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TEST

Battlefield 4

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Battlefield 4 est sorti depuis un mois et demi. Ca a laissé suffisamment de temps aux joueurs pour tester le bébé et à DICE pour essayer de réparer les dégâts. Il aurait fallu un miracle pour que BF 4 sorte sans bug. Le temps de dev était bien trop court, c'était une nouvelle version du moteur, le beta test était trop courte, le jeu sortait sur deux nouvelles plateformes...
Le miracle n'a pas eu lieu. Non seulement BF 4 était criblé de bugs à sa sortie mais en plus le jeu crashait lamentablement et régulièrement y compris sur les versions console ce qui est assez rare. C'est d'autant moins excusable que DICE a perdu un temps fou à faire des choses pas forcément indispensables comme faire mumuse avec Mantle, développer une campagne solo sans intérêt et créer deux packs de DLC (China Rising et Second Assault) alors que le jeu n'était même pas fini. La version PC est désormais stable même si quelques gros bugs subsistent. On va donc pouvoir parler du cœur du problème : le jeu en lui-même.

Premièrement le Battlelog est toujours très mal conçu. Prenons l'interface web pour commencer. Vous allez progressivement mettre différents serveurs dans vos favoris. Sur la page des favoris, j'aime les classer par ping. Déjà il n'y aucune fonction pour rafraîchir automatiquement. Il n'y a pas non plus de bouton reload. Donc on reclique sur "Favoris" et on perd au passage le classement par ping. Une fois qu'on a rejoint un serveur, il faut se farcir les temps de chargement. Ils ont triplé en longueur depuis Battlefield 3 sans grande raison vu que les cartes sont aussi grandes. Non seulement les temps de chargement sont longs mais en plus on ne peut rien faire pendant que le jeu charge. On ne peut pas quitter (autrement qu'avec alt-F4), on ne peut pas discuter, on ne peut pas changer son équipement et il n'y a pas de barre de chargement pour indiquer où on en est.

Guns, all I really want is guns


Entre deux rounds, on ne peut pas changer son loadout pour s'équiper avec ce qu'on a gagné le round précédent ou ouvrir un battlepack, des petits cadeaux distribués de temps à autres comprenant divers armes et accessoires. On ne peut pas non plus changer de serveur sans quitter le jeu. Du coup si on rejoint un autre serveur sur lequel tourne la même carte qu'on vient de quitter, il faut la recharger. Battlefield 4 réintroduit le mode commandeur. Si on rejoint un serveur un mode commandeur, on ne peut pas abandonner son poste pour redevenir un joueur classique même s'il y a des slots libres. Il faut quitter le jeu à nouveau, revenir dans le même serveur et recharger la carte. En effet, même si en mode commandeur on joue sur une carte 2D, le jeu charge l'intégralité de la carte 3D juste pour montrer la vue de l'escouade qu'on sélectionne.

Le mode commandeur est donc de retour mais ne sert pas à grand chose. On se contente d'envoyer quelques drones et quelques missiles, de filer de l'équipement à son équipe et de donner des ordres que personne n'écoute. On peut ordonner à un AC-130 de pilonner la zone mais on ne peut pas le contrôler... DICE a pris la bonne décision en ne vendant plus de cheat codes payants permettant de tout débloquer en lâchant un peu de fric. Ca ne veut pas dire pour autant que le systeme d'unlock est bien conçu. Les accessoires (poignées, optiques, visées laser...) sont globalement les mêmes pour tous les flingues. Pourtant il faut les redébloquer pour chaque pétoire en tuant des gens avec. Le problème est qu'une fois qu'on a amélioré un des flingues à fond, il devient bien meilleur que les autres flingues nus de sa catégorie. Du coup on n'a pas trop envie de changer de pétoire car on perd à mort en stats.

And in the morning it's guns


Un des changements radicaux est le nombre de points attribués quand on ressuscite quelqu'un. Dans BF 3, un petit coup de défibrillateur octroyait 100 points. C'est passé à 10. Pour en gagner plus, il faut charger plus longtemps les défibrillateurs ce qui signifie être sans défense au milieu du champ de bataille. La conséquence est qu'il n'y a plus grand monde pour faire le boulot et pourtant c'est essentiel car un soldat à terre qui est ressuscité ne compte pas comme un ticket perdu. Un autre changement radical est la quasi-absence des dégâts de zone pour les armes explosives et spécialement les obus de tanks. Pour se débarrasser d'un ingénieur et de son lance-roquette, un pilote de tank a plus vite fait de passer au poste de mitrailleur ou d'avoir un copain à ce poste pour faire le boulot. Dans un sens, cela favorise le jeu en équipe mais c'est assez absurde à voir en pratique. Il faut que l'obus frappe directement le joueur ennemi pour être sur de l'abattre.

Au niveau contenu, le jeu est assez pauvre. Avec seulement 10 cartes de base, on en fait rapidement le tour d'autant plus que certaines ont une structure bien trop similaire à savoir Siege Of Shanghai et Dawnbreaker ou encore Hainan Resort et Lancang Dam. Ce ne sont pas des mauvaises cartes mais avoir des doubles sur seulement dix cartes fait un peu tache. Avec Operation Locker, DICE a voulu faire une nouvelle Operation Metro à savoir une carte dédiée à l'infanterie dans un environnement restreint, une prison dans le cas de Locker. Le problème est que Locker est bien trop fermée. À 64 dans des couloirs aussi étroits, c'est une vraie boucherie. On se cale dans un coin, on arrose de grenades, on serre les fesses et on prie. Les pauvres qui essayent de contourner par le sentier de montagne se feront accueillir par une volée de campeurs.

