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PREVIEW

Wargame : Airland Battle

kimo par kimo,  email
 
C’est grâce à un gameplay exigeant et pointu, fait de positionnement et de pensée stratégique à long terme, dans une période historique très spécifique - la guerre mécanisée de l’après guerre – que le très réussi Wargame : European Escalation avait pu se conquérir un public.

Mais les passionnés de Eugen Systems n’en ont pas fini et remettent le couvert avec Wargame : Airland Battle. Entre la nécessité d’enrichir le jeu de manière crédible et celle d’amener de nouveaux joueurs sans décevoir une communauté de passionnés exigeants, ce nouvel opus porte une lourde responsabilité sur ses épaules. Et nous avons justement eu la chance d’entrevoir le résultat pour une petite preview maison.
Aussi superficiel que cela puisse paraître, il faut bien reconnaître que le premier choc face à Airland Battle est avant tout graphique. Tirant parti de nouveaux paysages à modéliser, Eugen Systems en a profité pour rehausser la qualité visuelle globale. Le terrain de jeu est non seulement plus beau, mais aussi bien plus varié. Fini le patchwork d’aplats verts, de nouvelles textures rendent le tout immédiatement plus lisible et agréable. Les reliefs, bien plus présents, se repèrent au premier coup d’œil, qu'ils soient ou non praticables par les véhicules. Les villes sont désormais plus étendues et peuvent vite devenir vitales pour contrôler une zone avec de l’infanterie. Bref, ça n’a l’air de rien, mais ces améliorations graphiques, en plus d’apporter un plaisir d’immersion supplémentaire, permettent aussi d’optimiser notre capacité à prendre des décisions sur le terrain.

D’autres améliorations - plus esthétiques cette fois - se font dans les détails les plus minimes : les fumées de chaleur se dégagent des hélicoptères, les appareils sont effectivement équipés de leur armement et on peut même voir un missile partir de l’aile de l’avion avant d’atteindre sa cible. On sent que le studio s’est fait plaisir et a voulu satisfaire les puristes, allant jusqu’à proposer le même tank dans ses différentes déclinaisons historiques. Avec le niveau de zoom élevé que le jeu propose et ce petit coup de polish, c’est un plaisir de regarder les affrontements. Pour les plus collectionneurs, un garage est désormais accessible permettant de reluquer tout le barda en mode NFS : Pimp My Tank.

Le gameplay de base n’étant pas difficile à prendre en main, il n’y a visiblement pas d’énormes changements à ce niveau. Si certains ordres jugés inutiles devraient disparaître, d’autres feront également leur apparition, comme la possibilité pour les hélicoptères de se déplacer par saut, restant ainsi à couvert, ou la capacité pour les blindés de fuir en reculant, histoire de ne pas exposer son blindage arrière à l’ennemi. Une autre amélioration chaudement accueillie est la possibilité de faire des formations. Le système fonctionne comme celui d’un Total War et permettra enfin de raffiner un peu le positionnement de nos unités. Enfin, les villes sont désormais découpées par zones dans lesquelles l’infanterie se déplace d’elle-même. Plus souple que quand tous les bâtiments étaient sélectionnables. L’infanterie a d’ailleurs gagné en variété et devrait être bien plus décisive que dans European Escalation. Mais vous pourrez toujours demander à l’artillerie de balancer des lacrymos pour les faire sortir de couvert...

LA grande nouveauté de l’opus, c’est bien sûr l’apparition de la flotte aérienne. Chasseurs et bombardiers pourront donc venir débloquer quelques situations encombrantes. Les avions disposent bien entendu de nombreuses armes : mitrailleuse, napalm capable d’embraser une ville entière, missiles radars ou thermiques et bombes diverses sont au rendez-vous. Du mono-réacteur au lourd bombardier, le nombre d’appareils monte au dessus d’une centaine. Là encore, l’authenticité est le maître-mot et les modèles reposent sur une documentation sérieuse. N’espérez toutefois pas gagner chaque mission en carpet-bombing. Une fois les couloirs aériens sécurisés, et les précieux avions achetés, ceux-ci ne pourront pas faire plus de deux ou trois passages avant de retourner au ravitaillement. S’il ne coûte rien, il rend toutefois l’appareil indisponible pendant un certain temps – un choix justifié par le refus d’ajouter des actions inutiles au joueur. De plus, les avions sont vulnérables et presque aveugles, ils nécessitent donc un support tactique pour repérer les cibles et esquiver la DCA. Il faudra alors soigneusement planifier ses frappes pour espérer conserver la supériorité aérienne. Mais en offrant le ciel aux joueurs, Eugen Systems ouvre de nombreuses et alléchantes possibilités tactiques.

Un petit point sur le multi, la création de deck a été revue pour offrir plus de liberté. S’il faudra juger sur pièce du résultat, on nous a promis un système permettant d’équilibrer les désavantages à se constituer un deck « de cœur » (intégralement français ou bien de pur infanterie). Quoiqu'il en soit, il est difficile de réaliser de quelle façon les changements impacteront sur le multijoueur avant la sortie du jeu complet et le retour de la communauté.

Conscient d’avoir créé un jeu exigeant, mais refusant de le rendre plus accessible au détriment de sa profondeur, Eugen Systems a développé des stratégies pour donner au néophyte l’envie de s’y mettre. D’abord, en proposant un tutoriel plus progressif, permettant de s’habituer aux forces et faiblesses des unités ainsi qu’aux concepts de base (mise à couvert, précision, moral des troupes...). C’est vrai qu’on est vite intimidé face aux fiches statistiques des quelques 750 unités du jeu. L’interface devrait elle-aussi être revue pour proposer au joueur des commandes plus claires et intuitives. Malheureusement elle n’était pas encore mise en place lors de notre passage et il faudra attendre le jeu final pour apprécier le travail fourni.

L’autre idée d’Eugen Systems pour attirer le chaland est d’offrir une campagne solo digne de ce nom. Et là, ça se révèle très ambitieux. Finie la liste de missions tristounettes et linéaires, bienvenue campagne dynamique. Celle-ci prend place dans une uchronie où le pacte de Varsovie tente de prendre possession des ports scandinaves pour contrôler l’Europe du nord. Vous pourrez donc choisir votre camp et diriger la campagne comme une partie de Risk. A vous de déployer vos unités au tour par tour, avant d’assumer vos choix et de vous plonger dans les affrontements tactiques. Temps de mobilisation et de déploiement des troupes seront pris en compte pour générer les situations au début des batailles, et on nous promet une IA capable de tirer partie d’une bien meilleure position. Ce n’est pas tout puisque fatigue, soutiens politiques et autres évènements aléatoires seront autant d’éléments avec lesquels jongler pour vaincre l’ennemi. Et encore, inutile de penser tout conquérir, il s’agit ici de se trouver dans la situation la plus favorable avant les négociations de paix, intervenant 30 jours après le début de la campagne. Le réalisme est donc encore de la partie, Eugen Systems prend l’histoire très au sérieux et a même été jusqu’à réfléchir aux troupes qui auraient réellement été mobilisées si la situation s’était présentée.

Plus beau, plus riche, doté d’un projet de solo ambitieux et prenant, on voit mal ce qui pourrait empêcher Wargame : Airland Battle de trouver son public. Sauf catastrophe massive, les amateurs du premier volet retrouveront l’exigence tactique et historique propre au studio, les autres pourront se laisser tenter par un solo immersif à la rejouabilité énorme. On attend donc la mouture complète avec impatience, prévue pour avril 2013.
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