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Civilization IV Warlords

CBL par ,  email  @CBL_Factor
Ceux qui ont pratiqué Civilization IV pendant de longues heures sont peut-être parvenus à la même conclusion que moi : c’est un jeu foncièrement pacifiste. Mis à part si on vise la victoire de type Conquête, il est possible de gagner une partie sans tirer le moindre coup de feu. La guerre apporte malheur et famine, coûte cher et vous retarde sérieusement. C’est probablement une manœuvre machiavélique de la part des développeurs pour vendre neuf mois plus tard un addon presque dédié à la guerre.
Détaillons un peu ce qu’apporte Civilization IV Warlords. Tout d’abord apparaissent trois nouveaux traits de caractère pour les leaders, six nouvelles civilisations et dix nouveaux leaders. Chaque civilisation ayant une unité unique, il existe donc six nouvelles unités uniques comme les dévastatrices cavaleries numides pour les Carthaginois. Il n’y a que deux nouvelles unités communes à tout le monde : le trébuchet, nettement supérieur à la catapulte en attendant le canon, et le trirème. Trois nouvelles merveilles sont disponibles dont la Grande Muraille qui fera le tour de vos frontières à la fin de sa construction et qui repousse les barbares.

Lord Of War



Les vraies nouveautés sont ailleurs. Comme pour les unités, chaque civilisation dispose maintenant d’un bâtiment unique qui remplace un autre bâtiment. Par exemple, les américains peuvent faire des mall à place des supermarchés et les anglais peuvent faire des places boursières à la place des banques. Au niveau des Personnages Illustres, un petit nouveau fait son apparition : le Grand Général. Utilisé dans une ville, il permet soit d’accélérer la production d’unités militaires soit de donner deux points d’expérience à chaque nouvelle unité. Il peut aussi accélérer la recherche d’une technologie. Mais sa vocation principale est de devenir un Warlord. En le plaçant sur une case comportant beaucoup de vos unités, il peut fusionner avec l’une d’entre elle pour la rendre très balaise et donner vingt points d’expérience répartis entre toutes les unités sur cette case. Ca permet de se faire passer en un instant une armée potable en une armée redoutable en choisissant les bonnes améliorations.

La diplomatie s’enrichit avec le concept de vassalité. Si au cours d’une guerre un joueur humain ou IA a l’impression que sa civilisation sent le sapin, elle peut capituler et proposer de devenir le vassal du vainqueur. S'il accepte, le suzerain peut alors circuler librement dans les terres du vassal, stationner ses unités dans ses villes et prendre les ressources du vassal même s’il les utilise. Si le vassal l'en empêche, ils sont de nouveau en guerre. Le vassal ne peut déclarer la guerre ou la paix et dépend entièrement de la diplomatie du suzerain. Le vassal a des malus en bonheur alors que le suzerain a des bonus. La moitié du territoire et de la population du vassal compte lors d’une victoire territoriale ou au score. Outre la guerre, une civilisation peut sortir de la vassalité en étant une fois et demi plus grande que son suzerain. Une civilisation peut aussi demander à être vassale d’une autre en temps de paix pour un nombre de tours prédéfini.

Vassal et Gros maître



Ce concept change beaucoup de choses au gameplay et au déroulement des parties. Outre le fait qu’il permet de mettre plus rapidement fin à une guerre coûteuse et destructrice, il change le jeu des alliances et améliore nettement la diplomatie. Au fond, un vassal aide et sert toujours son suzerain tout en rêvant d’être libéré. Toute la tactique consiste à devenir vassal pour éviter d’être anéanti lors d’une guerre puis à reconstituer ses forces et à se rebeller au pire moment, comme quand le suzerain doit affronter une autre civilisation.

Tout cela pourrait sembler un peu maigre si Firaxis n’avait pas inclus huit scénarios très guerriers incluant des nouvelles technologies et unités. Je n’en ai testé que la moitié et c’est assez réussi. Vous allez pouvoir prendre le contrôle d’Alexandre et conquérir toute l’Asie Mineure, celui de Genghis Khan pour piétiner toutes les villes avec votre cavalerie ou celui de Périclès pour filer des coups de pelle aux Ponèses. Le plus original est le scénario qui permet de jouer les barbares. Dans ce dernier, on choisit le nombre de civilisations ennemies et le nombre de tours d’avance qu’on leur laisse. On dispose d’un capital d’or qui permet d’acheter des unités qui apparaissent sur la même case qu’une unité spéciale, le camp. On peut aussi acheter des améliorations. Il est impossible de construire ou de prendre les villes ennemies, le pillage est systématique. Avec l’argent récolté, on achète d’autres unités jusqu’à ce qu’on vienne à bout des autres civilisations ou qu’elles liquident le camp.
Pas mal d’ajouts, quelques nouveautés, quelques améliorations et quelques scénarios… En regardant séparément chacun de ces aspects, on a l’impression que Firaxis ne s’est pas foulé avec Civilization IV Warlords. Mais en prenant en compte l’ensemble et toutes les nouvelles possibilités offertes, on se rend compte qu’on va en reprendre pour une centaine d’heures à imaginer des plans diaboliques pour pourrir la vie des autres joueurs IA ou humains et tenter de conquérir le monde.
 

