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Of Orcs And Men

Valanthyr par ,  email
L'éditeur Focus Home Interactive et le développeur Cyanide ont une longue histoire commune, ponctuée dernièrement par les adaptations du désormais célèbre A Game of Thrones de George R. R. Martin. Il avaient cependant d'autres projets sous le coude, dont notamment une nouvelle licence avec les Parisiens de Spiders Games et leur moteur propriétaire multi-plateformes, le Silk Engine. De cette union 100% bleu blanc rouge est né Of Orcs and Men, un Action / RPG qui promet de nous faire revisiter le thème de l'heroic fantasy, cette fois du côté des Orcs et des Gobelins.

Orc épique


C'est dans la peau d'une montagne de muscle de 2.40m qui ferait passer Hulk pour une gamine maigrichonne que vous allez faire vos premiers pas dans Of Orcs and Men. Vous incarnez Arkaïl, soldat d'élite de la célèbre légion des Bloodjaws, qui essaye tant bien que mal de défendre les Orcs contre l'agression Humaine. La mission qu'on va vous confier peut faire basculer le cours de l'Histoire : assassiner l'Empereur Damoclès qui est en passe de négocier l'aide des Nains et des Elfes pour définitivement réduire les Peaux-Vertes en esclavage.



Malgré les qualités de combattant d'Arkaïl, il aurait été impensable de confier une mission d'infiltration aussi délicate à un guerrier de ce gabarit, qui plus est célèbre parmi les siens pour son impulsivité. Aussi les responsables de l'opération ont-ils décidé de lui adjoindre la compagnie de Styx, passeur de son état et champion toutes catégories du louvoiement sournois. Un grand et un petit. Un guerrier formaté aux codes d'honneur ancestraux des Orcs et un individu acoquiné avec le gratin peu recommandable des bas-fonds. L'un se bat pour sauver son peuple et l'autre pour toucher une belle prime. "Une putain d'équipe !" comme dirait Styx.

Si on nous a déjà servi cent fois le coup de la mission épique pour défendre les opprimés et qu'on connait par cœur celui de la cohabitation forcée entre deux personnages que tout oppose, il faut bien reconnaître que les scénaristes d'Of Orcs and Men ont réussi à aborder ces clichés de bien belle manière. L'histoire se tient de bout en bout et la narration, adroitement menée, nous maintient en haleine sans faiblir. Servi par des doublages de qualité, le duo de choc devient vite attachant et on nous distille savamment du background sur les deux compères en même temps qu'on nous présente plus en détail les rapports entre les puissances qui régissent le continent.



Orcs must live!


Malgré les implorations insistantes de Styx pour essayer d'éviter les embrouilles, on se doute bien qu'on ne va pas arriver devant le trône de l'Empereur sans devoir livrer combat. En fait, des combats on va même en livrer un sacré paquet, mais heureusement Cyanide nous a mitonné un système bien pensé qui laisse toute latitude au joueur pour choisir son style, tout en étant assez riche et dynamique pour éviter la lassitude.

Les combats se déroulent en temps réel et utilisent le système de pause active qui ralentit le temps et permet d'assigner jusqu'à 4 ordres de combat à chacun des personnages. On peut passer librement de l'un à l'autre et décider de changer de cible ou d'annuler un ordre, suivant le déroulement de l'action. Arkaïl peut se mettre en position défensive pour mieux encaisser, ou en position offensive pour faire plus de dégâts. Styx peut quant à lui rester à distance et opter pour ses redoutables couteaux à lancer, ou sortir ses dagues et aller suriner au contact.

Chacun commence avec 9 compétences et peut en avoir en tout jusqu'à 22 en fin de partie. Chaque compétence peut être améliorée une fois, en choisissant parmi deux orientations qui permettent d'affiner sa façon de jouer. Ainsi, pour une compétence offensive on devra par exemple décider si on opte pour plus de dégâts ou pour des bénéfices indirects, comme par exemple une plus forte probabilité de déstabiliser la cible. La vie de nos deux larrons remonte toute seule à l'issue d'un combat mais il n'y a en revanche pas de potion dans le jeu, aussi faut-il faire en sorte qu'Arkaïl et son acolyte ne succombent pas. Si tel devait être le cas, celui qui est encore en vie peut tenter de relever son allié pour qu'il revienne dans le feu de l'action, malgré tout assez mal en point.



