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PREVIEW

Condemned

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
 
Chez Sega France, quand on invite la presse à tester l'un des gros titres à venir sur Xbox 360, on ne fait clairement pas dans la démesure : pas d'hôtel de luxe, pas de buffets garnis de mets raffinés, pas d'hôtesses à moitié nues prenant des poses lascives. Rien de tout ça, mais simplement un accueil directement dans les locaux de la boîte, et une salle de réunion "aménagée" pour l'occasion : lumière tamisée, écran géant et son 5.1 qui crache tout ce qu'il peut. Et il fallait bien ça pour se mettre dans l'ambiance de Condemned : Criminal Origins, "l'autre" jeu de chez Monolith, resté jusqu'à maintenant dans l'ombre de F.E.A.R..
Dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre...

Condemned : Criminal Origins, c'est avant tout une ambiance, posée dès le générique, qui pourrait être celle d'un film de David Fincher (avant qu'il ne sache plus faire que des navets). Quelques instants plus tard, nous voilà dans le jeu, et là, c'est la grosse baffe : la réalisation est tout simplement bluffante. Les décors sont extrêmement travaillés, tout comme la modélisation des personnages, leur animation, ou encore les différents effets de lumière. On est directement plongé dans cette atmosphère glauque et malsaine, très sombre, à tel point que Silent Hill fait doucement rigoler en comparaison.

Le jeu nous place donc dans la peau d'un flic, chargé d'enquêter sur une série de meurtres. La première phase de gameplay consistera à inspecter les lieux du crime, et à relever différents indices : cause de la mort de la victime, empreintes digitales du meurtrier... Le tout se fait au moyen de différents équipements (lampe à UV, appareil photo, etc...) qu'il faudra utiliser au bon endroit et de la bonne manière avant de pouvoir transférer les pièces à conviction à ses supérieurs via un téléphone portable. Ces différents équipements ne sont pas utilisables à n'importe quel moment : lors de certains passages, le jeu vous indiquera simplement qu'il y a des indices à relever aux alentours.

Une fois cette rapide investigation effectuée, vous vous rendez compte que le meutrier est encore dans les parages. Au terme d'une brève cinématique réalisée avec le moteur du jeu, le héros dégaine son flingue, et se lance alors à sa poursuite dans l'immeuble désaffecté où prend place l'action de ce premier niveau. Cependant, sans trop vouloir gâcher le plaisir de la découverte, notre sympathique agent des forces de l'ordre se retrouve rapidement dépourvu de son arme, et il lui faudra alors faire avec les moyens du bord pour dégommer la racaille qui tentera de lui barrer le chemin : tuyaux divers et variés, planche cloutée, hache, barre à mine, le choix est vaste, et chaque arme de fortune dispose de ses propres caractéristiques : portée, puissance, vitesse et capacité à parer les coups. Les combats au corps à corps, qui constituent l'essentiel des affrontements, se font au moyen de la gâchette de droite pour cogner, de la gâchette de gauche pour parer, et du stick de droite pour balancer un bon coup de tatane. Ces combats sont par moment assez difficiles, et on se retrouve submergés avec simplement trois adversaires en même temps. Ou alors je suis vraiment mauvais, ce qui est une possibilité tout à fait envisageable.

Sans être vraiment des lumières, les adversaires réussissent à donner du fil à retordre, grâce à une bonne combinaison d'actions scriptées et d'IA : ils se jettent sur ce qu'ils trouvent de plus contondant à vous encastrer dans le crâne, vous contournent, se cachent, se replient, se foutent sur la gueule entre eux (bien pratique) bref, 'y a bon. Bien sûr, il y a encore quelques petits ratés : à un moment, complètement submergé par quatre (!) adversaires, je me suis réfugié sur un escalier et j'ai profité d'une faiblesse de l'IA, incapable de gravir les marches, pour les dégommer plus ou moins à distance. Mais dans l'ensemble rien à redire. Les combats sont vraiment violents, très sanglants, et si vous ne tuez pas directement votre adversaire, celui-ci tombera à genoux : libre à vous alors de lui éclater la tête sur le sol, de lui briser la nuque ou de lui coller un bon pain pour le finir. Cruel, mais jouissif. Certains ennemis étant armés un peu plus lourdement (fusil, flingue...), on se retrouve un peu con quand on arrive vers eux avec un simple bout de tuyau. Libre à vous alors d'attendre bien sagement qu'ils soient obligés de recharger leur pétoire pour vous jeter sur eux; ou de leur mettre un coup de tazer pour les paralyser un instant et les désarmer. De plus, la barre de vie ayant tendance à baisser très rapidement, préparez-vous à mourir souvent. Très souvent. Heureusement, les checkpoints étant suffisamment nombreux et plutôt bien placés (pour ce que j'en ai vu), on n'a pas à se recogner un trop long passage plusieurs fois.


Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?

Je vous l'ai déjà dit : Condemned : Criminal Origins est beau. Très beau même. Le level design, s'il est dans l'ensemble très linéaire (tout comme le déroulement global du jeu), est très bien pensé. Les textures sont d'une rare finesse, et les effets de lumières dynamiques et de physique font qu'on s'y croit, tout simplement. Qu'il s'agisse de bureaux délabrés, d'immeubles squattés ou de stations de métro fermées (les quelques niveaux que j'ai eu le temps d'explorer), le tout est vraiment criant d'un réalisme des plus morbides. La bande-son n'est pas en reste, notamment au niveau des bruitages ou des voix des divers protagonistes (mention spéciale au vocabulaire fleuri des adversaires, qui vous accueilleront à coups de "shit", "fuck" et autres "son of a bitch").

Le jeu avait beau être une version pas encore débuguée, il tournait en revanche remarquablement bien : aucun ralentissement notable, relativement peu de bugs et un seul plantage. Les craintes exprimées il y a quelques mois par les développeurs eux-mêmes quant au fait que la Xbox 360 soit capable d'afficher une telle débauche visuelle avec un framerate convenable semblent s'être envolées.

Condemned : Criminal Origins, resté plutôt discret jusqu'à maintenant, m'a donc fait une très bonne impression. La réalisation d'orfèvre servant une ambiance en tous points excellente, et un gameplay plutôt original en font clairement un titre majeur du lancement de la Xbox 360. Car d'après Monsieur Sega France en personne, le jeu atterrira bien dans les bacs en même temps que la console, soit le 2 décembre prochain. En revanche, petite déception pour nos amis PCistes, puisqu'aucune version PC de la bête ne semble être à l'ordre du jour pour le moment.
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