans problème), décide parfois de s’en mêler pour son plus grand malheur. Petite variation sur ce thème : vous prenez un camion ou un véhicule militaire et vous écrasez les malheureux piétons. Finalement, les adversaires sont à terre et vous courez directement vers le boss ennemi pour l’envoyer en enfer méditer sur ses crimes.



Le multijoueur est du même acabit, il n’y a rien donc de particulier à dire à son propos. L’interface avec Gamespy est intégrée au jeu et on trouve assez rapidement une partie qui démarre.



Ma Fiat Panda


Je suis là pour rédiger une critique alors allons-y. D’abord il faut dire que le jeu est incroyablement complet, à peu près tout ce qui se rapporte à la mafia se retrouve dans le jeu et ça mérite d’être noté. Du coup on est vraiment plongé dedans et les graphismes variés et détaillés sont la cerise sur le gâteau. Le problème c’est que les phases du jeu sont excessivement séparées, on se retrouve à toujours suivre le même plan : racket, femme, racket, recrutement, attaque. En solo, les conventions sont bien entendu plus ou moins bouleversées par le scénario mais ce qui est dommage, c’est qu’on est incité à aller directement tirer sur le chef adverse en ignorant ses hommes de main. De plus, l’ordinateur ne met pas suffisamment ses personnages à l’abri des véhicules : il est souvent plus simple de les écraser que se fatiguer à leur tirer dessus - en fait, certains scénarios nous obligent à utiliser cette tactique. Ceci dit, il s’agit de problèmes mineurs qui ne gâchent pas trop le plaisir. Ce qui m’a plus agacé c’est l’impossibilité de sauvegarder en cours de partie. C’était même carrément rageant avant la sortie de la mise à jour parce qu’il n’y avait même pas le système de sauvegarde automatique, ce qui obligeait à recommencer à zéro des parties qui pouvaient bien durer une demi-heure (à mon avis on ne devrait jamais avoir à revenir plus de dix minutes en arrière dans un jeu vidéo).



Il y a quelques bonnes idées que je n’avais vues nulle part ailleurs et qui méritent d’être notées. Par exemple, les munitions sont en nombre limité, on dépend de l’approvisionnement automatique auprès des armureries, ce qui oblige à un minimum de discernement. Malheureusement je trouve que dans certains scénarios on en manque cruellement alors que dans ceux où on peut prendre le contrôle d’une armurerie, on en a rapidement plus que nécessaire. Pourtant, curieusement, malgré tous ces points positifs, je n’ai pas véritablement accroché, il manque un petit quelque chose pour rendre les combats plus amusants. Peut-être les choses vont-elles trop vite ce qui oblige à utiliser des tactiques plutôt brouillonnes sans vraiment bénéficier de toute la variété qu’offrent les nombreuses unités. Ceci dit j’ai la même impression avec la plupart des jeux de stratégie en temps réel, c’est peut-être que je suis nul, tout simplement. À la décharge de Gang Land, notons qu'on peut figer le jeu pour donner des ordres mais je trouve que l'interface n'est alors pas très claire (il aurait été bien que les ordres soient matéralisés à l'écran par des flèches par exemple), ça sent l'option rajoutée au dernier moment (ce qui est bien le cas).

Un jeu original et bien réalisé, plein de bonnes idées et qui exploite à fond le sujet. Peut-être bien que je n’ordonnerai pas que ses développeurs soient coulés dans du béton pour avoir osé caricaturer la Cosa Nostra

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