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Dark Souls : Prepare to Die Edition

Valanthyr par Valanthyr,  email
Sorti il y a près d'un an sur consoles, Dark Souls a été encensé par la presse et accueilli si favorablement par les joueurs qu'une pétition implorant les développeurs de réaliser un portage PC a rapidement vu le jour. Agréablement surpris par ce vibrant plébiscite, les Japonais de From Software ont décidé de relever le défi.

On en a gros


Inutile de ménager le suspense plus longtemps : le portage en question est, techniquement parlant, une énorme déception. En plus du framerate bloqué à 30 FPS, de la faible résolution des textures et de l'absence de paramétrages graphiques avancés, le HUD a des proportions pachydermiques et les contrôles clavier/souris sont tellement approximatifs qu'on préférera jouer au pad. Pour couronner le tout, le jeu nécessite le honni Games For Windows Live. On peut en revanche se réjouir de la primeur du contenu additionnel, qui sera publié en fin d'année sous forme de DLC sur les autres supports.


Première mort sûre


La nouvelle partie commence très classiquement par la création du personnage, dont on choisit le genre et l'allure générale. On peut sélectionner un visage parmi les canons des différents peuples de Lordran, ou partir de l'un d'eux et décider de personnaliser très finement chaque paramètre. On choisit ensuite une classe parmi les dix archétypes prédéfinis et l'aventure peut commencer.

Après avoir suivi des instructions laconiques vous enseignant les rudiments du maniement de votre avatar, vous vous débarrassez assez aisément de quelques revenants maladroits et vous vous retrouvez brutalement face à votre premier challenge : un énorme amas informe de chair, armé d'une masse démesurée et visiblement prêt à en découdre. Ce premier contact s'annonce très percutant et vous allez vraisemblablement honorer sans plus tarder votre premier rendez-vous avez la mort.


La mort dans l'âme


Parlons-en de la mort, et notamment de ses conséquences. L'évolution du personnage est assurée par deux grandeurs : les âmes et l'humanité. On récupère les âmes en tuant des ennemis ou en fouillant des cadavres disséminés ça et là, et elles occupent la double fonction de points d'expérience et de monnaie d'échange avec les PNJ marchands et les forgerons. Quant à l'humanité, il s'agit d'une ressource infiniment précieuse qui permet entre autres d'améliorer l'efficacité au combat, d'augmenter la probabilité de trouver de l'équipement sur nos victimes, ou encore d'accéder aux modes multi-joueurs.

Lorsqu'on meurt, on perd âmes et humanité et on réapparaît au dernier feu de camp visité. Il est cependant possible d'aller récupérer tout cela sur les lieux du drame, mais les ennemis sont revenus et un second échec sera cette fois sanctionné par une perte définitive de ces gains patiemment accumulés. On apprend donc à alterner adroitement les différentes approches : prudente exploration, apprentissage méthodique des tactiques de combat des ennemis de la zone et enfin leveling, histoire de limiter l'impact de la perte des ressources avant d'aller se frotter au boss.


Combats à mort


Les combats requièrent observation et patience plus que simple persévérance, même s'il vous en faudra pour parvenir à triompher de certaines situations particulièrement délicates. Si vous observez bien les différentes attaques de votre opposant, vous allez pouvoir apprendre lesquelles il faut éviter, lesquelles vous pouvez parer, celles que vous allez pouvoir exploiter pour tenter une riposte foudroyante. Même lorsque l'ennemi n'attaque pas, à sa façon de défendre ou de se déplacer on croit souvent pouvoir décider que c'est le moment de tenter un coup de pied pour lui faire baisser sa garde ou d'anticiper un débordement latéral.

La finesse des combats est d'ailleurs sans conteste l'une des pièces maîtresses de Dark Souls. Chaque classe d'arme a un maniement propre, induisant des tactiques de combat spécifiques. Chaque arme peut d'ailleurs être utilisée en position de combat à une ou deux mains, et un système de parade active particulièrement punitif en cas d'échec permet d'enchaîner avec un coup d'une rare violence en cas de succès. Une riche panoplie de sorts qui se décline suivant les miracles (magie blanche), la pyromancie (magie du feu) et les sortilèges (magie des âmes) vient compléter le tableau.