Si les combats nécessitent une solide connaissance des compétences des deux combattant et une bonne coordination, il font également appel à notre observation et notre expérience de joueur. Tous les ennemis n'ont en effet pas les mêmes faiblesses, et certaines compétences vont parfois se révéler passablement inefficaces contre certains opposants. Il en est d'ailleurs qui doivent impérativement être neutralisés en priorité, comme par exemple les Inquisiteurs qui peuvent paralyser ou lancer une malédiction. Seule ombre au tableau, l'IA qui a parfois tendance à paniquer si un personnage ne parvient pas à atteindre sa cible lorsque le nombre de combattants est élevé ou que l'espace de combat est réduit. Ceci ne nuit cependant pas outre mesure à la qualité des combats, qui rappelle dans un autre genre ceux d'Icewind Dale ou plus près de nous de Dragon Age: Origins.

Déjà solides en l'état, ces mécanismes sont encore enrichis par le mode furtif de Styx, qui va permettre au Gobelin de tenter d'assassiner discrètement quelques ennemis avant de déclencher un combat qui s'annonçait vraiment trop déséquilibré. Côté Orc, Arkaïl a une jauge de rage qui se remplit lors du combat et qu'il faut tâcher de surveiller avec attention : une fois pleine, il devient enragé et on en perd le contrôle. Il tape alors sous tout ce qui lui tombe sous la main, y compris sur son compagnon d'infortune s'il était resté à traîner dans ses pattes, jusqu'à ce que sa rage se dissipe et qu'il reste pendant quelques secondes hébété, proie facile pour les ennemis encore debout.

Côté équipement en revanche, on regrettera que les développeurs aient fait preuve d'un cruel souci d'économie. On ne trouvera en tout et pour tout que quelques pièces d'armures et guère plus d'armes pour chaque personnage au cours de toute l'aventure, et si on peut saluer la volonté de proposer dans ce peu de choix assez de variété pour s'adapter aux différents styles de gameplay, on a le sentiment que cette variable indirecte du combat a été totalement sous-exploitée. Quelques PNJ marchands nous proposeront bien du troc pendant l'aventure, mais c'est surtout leur capacité à améliorer armes et armures qui retiendra notre attention.



Tout ce qui brille n'est pas Orc


Notre périple nous amènera à explorer de très nombreuses zones, regroupées en cinq chapitres, dont certaines sont graphiquement très réussies. Bien que les environnements soient souvent un peu vides, ils restituent avec fidélité les ambiances sombres qui accompagnent la narration. Si un soin particulier a été réservé à Arkaïl et Styx pour ce qui est du modèle, des animations, et des textures, les personnages secondaires n'ont pas tous eu droit au même traitement. Certains d'entre eux manquent cruellement de charisme, et s'ils ont le malheur d'avoir été doublés par un acteur sans grande conviction, ils jurent dans ce tableau qui aurait pu être plus homogène.

On regrettera surtout un level design qui bride désespérément le titre, au point de menacer parfois de l'entraîner vers une pesante routine. Toutes les zones sont d'une linéarité confondante, et le fait qu'on ne puisse jamais explorer au-delà de ces couloirs assumés fait naître une vive déception, tant le jeu y gagnerait en profondeur. Quelques timides efforts ont bien été consentis pour insuffler un peu de variété dans cette progression par trop linéaire, notamment avec de rares zones accessibles uniquement à Styx ou encore un niveau où on jouera alternativement l'un puis l'autre compagnon, mais ils restent malheureusement anecdotiques.



Précisons tout de même que la prise en est main assez délicate et soulignons que l'histoire prend son temps pour s'installer, ce qui rebutera les plus impatients. Pour en finir avec les faiblesses du titre, citons enfin une difficulté parfois en dents de scie et une interface assez loin d'être un modèle du genre. Mais ce qu'on retiendra en définitive d'Of Orcs and Men, c'est que malgré quelques petits ratés et une réalisation perfectible, on se laisse agréablement porter par une narration qui a su trouver le ton juste, servie par des combats au rythme soutenu et dont on prendra souvent une grande satisfaction à sortir vainqueur dans les modes de difficulté relevés.

