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Masterclass : Rencontre avec Marcin Iwinski (The Witcher)

javierulf par javierulf,  email  @javierulf
 
Vendredi  12 décembre se tenait à la cité des sciences la dernière Masterclass de la saison 2, organisée par JeuxVideo magazine et Orange. Invité : Marcin Iwinski, fondateur de CD Projekt Red et GOG.com. Comme les évènements précédents, il s'agissait plus d'une très longue interview en public pendant laquelle l'homme est revenu sur son parcours. C’est à lui que nous devons notamment la série The Witcher. Récap.

Ses débuts 

Marcin est Polonais et est issu d’une famille moyenne classe. Son père, producteur TV, a l’occasion de voyager. Il rapportera lors d’un de ses voyages un ordinateur, premier PC de la maison. Marcin faisait alors du game swapping sur les marchés de Varsovie, il aurait notamment acquis une Amiga par ce biais et Total Renegade fut le premier joué swappé sur ces marchés. L’aventure commence réellement au lycée où il rencontre son futur associé, Michal Kicinski, qui lui aussi swap des jeux sur les marchés. Ils ont alors l’idée de lancer leur société d’import. Pour réussir à vendre des jeux et éviter que les versions pirates étrangères innondent le marché, ils se lancent dans le doublage des jeux en polonais. Aucun jeu de l’époque ne propose cette langue. Leur premier jeu édité sera La panthère rose. Ils font appel à des acteurs connus localement et le marché est réceptif. Leur slogan de l’époque « Cheaper than the pirate version », en effet, ils vendent leurs jeux moins de 5€, les versions pirates étrangères sont alors plus chères.
 
Leur véritable coup de maitre sera la traduction de Baldur’s Gate dans leur langue natale, contrat qu’ils ont négocié auprès d’Interplay. Un script de 1500 pages, 40 doubleurs, le travail est titanesque et la sortie de la version polonaise a lieu 5 mois après la VO. Alors qu’ils espéraient vendre 3000 unités pour rentrer dans leurs frais, ils en vendent 18 000 le jour du lancement, les vendeurs se les arrachent littéralement dans le lieu de stockage qu’ils avaient alors loué pour l’occasion. Malgré ce succès, il reste difficile d’avoir une entreprise fonctionnant correctement dans un système qui est en pleine mutation post-communiste, les process sont lourds, les douaniers font de la rétention de produits, ils ne peuvent faire confiance à la poste locale. Tout prend du temps… Ils ont donc dû contourner légalement les barrières pour pouvoir travailler correctement.
 

La série The Witcher

Interplay souhaite que CD Projekt travaille sur le développement de Baldur’s Gate Black Alliance. Ce jeu étant seulement développé sur console et la Pologne étant alors composée de plus de 90% de joueurs PC, les responsables d’Interplay leur proposent de faire le portage. Marcin et ses compères récupèrent alors un devkit PS2, qu’il ramène illégalement en Pologne, et tweakent pour développer leur jeu.

Apres deux semaines de développement, Interplay les contacte, des problèmes de copyright obligent à annuler le développement sur PC. La team, déçue, décide cependant de toujours développer son propre jeu. C’est de cette manière que The Witcher naitra.



Ils n’étaient que 5 dans la société au début de l’aventure The Witcher. 5 ans plus tard, quand le jeu est terminé, ils sont alors plus de 80 à travailler chez CD Projekt. Anecdote marrante, lors de leur premier E3 en solo en 2004 ils louent une pièce dans le Staples Center, ne pouvant s’offrir un stand. Marcin fait alors venir un de ses amis polonais de 2m10 à Los Angeles. Son rôle était d’« escorter » les journalistes jusqu’à leur salle de présentation, surtout les retardataires.
Malgré toutes les récompenses reçues, une mésaventure avec un studio lyonnais (Widescreen Games, aujourd'hui disparu) lors du portage sur console à mis CD Projekt dans une situation délicate. Il semblerait que des milestones importantes n’ont pas été respectées par les français et qu’après plusieurs décalages, CD Projekt a décidé d’annuler un portage qui devenait très onéreux. Les coûts ont été supportés par Atari, éditeur à l’époque, et CD Projekt s’est alors engagé à les rembourser avec The Witcher 2.

