Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
ARTICLE

[Unplugged] El Grande

javierulf par javierulf,  email  @javierulf
 
J'ai acheté El Grande 50€ en occaz. Je l’ai fait car sur tous les forums de Navarre, les joueurs louent à quel point c'est une référence de l’un de nos hobby préféré. C'est un jeu dont la réputation n'est plus à faire et qui n'est plus édité à l'heure où j'écris ces lignes. Ai-je bien fait de mettre cet argent dans un jeu qui pourrait paraître dépassé plutôt que dans un billet A/R pour aller chez mes parents ? 

Alors oui, El Grande a 19 ans, mais ses mécaniques sont tellement attrayantes qu’il est encore d’actualité. Il a remporté le Spiel des Jahres 1996, une année seulement après le mondialement connu Catan. Pourtant le titre de Wolfgang Kramer n’a pas rencontré le même succès commercial. 
El Grande, c'est un jeu de contrôle de territoire qui se déroule en 9 manches, et 3 décomptes, invitant jusqu'à 5 El Grande à s'insulter autour d'une table. Un jeu qui trônerait dans le top 3 de la catégorie "jeu de putes" de n’importe qui... Comme son nom le laisse entendre, le jeu se passe en Espagne, une Espagne découpée en 9 régions. Chaque joueur dispose d'une cour de valeureux caballeros, des petits cubes en bois, qui seront vos soldats dans le but d’obtenir la majorité dans le plus de territoires possible d’un des pays humilié lors de la dernière coupe du monde.

Cartes et cubes

Chaque joueur dispose de cartes allant de 1 à 13. Chacun son tour révèle l'une de ses 13 cartes. Une carte ne pouvant pas être jouée 2 fois lors d’un même tour, il faudra savoir s’adapter à ce qui aura déjà été joué par ses adversaires. Une fois qu’une carte a été jouée, elle sera défaussée (on commence donc avec 13 cartes et on finira la partie avec 4 en main). Le joueur ayant la carte la plus haute sera le premier joueur, et ainsi de suite de façon décroissante.

En plus du chiffre indiqué sur la carte qui détermine l’ordre du tour, chaque carte indique le nombre de caballeros recrutés. Tous les joueurs commencent la partie avec 10 caballeros, mais il vous sera possible d’en recruter une trentaine en tout afin d’envahir l’Espagne. Pour référence, la carte 1 permet de recruter 6 caballeros, la carte 13, 0. Tout est donc question d’équilibre, savoir quel est le moment le plus propice pour être premier joueur ou non.

L'ordre du tour est important car 5 petits tas de cartes, numérotés de 1 à 5, sont présents à côté du plateau, celles-ci ayant un effet bien particulier. La carte du dessus de chaque tas est retournée et est disponible au début de chaque tour. Chaque joueur devra en sélectionner une. Certaines plus intéressantes que d'autres, elles vous inciteront a bien vous positionner pendant l'ordre du tour. Le numéro de ces cartes d’action, indépendamment de son effet, vous indiquera le nombre de caballeros (de 1 à 5 donc) que vous pourrez déployer sur les régions adjacentes au roi ou dans le Castillo.

C’est le moment d’emmerder ses voisins. « Telle carte permet de bouger 4 caballeros sur le plateau, 2 de ma couleur, 2 de couleur adverse. Parfait pour prendre la majorité dans un territoire qui rapporte. Oui mais il y a aussi cette carte qui permet de faire un décompte spécial donnant la possibilité de compter les points du territoire de la Nouvelle Castille tout de suite maintenant, or j’y suis majoritaire, donc c’est 7 points gratos, oui, mais ça donne aussi 4 points au second… Ptain, en fait je préférerai bouger le roi sur la Nouvelle Castille, pour que personne ne puisse caler de caballeros sur mon territoire, et je suis serein pour le décompte… » Que faire ?! 

Dans El Grande, chaque décision est importante. Il arrivera cependant un moment où vous serez dernier joueur et devrez subir les sévices de vos adversaires qui se feront – je l’espère – un malin plaisir à vous faire souffrir.

Placement Royal

Le cinquième tas de cartes "action" n’en contient en fait qu'une seule : le déplacement du roi. Parfois inintéressante, elle permet par défaut de poser 5 caballeros sur le plateau. Le roi est représenté sur le plateau sous la forme d’un énorme pion. Un joueur peut par exemple s’emparer de la carte « déplacement de roi », poser 5 caballeros sur une région adjacente au roi, puis, avec l’effet de la carte, déplacer le roi dans une zone opposée. De cette manière ce joueur peut prendre possession d’un zone dans laquelle il n’était pas présent et emmerder tout son entourage. Le positionnement du roi est donc l’une des mécaniques centrale du jeu, tout tourne autour de lui.

Un château en Espagne

Dernière subtilité et idée de design extraordinaire, le Castillo. Les joueurs peuvent déposer leurs caballeros dans les régions adjacentes au roi ou dans le Castillo, tour qui trône sur l’ile de Majorque, en 3D donc ! Il faudra mémoriser combien de caballeros sont jetés chaque tour dans le Castillo par vos adversaires (et par vous), car tous les 3 tours, le décompte sera effectué, révélant le nombre de caballeros présents dans ce Castillo. Une fois le décompte du Castillo réalisé (et les premiers points marqués), ses occupants sont ensuite envoyés sur un des autres territoires de la carte. Vous pouvez donc asseoir votre majorité, prendre la majorité sur un territoire et faire chier un pote ou débarquer sur un territoire où vous n’avez rien à faire, mais juste parce que YOLO. Ce choix de réaffectation de caballeros sera fait à l’aide d’un disque de région et vous ferez ce choix en cachette.

Es el momento de descontar

Tous les 3 tours donc, un décompte est réalisé. Une fois l’action du Castillo effectuée, on décompte les majorités sur chaque territoire. X points pour le premier, Y pour le second et Z pour le troisième… Au fur et à mesure du jeu, des tas de cubes de toutes les couleurs s’accumuleront alors petit à petit sur le plateau. Une fois ce dernier tour réalisé, le joueur avec le plus de points à la fin de la partie gagne, logique.
Ce jeu est complet, bourré de subtilités et truffé de coups fourrés. Vous pouvez choisir de jouer pour marquer des points ou pour empêcher vos adversaires de marquer des points. Que ce soit le choix des cartes et de leurs effets retords, de l’obtention de la place désirée dans l’ordre du tour, des interactions avec les autres joueurs, de la mécanique du Castillo, tout est fait pour surprendre vos adversaires… C’est fluide, élégant et bien pensé, un jeu qui ne fait pas son âge ! Je ne regrette pas mes 50 balles.
Rechercher sur Factornews