Commentaires

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Laurent
ou celui de Périclès pour filer des coups de pelle aux Ponèses.
Très bon :)

Pour le reste, la série des Civilization me reste imperméable de complexité, de lenteur apparente et de faiblesse graphique (mais je comprend que pour les fans, le plaisir est ailleurs).
Djlobster
Le plaisir est dans le pouvoir et la luxure.
CBL
C'est clair, il faut être un tantinet mégalo pour apprécier :p

Laurent : ^^
Je comprends que le gameplay d'un Civ ne plaise pas à tout le monde. Par contre, si un jour tu veux te lancer dans l'aventure, c'est vraiment par cet épisode qu'il faut commencer. On peut mettre un sacré paquet de trucs en automatique ce qui permet de diminuer la complexité de l'ensemble et de réduire la durée des tours de jeu.
Après quand tu es rodé, tu rentres de plus en plus dans le micro-management ettu commences à faire des calculs savants pour optimiser le carré magique production/recherche/pognon/culture.

Après si Civ ne te suffit plus, tu passes à des trucs encore plus hardcore comme Hearts Of Iron 2 qui fait passer les graphismes de Civ 4 pour un chef d'oeuvre de la Renaissance.
Drina
CBL, il faudra vraiment qu'un jour tu me montres comment tu arrives en 1500-1600 sans un coup de feu.

Sinon, l'add-on est très bien (enfin moi au départ je me suis dit "déjà qu'il était militariste, Warlords va me faire détester ce jeu") même si au final, tu as raison, ils se sont pas foulés : quelques civilisations en plus mais pas assez à mon goût, certaines civ restées à un leadder alors que d'autres en ont trois, et puis fondamentalement l'add-on n'apporte rien de plus au gameplay ni aux différentes relations avec les autres civ. Cela dit, l'ajout de bâtiments uniques c'est vraiment bien ainsi qu'un rééquilibrage des civ (Gandhi était monstre) et ça c'est bien.
CBL
Drina a écrit :
CBL, il faudra vraiment qu'un jour tu me montres comment tu arrives en 1500-1600 sans un coup de feu.
[...]
(Gandhi était monstre)


Tout est dit :) (l'ouvrier rapide est démoniaque !) C'est là toute la beauté de ce jeu au niveau diplomatie : savoir composer avec les civilisations voisines, s'adapter à elles en jouant sur les religions (voire en ne prenant pas de religion d'état) et les doctrines et faire beaucoup de commerce.

Conséquence de cette politique :
Très peu de commerce + peu d'unités militaires + bonne gestion des villes = beaucoup d'argent.
Comme tu n'as pas te préoccuper de la guerre, tes villes passent leur temps à produire des choses utiles comme des batiments et des merveilles... ce qui augmente encore plus ta production, ton or et ta recherche.

Du coup, même quand une cilisation ennemie se fache tout rouge et te demande un tribut (or ou technologie), tu acceptes car tu t'en fous.
Arrive le problème de l'espace vital... Là tu n'as pas le choix, c'est la course à la mer. Il faut rapidement envoyer des bateaux pour coloniser le monde et devenir communiste pour éviter de faire exploser le cout de maintenance des villes éloignées.

(plus j'en parle, plus j'aime ce jeu)
rEkOM
c’est un jeu foncièrement pacifiste.

Yhou, faudra que tu m'expliques comment tu fais quand tu joues en empereur et après pour arriver à ne pas faire la guerre. Chaque fois que j'ai essayé je me suis fait ruiner, quoique de toute façon en emperor c'est pas très intéressant faut tjs faire les mêmes techniques...

Eeek edit, tu as déjà répondu dans le post précédent, faudra que je teste ;-)
CBL
Ne pas oublier le jeu des alliances !
Quand une civilisation est copain-copain avec la sienne, ça peut être sympathique de faire un pacte de défense.
Ca complique un peu la situation car il faut tenir compte des tensions entre la civilisation alliée et les autres dans les relations générales mais les autres civilisations attaquent moins souvent quand elles sont seules contre deux.
Ce qui est dommage, c'est que l'arme nucléaire n'a plus autant de poid dans les négociations que dans le premier.

Et si vous voyez que les relations diplomatiques se dégradent et que le point de non retour est franchi (piquer une ville avec la cultre fait enrager l'adversaire. Lui en piquer deux c'est précipiter une guerre), oubliez tous mes conseils et n'hésitez pas : tirez les premiers :)
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