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Anarcute

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Développeur / Editeur : Anarteam
En cette période tourmentée de notre histoire, faite de guerres, d’attentats et de ploutocratie vigoureuse qui ressemble de plus en plus à une partie de Civilization qui serait partie en vrille, nous serions avisés de nous préparer au pire. Mais ressortir vos meilleurs RPG post-apo pourrait ne pas suffir : pour en arriver au post-apo, il faut passer par l’apocalypse. Et qui dit apocalypse dit émeutes. C’est là qu’intervient Anarcute, petit simulateur d’émeutes urbaines qui va vous apprendre en douceur à battre le pavé avec son habillage de jeu d’arcade kawaï.
Dans un monde ressemblant vaguement au nôtre, un dictateur militaire et ses sbires robotiques tentent de s’accaparer le pouvoir en réduisant les libertés des citoyens animaux, quitte à les enfermer dans des cages et à placer des quartiers entiers en coupe réglée. Heureusement, vous, foule informe à taille variable, êtes prêt à en découdre, c’est-à-dire à recruter de nouveaux émeutiers et saccager le mobilier urbain pour en faire autant de projectiles à lancer sur les forces de l’ordre.

Disons-le d’emblée : Anarcute est vraiment très kawaï. Tout y est flashy et mignon. Dans des décors en 3D vue du dessus, vous dirigez un groupe de petits animaux choupis, au son d’une BO qui l’est tout autant. Quatre villes et autant d’ambiances sont au programme : Tokyo, Paris, Miami et Reykjavik. Dans chacune d’entre elles, une succession d’une petite dizaine de petits niveaux fermés. La plupart d’entre eux consistent à remplir une série d’objectifs (détruire des antennes, capturer des drapeaux), parfois agrémentés de boss ou de puzzles voire même les deux en même temps, la difficulté résidant dans le choix de l’approche. En bourrinant, on gagne du temps mais on perd des camarades et on risque le game over, tandis qu’une stratégie plus subtile sera parfois plus délicate à mettre en œuvre mais assurera un succès plus éclatant. En effet, on est dans un jeu d’arcade, et l’objectif n’est donc pas seulement de finir le niveau, mais de le faire avec le rang le plus élevé possible. Par exemple en ne perdant aucun émeutier en cours de route, en bouclant l’affaire rapidement, etc.

Les ennemis sont très variés, les lister exhaustivement serait même un peu trop long. Tous sont agressifs à divers degrés, mais ce sont surtout leurs équipements et leurs patterns qui changent : untel viendra au corps à corps, tel autre tirera des lasers, Pour venir à bout de tout ça, notre foule dispose de coups basiques (dash, attaque au corps à corps, lancer de mobilier urbain, lancer d’objets spéciaux), mais également de coups spéciaux qui sont à débloquer entre chaque mission dans un magasin. Une fois achetée, l’amélioration vient s’ajouter à la barre de foule, une jauge qui représente la taille de notre émeute (et fait donc office de barre de vie) et qui indique également quelles actions on peut entreprendre. A partir de tant d’émeutiers, je gagne le droit de renverser des bâtiments (et donc de tuer des ennemis sans m’en approcher), à partir de tant ça sera l’onde de choc enflammée, etc.

Et c’est là qu’on prend conscience à la fois de l’intérêt et des limites d’Anarcute. D’un côté, le jeu offre une grande variété, permet plusieurs tactiques, propose des pouvoirs réjouissants et une vraie sensation de foule en délire surpuissante. De l’autre, on se heurte à des pics de difficulté qui ne sont pas toujours voulus et maîtrisés par les développeurs, mais plutôt liés à l’incompatibilité entre la précision demandée et la pesanteur des contrôles. Sans doute par souci de réalisme, les déplacements de la foule se font avec une petite inertie par toujours évidente à maîtriser (surtout quand certains niveaux ont la merveilleuse idée de proposer des surfaces gelées). Là-dessus s’ajoutent une caméra pas très souple et un vrai problème dans la sélection des cibles (notamment quand il s’agit d’attaquer en priorité certains ennemis volants). Certains choix de design semblent malheureux, comme le fait que la visée « non automatique » soit liée au stick gauche et qu’on est donc contraint à des manœuvres périlleuses pour des actions que le jeu considère comme basiques (désamorcer une mine, tirer au laser, etc.)  Résultat, on se crispe sur des niveaux en ayant la désagréable sensation que ça n’aurait pas dû être le cas.
Et si on est dans un premier temps tenté de mettre ça sur le bordel ambiant, inhérent au principe même d’une émeute urbaine et donc parfaitement cohérent avec l’idée de base du jeu, d’autres niveaux trahissent l’incompatibilité entre les idées des développeurs et leurs intégrations dans le jeu. En effet, en parallèle de ses niveaux classiques, Anarcute propose de temps à autres des niveaux très différents, parfois en bonus stage d’ailleurs. On trouve par exemple des niveaux d’infiltration où on va diriger un seul animal, l’objectif étant de progresser sans se faire repérer par les ennemis. On se heurte alors à cette même incompatibilité entre la précision requise et ce qu’on est réellement capable de faire dans le jeu. Par exemple changer rapidement l’angle de la caméra pour vérifier la ronde d’un ennemi, lancer un objet sur une mine pour la faire exploser sans se faire repérer, déterminer à quelle distance les gardes nous voient ou pas… Autant d’éléments qui devraient être impeccables mais ne sont pas suffisamment maîtrisés. On se dit alors que les défauts qu’on trouve dans les niveaux plus classiques sont bel et bien des défauts. Dommage.
Etonnamment varié, Anarcute n’en est pour autant pas toujours amusant. Certaines phases de jeux sont même déplaisantes, la faute à des choix de game design pas toujours très heureux. Néanmoins, le comportement réussi de la foule et la large palette de coups spéciaux permettent de se défouler.