Pour ce second opus, ils changent alors de moteur, passant d’Aurora de BioWare, vieillissant au moteur maison : le Red Engine. Ils ont à cœur de développer le storytelling et de faire un jeu qui plaise aux fans hardcore PC et fans des bouquins The Witcher.
Selon ses dires « We wanted to treat mature gamers with respect ». Ils s’inspirent au passage de la culture polonaise, entre les forêts, les villages, la musique, c’est leur manière de donner une identité à leur série. Le jeu rencontre le succès critique et économique qu’on lui connait. Marcin Iwinski aime faire le parallèle avec Games Of Thrones de HBO, arguant que son jeu est dans le gris, ni blanc ni noir, une histoire mature en somme. Selon lui, ce sont les premiers à véritablement offrir ce genre d’expérience vidéo ludique. CD Projekt devient tellement populaire en Pologne que le premier ministre en déplacement aux USA a offert à Obama une version collector de The Witcher 2. Les dev l’avaient alors signée sans conviction croyant à un hoax. C’est quand 2 ans plus tard qu’Obama évoque le jeu lors d’un speech que l’équipe réalise que le président américain a réellement reçu sa version collector. Veinard.

What's next?  

The Witcher 3 arrive dans 6 mois maintenant et offrira une map 35 fois plus grande que celle du second opus. Intégrant des « Previously in the Witcher 3 » à chaque chargement afin d’éviter la frustration qu’il a connu d’être perdu dans Skyrim quand il reprenait son clavier après une pause de 2 semaines. Le jeu intégrera un niveau de difficulté extrême révélé à demi-mot… Un fanboy dans la salle semblait indiquer qu’une seule vie sera disponible et que votre mort resetera la sauvegarde, ce que n’a pas réfuté Iwinski. Joueurs hardcore, attendez-vous à une surprise de ce genre. Soirée speedruns sur Twitch, la rédac ? 

Un prologue de 5h00 permettra aux novices comme aux habitués de la licence de se remettre dans le bain. Iwinski a aussi souhaité s’excuser pour le report du jeu, mais comme expliqué, le studio souhaite délivrer un jeu bug-free, 200 testeurs sont au travail pour dénicher ces bugs… Et si jamais vous n’êtes pas contents, il paraitrait que le modding sera ouvert sur ce jeu.


 
Cyberpunk a été évoqué légèrement, le jeu ne semble pas vraiment avancé, voire pas du tout. Ils travaillent avec l’auteur du jeu de rôle papier Mike Pondsmith en le remettant au goût du jour. Ils déplacent ainsi sa vision de 2020 à 2077, comme l’indique le titre. En tout cas, le fait de changer d’univers est un nouveau défi pour ce studio, habitué au médiéval gothique / fantastique depuis quasiment leurs tous débuts. La réception du trailer a été au-delà de leurs espérances, ils ont souhaité tester l’audience et voir les réactions, espérant 1M de vue en 1 semaine, ils en ont atteint 10M. Ils se savent attendus au tournant.

GOG.com 

Il a également évoquer la création de GOG.com (originalement Good Old Games) en 2008 qui reprend un peu les bases de leurs débuts dans l’industrie du jeu. Proposer des jeux avec de la valeur ajoutée que vous n’aurez pas en piratant (musique, artworks, etc…) et à un prix juste. Le gros point fort est que tout leur catalogue est DRM-Free. Vous l’achetez, il vous appartient, un point c’est tout.
On a senti un CEO proche des joueurs qui essaie de tout faire pour satisfaire sa fanbase. CD Projekt RED, c’est un peu le studio/éditeur idéal, 16 DLC gratuits sur The Witcher 3, une plateforme d’achat qui ne se moque pas de vous, un vrai suivi et une écoute des joueurs. Bref, on attend The Witcher 3 avec impatience pour l’acheter sur GOG.com et donner de l’argent à ces gentils polonais.
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