Malgré les possibilités d'amélioration alternative des compétences et les quatre niveaux de difficulté, la rejouabilité ne sera probablement pas le point fort du titre, mais la quinzaine d'heures qu'il vous faudra pour écrire l'histoire d'Arkaïl et de Styx vous laissera à n'en pas douter l'envie de savoir ce que l'avenir leur réserve.




Jeu testé à partir d'une clé Steam fournie par l'éditeur
La création d'une nouvelle IP est toujours une entreprise délicate, surtout pour des studios relativement modestes comme Cyanide ou Spiders. Avec un système de combat riche et évolutif et une narration bien maîtrisée, Of Orcs and Men nous fait découvrir le continent Isérien, ses cultures et ses inévitables tensions interraciales à travers le regard d'un duo de choc caricatural auquel on s'attachera sans même s'en rendre compte. Desservi par un level design linéaire, l'absence d'exploration et bien trop peu d'équipement, le jeu est loin d'avoir exploité tout son potentiel et on ne peut qu'espérer que Focus permettra aux développeurs de donner aux Orcs leurs lettres de noblesse lors d'une suite éventuelle.
 

Commentaires

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Skizomeuh
Le thème de base (un orc et un gobelin obligés de faire la paire) me fait penser à une vieille (fin 90) BD dont je me souviens plus du nom. Assez marrante parce qu'en plus y a toute une histoire de paternité.
matbird
ça ne serait pas ça :
http://www.bedetheque.com/serie-89-BD-Troll.html#1148 d'Olivier Boiscommun ?
Ozgarden
Merci pour ce test Val,

J'espère avoir le temps d'y toucher afin la fin d'une année très chargée en sorties.

En tout cas, ton ressenti donne envie de s'y plonger malgré les tares inhérentes au genre.
Skizomeuh
matbird a écrit :
ça ne serait pas ça :
http://www.bedetheque.com/serie-89-BD-Troll.html#1148 d'Olivier Boiscommun ?

Si exactement. J'ai pas eu l'occaze de tout lire, mais les 2 premiers tomes étaient vraiment sympas.
Ozgarden
Oui ils m'avaient bien faire marrer à l'époque les "Troll" de Boiscommun.

Je crois qu'ils avaient rebooté la série plus tard et que c'est ensuite tombé aux oubliettes. Il y avait Jean-David Morvan et Sfar aux commandes scénaristiques au départ et c'est tombé en ruine depuis 2006.
Cyclope
Merci pour le test qui donne finalement plutôt envie d'y jouer. Je le ferais surement.

C'est dommage que le level design n'a pas l'air de suivre.

Concernant la prise en main tu y as joué sur PC avec un pad ou combo clavier/souris ?
matbird
Oui "Troll" à partir du 4ème ça baisse.
Valanthyr
Cyclope a écrit :
Concernant la prise en main tu y as joué sur PC avec un pad ou combo clavier/souris ?

J'ai joué sur PC au pad oui, et une fois qu'on s'est habitué à naviguer dans les roues de compétences ça se passe sans problème. Je viens de regarder et apparemment on ne peut pas reparamétrer clavier/souris par contre.

J'en profite pour souligner que j'ai joué en mode difficile, histoire d'avoir vraiment du challenge. Je conseille ce mode à ceux qui ont envie de profiter pleinement de la richesse du système de combat, puisqu'on est obligé de vraiment adapter sa stratégie aux ennemis rencontrés et parfois même d'en changer en cours de combat.
matbird
On peut changer le niveau de difficulté en cours de partie ?
Valanthyr
Non, on choisit en début de partie et ensuite faut s'y tenir.

Edit : si en fait on peut changer à la volée via Options/Jeu/Difficulté. Il semblerait que ça baisse la valeur d'attaque des ennemis, qui tapent donc moins fort mais encaisseraient autant (leur défense garde la même valeur).

Merci matbird de m'avoir signalé que c'était possible.
Cyclope
Ok. Merci Valanthyr.
matbird
Merci pour le test et les infos.
Sephis
Merci pour ce test, un des rares plutôt positif :)
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Je préférais l’époque gréco-romaine, on était plein et on se tapait. Là, je suis tout seul et vous me faites chier. - @DieuOfficiel
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