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Endless Space

nitoo par nitoo,  email  @nitwoo  
À mi-chemin entre gestion, stratégie et comptabilité spatiale, le 4X fait actuellement son retour en force. Endless Space, le petit dernier du genre développé par les français d'Amplitude Studios, fait d'ores et déjà office de poids lourd dans sa catégorie. Explications.

MASSIVELY CO-OP DEV


Développant le jeu suivant un modèle participatif appelé games2gether, les petits gars d’Amplitudes Studios (comprenant dans leurs rangs, notamment, des anciens d’Ubi Soft) ont mis au point un système intégrant les joueurs au processus créatif. Que ce soit au niveau artistique ou du game design, ceux-ci ont en effet pu contribuer directement via des votes. L’idée est excellente et plutôt unique, et non seulement l’intention de départ est louable, mais dans la pratique le tout s’est déroulé comme promis. On salue l’initiative et on espère que l’idée perdurera bien au-delà de la sortie du jeu et donnera, pourquoi pas, des idées similaires à d’autres développeurs soucieux et respectueux de leur communauté.



Tout ceci, me direz-vous, n’est pas obligatoirement un gage de qualité. La tâche étant d’autant plus ardue pour un 4X (eXploration, eXpansion, eXploitation et eXtermination), avec d’un côté les puristes et de l’autre ceux qui, comme moi, ont toujours eu la lubie de s’investir dans ces jeux, mais qui sont vite rebutés par la complexité et la lourdeur de la présentation inhérente au genre. Mais ça, c'était avant.



L'ESPACE, L'ULTIME FRONTIÈRE


Comme dans tout bon 4X, on commence par choisir une faction parmi les huits que propose le jeu. Outre les différences cosmétiques, elles disposent de "traits" ou attributs de départ différents. [link=http://www.hotflick.net/flicks/2007_Delta_Farce/007DFA_Keith_David_002.jpg]Les Pilgrims[/link] par exemple, une faction humaine dissidente des United Empire (l'autre faction humaine, les enfoirés de capitalistes) seront orientés exploration et diplomatie. A l'opposé de ces hippies de l'espace, on trouvera les Cravers, ces dévoreurs de mondes qui seront plus à l'aise dans la suprématie militaire. Les alignements des factions vont de "bon" à "malveillant", en passant par "neutre" et sont comme les traits une invitation à un certain style de développement parmi d'autres. D'autant que le jeu propose un petit éditeur, permettant de personaliser ou de réaliser simplement sa faction idéale en réorganisant entièrement les attributs.

Cela permet aussi de poser le background et d'introduire un peu de lore dans le jeu, malheureusement bien trop chiche et discret. Mis à part quelques petits textes descriptifs et une vidéo d'introduction (fort sympathiques d'ailleurs) pour chaque faction en début de partie, cela reste relativement sec et d'autant plus dommage que l'univers proposé est plutôt attirant et immersif. Tant pis, on prend donc une grande inspiration et on lance la partie.



UI DESIGN 101


Premier constat : c'est beau. On dispose d'une interface autrement plus bandante que tout ce qui nous a été donné de voir dans le genre. Les débuts de partie dans un 4X étant toujours un peu tendus (surtout pour les neuneus comme moi), c'est un véritable bol d'air frais que d'avoir des menus aussi bien pensés et limpides. On se plait déjà à déambuler dans les menus, vidés de toute l'esbrouffe visuelle habituelle pour avoir ici un rendu épuré et minimaliste. C'est donc le sourire aux lèvres et avec un petit soulagement qu'on entreprend sa première partie. Concrètement, on se trouve sur une vue de la galaxie (que l'on aura paramétrée au préalable via la taille, l'âge et la densité d'étoiles) face à notre système solaire de départ. En haut à gauche de l'écran on dispose des boutons correspondant aux différents ministères du jeu (diplomatie, militaire, recherche, etc) et au menu des options, ainsi qu'un bouton pour revenir sur la carte à tout moment. Tous les menus reposent sur un principe très simple mais diablement efficace de clique gauche pour valider ou effectuer une action et de clique droit pour annuler ou revenir en arrière. Le reste de l'interface se compose d'un gros bouton pour passer le tour en bas à droite, avec les dernières actions notables juste au dessus.



Même constat sur les autres vues du jeu. Sur celle du système solaire, on a une superbe représentation des planètes en 3D avec le récapitulatif du type des planètes, de la population et de l'état de la production. En parlant de production, on est donc invité par le jeu et son tutoriel (qui aurait gagné à être un peu plus fourni) à lancer une exploitation de type agricole, industrielle, économique ou scientifique. Au départ, il est toujours conseillé de générer un maximum d'agriculture (que l'on pourra changer par la suite ou améliorer via la science) pour développer rapidement sa population et coloniser les systèmes environnants. Pour se faire, on dispose d'un vaisseau colonisateur que l'on envoit sur un système non exploré (moyennant des points de mouvements que l'on pourra biensur augmenter par la suite) et on pose ses valises sur une planète habitable. Il faut gérer le niveau de satisfaction de sa population, avec divers paramètres rentrant en ligne de compte comme le choix de la faction, le type de planète (modifiable via la terraformation) et leur éventuelle anomalie ainsi que le niveau de taxe sur la brume, la monnaie du jeu. Bref, jusque-là rien de vraiment nouveau mais c'est sans compter les petites innovations et subtilités offertes par le titre.