Cause it's evening it's guns


Pourtant il y a quelques bijoux de level design. Dawnbreaker par exemple propose du combat urbain à grande échelle qui fait honneur au système pierre-feuille-ciseaux du jeu avec les snipers qui se postent sur le toit des buildings et qui se font descendre par les hélicos avant de se faire abattre par l'antiaérien. En plus il y a des grandes avenues permettant aux tanks de s'exprimer et quelques bâtiments offrant des combats d'infanterie de haute volée. Zavod 311 se situe dans une usine de chars soviétiques et comporte deux bâtiments principaux avec des échelles pour monter sur les toits. Il y a aussi une voix ferrée désaffectée avec des wagons, des bois, une tour, des bunkers, un petit village... tout ce qu'il faut pour que tout le monde s'amuse. Les snipers font rarement long feu car ils ne peuvent pas se positionner assez haut ou assez loin, les véhicules doivent faire gaffe aux ingénieurs planqués dans les bois et tout ce petit monde se retrouve autour, dans et sur l'usine pour une baston générale.

Paracel Storm est ma préférée. Tout commence au paradis : des petites îles tropicales, un temps radieux, des bâtiments fortifiés... Mais rapidement ça tourne au cauchemar : des speed boats font le tour des îles en mitraillant tout ce qui bouge, les hélicos et les avions s'en donnent à cœur joie tandis que les soldats à pied canardent les malheureux qui essayent de traverser à la nage. Puis une sirène retentit et soudainement une tempête s'abat sur la carte. La mer est démontée, le ciel devient noir et le vent souffle fort. Si les joueurs font ce qu'il faut, un immense destroyer vient s'échouer sur une des plages et offre un promontoire parfait pour les snipers et les mitrailleurs.

I think that they look so cute


Comme vous l'aviez compris, dans Battlefield 4, les cartes évoluent. C'est le principe de levolution. Mis à part sur Paracel Storm, le résultat est loin d’être convaincant. Voir un le gratte-ciel de Siege of Shangai s'écrouler est super cool. Le seul soucis est qu'après la carte perd nettement de son intérêt. Dans Flood Zone, on détruit un barrage pour inonder les rues. Mais de toute façon, les combats se passent toujours sur les toits, inondations ou pas. Les malheureux qui arpentent les rues sèches se font canarder comme des lapins. Dans Golmud Railway, alias le paradis des tanks, un des drapeau est sur un train fortifié qui bouge à deux à l'heure. C'est amusant mais pas vraiment bluffant. Par contre la destruction est de retour. On n'est pas encore revenu au niveau du premier Bad Company mais il y a moyen de s'amuser. On rase des villages entiers dans Golmud Railway ou Zavod 311 par exemple. Petite déception : si vous faites effondrer un bâtiment et que ses occupants meurent sous les débris, vous ne gagnez pas de point.

Faut il prendre le pass premium ? La réponse est évidemment non. Pour un jeu multi comme BF 4, le DLC devrait être gratuit afin de prolonger l’intérêt du jeu dans la durée et d'inciter les gens à acheter le jeu de base afin de faire grossir la communauté. C'est comme cela que faisaient Epic et Valve. J'ajouterais qu'un jeu comme BF4 devrait supporter les mods afin d'encourager les talents créatifs des fans. Au lieu de cela, DICE et EA essayent de grappiller des sous tout en fragmentant une communauté déjà divisée entre Bad Company 2, Battlefield 3 et Battlefield 4. Bref, gardez plutôt vos thunes pour acheter un autre jeu. Mais en définitive le principal soucis de Battlefield 4 n'est ni son manque de contenu ni ses problèmes de lancement mais plutôt le fait que ce soit un Battlefield 3 avec une couche de peinture alors que ce denier n'était pas déjà pas très innovant. Les cartes restent limitées à 64 joueurs ce qui n'a pas bougé depuis Battlefield 1942, le premier opus de la série. L'absence de meta-jeu est sacrément triste. On se connecte à un serveur, on tue plein de monde, on quitte et basta. On aurait rêvé d'un mode façon Galactic War où les trois factions du jeu s'affrontent dans un univers persistant pour prendre le contrôle d'un territoire.

And it's chill to hear them shoot


Le plus frustrant est que Battlefield 4 a les fondations pour être un grand jeu. Les grands moments Nutella, on en rencontre cinq par partie. On réapparaît au sommet d'un gratte ciel avant de se jeter dans le vide pour faire du base jump afin d’atterrir derrière les lignes ennemies. On défie la mort en courant vers un blindé ennemi pour coller du C4 dessus avant de le faire péter. On respawne directement au poste de mitrailleur d'un hélico qui fait des rondes autour d'un drapeau pendant qu'on dégomme les mecs à pied à la Gatling. On fait la mise au zéro de son calibre .50 pour faire des tirs à la tête à une distance absurde. On anticipe la courbure de la trajectoire de ses balles pour aligner le type d'en face même sans lunette de visée. On se glisse sournoisement derrière un campeur pour le poignarder et voler ses plaques. Bien entendu, le moteur graphique est en béton armé et le sound design est toujours aussi dingue.
Battlefield 4 remplit son devoir d'addon maquillé en suite en proposant des nouvelles cartes bien fun et des explosions dans tous les sens. Malheureusement le jeu est sorti blindé de bugs, le contenu est à la ramasse, le Battlelog est une catastrophe et l'ensemble manque sérieusement d'ambition. Malgré tout, on est sacrément curieux de voir ce que DICE va faire avec Star Wars Battlefront.
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