En complément, les développeurs nippons ont intégré un système d'artisanat basé sur l'évolution des armes et armures trouvées dans le jeu, nécessitant de collecter des composants rares. Là encore, personne ne vous prendra par la main et c'est à vous de faire l'effort de tester certaines améliorations, une fois que vous aurez bien compris le fonctionnement et l'évolution des armes. Négligez le soutien des forgerons et vos armes deviendront vite obsolètes, rallongeant la durée des combats et augmentant d'autant la probabilité de connaître une triste fin.


La mort, sa vie, son œuvre


Dark Souls propose une expérience narrative très différente de ce que l'on rencontre habituellement dans les RPG. Les dialogues des PNJ sont courts et énigmatiques et les rares séquences animées sont généralement muettes. La quête principale ne prend corps qu'après de très longues heures passées à errer dans des zones variées aux décors somptueux, et reste nimbée d'une vaste aura de mystère.

Le level design, tutoyant parfois la perfection, surprend et désoriente. On s'émerveillera devant des architectures majestueuses, souvent labyrinthiques, arborant cet aspect de croissance organique qui les rend si réalistes. Au fur et à mesure qu'on progresse dans Lordran, la trame d'un subtil treillis de raccourcis se dessine, reliant entre elles des zones en apparence isolées pour finalement ne former qu'une seule et unique entité. Les lieux extérieurs offrent parfois de saisissants panoramas sur d'autres zones du jeu, favorisant la reconstitution mentale de cet assemblage magistral.

Côté direction artistique, l'utilisation fréquente de clairs-obscurs parfaitement maîtrisés renforce la dualité entre un monde sombre et l'essence divine qui le visite occasionnellement. Les cieux, toujours lourdement chargés et souvent baignés de rais de lumière éblouissants, forment un contraste saisissant avec de vastes arrière-plans réalisés en aplat. L'ensemble contribue à renforcer ce sentiment d'opposition entre des forces titanesques et invite à s'interroger : quel rôle sera le mien dans cet affrontement disproportionné ?


Fosse commune


Toutefois, se sentir écrasé en permanence par le sentiment d'affronter des forces qui nous dépassent peut mener assez rapidement à la frustration. Fort heureusement, lorsque le désespoir guette ou que l'enjeu est trop important, on peut décider d'invoquer l'un des PNJ combattants de la zone pour nous prêter main forte sous forme fantomatique. Mais dans Dark Souls rien n'est jamais simple et le salut s'accompagne, comme toujours, d'une solide dose de risque.

Il faut passer sous forme humaine pour pouvoir invoquer, ce qui a pour effet de rendre votre partie publique. Hormis les PNJ, on peut tenter de faire appel à un autre joueur qui viendra combattre sous forme d'ombre et gagnera de l'humanité et des âmes si notre entreprise commune est couronnée de succès. Mais on peut aussi avoir la désagréable surprise de voir notre partie envahie par des joueurs hostiles, venus dans le but de se mesurer à nous sous la forme d'un duel impromptu. Les interactions entre joueurs se limitent à des emotes, ce qui renforce le sentiment d'isolement omniprésent dans Lordran.


Espérance de vie


Il faudra compter au bas mot une bonne cinquantaine d'heures pour terminer votre premier run. À l'issue du combat final, le jeu vous proposera de revivre l'aventure dans un mode de difficulté encore plus relevé. On prendra ainsi plaisir à prolonger notre séjour dans Lordran et à continuer d'améliorer l'équipement de notre personnage, notamment avec certains objets qui n'existent que dans ce mode. Si cette perspective ne vous sied pas, rejouer avec une autre classe vous permettra de vivre une expérience radicalement différente.


Jeu testé à partir d'une clé Steam fournie par l'éditeur
Le pari était audacieux, alors que la tendance est à l'accompagnement du joueur et aux successions de niveaux-couloirs scénarisés, de bâtir un monde ouvert à l'architecture inextricable, dans lequel on ignore où on doit aller, ce qu'on fait là et où chaque combat peut se solder par une mort qui fera souvent naître impuissance et frustration. On fera bien de pardonner à From Software ce portage passablement médiocre, tant le climat à la fois onirique, épique et délétère de l'exigeant Dark Souls le hisse magistralement dans le panthéon des grands RPG sortis sur PC.

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