EFFET CASIMIR APPLIQUÉ


Le jeu propose un système vraiment sympa de personnalisation des vaisseaux, via des templates que l'on "rempli" avec différents modules, répartis en trois catégories : offensive, défensive et soutien. Même si ce tunning des vaisseaux reste relativement limité, la feature est vraiment agréable et permet de varier davantage les parties et les styles de jeu, surtout en combinaison avec les arborescences technologiques. Ces recherches scientifiques se distinguent en quatre catégories représentant grosso modo chacun des grands axes du jeu, que ce soit l'exploration, la guerre galactique ou encore l'économie et la diplomatie. L'arbre des recherches est particulièrement touffu et propose à ce titre une fonction de recherche pour le moins bienvenue.



Comme souvent dans un 4X, on tâtonne au début avec une somme d'informations assez conséquente à emmagasiner. Mais grâce notamment au travail remarquable sur l'interface, il n'a jamais été aussi jouissif d'apprendre les mécanismes et autres subtilités du jeu. Surtout que l'IA se veut tout sauf décourageante et même si elle propose du challenge en se montrant parfois très aggressive, elle joue aussi beaucoup sur la diplomatie, très importante également. Par défaut, on se trouve en situation de guerre froide et toute échauffourée ne déclenchera pas de guerre. Mais vous pourrez, moyennant la recherche adéquate, lancer les hostilités envers une faction adverse ou bien a contrario lui proposer une alliance. Dans ce cas, vous aurez tout le loisir d'ouvrir des routes commerciales et de faire divers échanges de brume, d'artefacts et autres matières premières. Et c'est là où le bât blesse.



ALORS, C'EST QUI L'PATRON ?


Car si tout le côté gestion est une réussite indéniable, les combats sont quant à eux décevants. Partants d'une idée de base pourtant alléchante, à savoir un système de cartes d'actions à choisir pour les différentes phases du combat (un peu comme un deck dans Magic), ceux-ci s'avèrent au final plutôt insipides. On assiste à une joute spatiale certes très jolie avec sa DA des vaisseaux très réussie et ses décors cosmiques chamarrés, mais on finit très vite par passer les combats en mode auto, le jeu se chargeant de les effectuer pour nous en nous indiquant simplement le résultat. Le tout manque furieusement de dynamisme, sans être non plus un casseur de jeu tant le reste est bien fait. Mais ceux qui recherchent une stratégie dans les combats au même titre qu'un Sins Of A Solar Empire seront forcéments déçus. Également au chapitre des doléances, on pourra mentionner la gestion des flottes et de l'interface en général, qui gagnerait par endroits à être un chouïa plus claire. Cela aura pour effet direct de poser un peu plus d'interrogations au joueur novice, même si celles-ci seront vite levées.



Le tableau ne serait pas complet sans parler des héros, aux rôles et capacités variés vous permettant de parfaire et de booster votre économie ou votre force militaire. De leur utilisation découlera ainsi des avantages non négligeables, surtout en multijoueur, jouable jusqu'à huit. Le multijoueur (à part quelques petits bugs pas bien méchants) rend lui le jeu encore plus dangereux pour votre vie sociale, les tours s'enchaînant inlassablement pendant de très longues parties (comptez au minimum deux heures pour une partie "sérieuse"). Il permet ainsi de découvrir à quel point vos copains de la team factor peuvent êtres fourbes et traitres. "T'inquiètes, ça se paiera" comme on dit.

On espère d'ailleurs que l'espionnage, promis par les développeurs d'Amplitude Studios, arrivera bien assez tôt tant il est porteur de coups de putes et autres atteintes aux mamans, donnant ces moments mémorables entres potes. La musique est quant à elle à la hauteur du reste, simplement sublime dont certains morceaux sont passés en boucle pendant plusieurs jours chez moi. On a là un véritable petit bijou du 4X qui tout en gardant ses racines bien ancrées de jeu de gestion à la fois complexe et terriblement chronophage, s'incrit dans un écrin résolument moderne, à la présentation irréprochable et à l'efficacité redoutable. Un tour de force et une leçon pour les futurs jeux du genre qui auront fort à faire pour ne plus se trimballer un physique de tableau excel des enfers.

Au cas où ce ne serait toujours pas clair : foncez. Vous êtes des gros énervés du genre ? Achetez. Vous êtes plutôt novices et les 4X vous ont toujours fait un peu peur ? Achetez. Surtout vous. Oui, car la plus grande réussite de ce Endless Space réside bien dans le fait d'avoir permis aux plus réfractaires au genre d'y trouver enfin leur compte tant le travail sur la forme est exemplaire, et ce sans jamais dénaturer le fond. C'est une bien belle leçon et il serait dommage de s'en priver, surtout au petit prix auquel le jeu est proposé.

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