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ARTICLE

Francis Sports, pour ESPN International

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Lors de son remarqué passage chez les excités de Passe le Stick, Fougère a pu discuter e-sport et business, avant de débriefer tout ça chez nous. Mais si son plaisir coupable c'est de finir les solos de Call of Duty, vous devriez déjà savoir que le mien est plutôt rond, en cuir et avec 22 hommes ou femmes en sueur qui tentent de la mettre au fond. Et si le football, ou le sport professionnel en général, pouvait nous éclairer sur le futur de l'e-sport ?
sport : n.m. (étymologie : ancien français desport, désigne un amusement), 1) Activité physique visant à améliorer sa condition physique. 2) Ensemble des exercices physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs, donnant généralement lieu à compétition, pratiqués en observant certaines règles précises. 3) Chacune des formes particulières de cette activité. (définitions tirées du Petit Larousse)

It's in the game

En ce qui concerne le jeu vidéo, le motion gaming étant passé de mode et (heureusement) plutôt inadapté à la compétition, on peut remplacer "physique" par "virtuelle", "condition physique" par "skill" et "exercices physiques" par "parties". En dehors de ça, il est effectivement possible de ranger certains jeux vidéo dans la catégorie "sport", pour peu qu'ils supposent un entraînement visant à être performant en compétition. Quelle que soit l'importance ou le degré de professionalisation des compétitions en question.

C'est ce qui peut nous servir de point de départ pour une analogie sport/e-sport. De la même manière qu'il existe un monde entre le footballeur gominé du samedi soir à la télé et le footballeur bourré du dimanche matin tandis qu'ils pratiquent le même sport en suivant les mêmes règles, les participants à l'EVO et les trois pégus se disputant le titre de meilleur Blanka de Jouy-en-Josas dans un garage (ou une bande de barbus à Fougère) sont très éloignés tandis qu'ils jouent tous à Street Fighter II.



La professionalisation du sport est assez ancienne chez les anglo-saxons, qui organisaient déjà un tournoi de golf rémunéré en 1744, une tournée internationale de cricket en 1789 (annulée pour d'évidentes raisons), se fédéraient en association de joueurs de baseball en 1858 (la NABBP à New-York), autorisaient le professionalisme dans le football en 1885 ou encore créaient l'International Rugby Board en 1886. La France, comme le reste du monde occidental, a suivi le rythme avec du retard, et a adapté la gestion du sport à sa culture paradoxale d'un Etat fort et centralisé mêlé à de fortes vélléités régionales. Des spécificités historiques sont venues ponctuellement provoquer des changements radicaux, comme le Front Populaire qui dégagea du temps pour les loisirs et organisa des compétitions ouvrières dans les usines, ou le régime de Vichy qui supprima temporairement le sport professionnel pour promouvoir le sport amateur local. Mais pour éviter un article trop long (heu...), sautons le détail historique pour en venir à ce qui nous intéresse : l'organisation du sport en France, aujourd'hui.

Déléguée bénévole

Théoriquement, c'est simple et pyramidal : tout en haut, on trouve l'Etat, qui est censé contrôler et coordonner la pratique du sport en France, en s'appuyant sur différents ministères et établissements publics, et tout en bas les sportifs de tous niveaux dans des structures locales, les clubs. Sauf que, dans les faits, il existe tant de sports nécessitant des moyens et des compétences particuliers que l'Etat se concentre sur le sport comme outil de développement et d'égalité et garantit un cadre juridique. Jusqu'en 2004 il s'agissait d'un ensemble de lois qui ont alors été rassemblées dans le "code du sport" et qui définit les points suivants (merci Legifrance et Wikipedia) :
  • Organisation des activités physiques et sportives
  • Acteurs du sport (sportifs, arbitres, entraîneurs, encadrement des clubs et enseignants hors éducation nationale)
  • Les différents modes de pratique sportive, la sécurité et l’hygiène des lieux de pratique, ainsi que l’organisation et l’exploitation des manifestations sportives
  • Le financement du sport et l’application du code aux collectivités territoriales d’outre-mer
Du coup, qui s'occupe de chaque sport ? Des associations loi 1901, à qui l'Etat va déléguer une partie de son pouvoir d'action. Un ministère de tutelle (celui chargé des sports) délivre des agréments permettant de financer une association avec de l'argent public, à condition qu'elle soit représentative d'une pratique sportive, en assure le fonctionnement sur le territoire (en formant joueurs, entraîneurs et arbitres, en délivrant des licences, en organisant des compétitions, etc.), soit transparente dans sa gestion financière, que ses statuts soient paritaires et démocratiques, que ses dirigeants soient bénévoles... Lorsque l'association agrémentée en question peut se targuer d'être la seule à fédérer nationalement d'autres associations locales du même sport, et donc participer aux politiques publiques de développement des activités physiques et sportives, le ou la ministre chargé(e) des sports peut alors lui accorder une délégation de mission de service public pour les questions sportives, à durée déterminée. La fédération peut alors prendre le nom de "Fédération Française (ou Nationale) de Football/Tennis/Pêche au Gros/Chat-Bite/etc."



Tout ça c'est très bien (bien qu'un peu relou, je vous l'accorde), mais jusqu'ici il n'est question que de sport amateur. Quid du sport professionnel et de ses compétitions ? Et bien c'est là que ça devient intéressant : seules les fédérations nationales peuvent créer une ligue professionnelle. Pour dire les choses clairement : une association loi 1901 dont l'objet est une délégation de mission pour le service public pour les questions sportives et dont les dirigeants sont une instance élue non rémunérée peut créer une ligue professionnelle (qui doit elle-même être une association loi 1901) gérant donc des compétitions auxquelles participent des entreprises dont l'objectif et de dégager du profit en créant de la valeur ajoutée. Ce mélange des genres vient en fait d'une volonté publique de conserver quoi qu'il arrive une gestion bénévole du sport dans l'optique d'en garantir l'accès égalitaire pour tous les citoyens. Ainsi, des entreprises professionnelles ne peuvent venir phagocyter un sport et ses compétitions. C'est un peu extrême comme solution, mais pour un aperçu de ce que peut donner l'excès inverse, on peut regarder le Last Week Tonight de John Oliver sur le basket universitaire américain et le March Madness.



On peut aussi relever que certains pays vont encore plus loin que nous : tous les joueurs de rugby néo-zélandais sont salariés par la fédération nationale, qui les "prête" aux clubs professionnels quand il n'y a pas de matchs internationaux pour qu'ils puissent disputer le Super Rugby, une compétition de clubs. Ainsi, quand un joueur néo-zélandais signe dans un club étranger, il rompt son contrat avec la fédération... et ne peut plus être appelé en sélection nationale.

La moustache de Thiriez, qu'on se le dise...

Prenons l'exemple du football professionnel français. En 1919, sur la base d'un rassemblement de fédérations sportives diverses, Jules Rimet et Henry Delaunay créent la Fédération Française de Football, chargée donc entre autres d'organiser les compétitions de club sur le territoire français ainsi que les matches de la sélection nationale. Au départ, elle gérait également les clubs qui engageaient des joueurs professionnels, mais après le douloureux épisode de Vichy, ceux-ci  se sont rebiffé et ont obtenus la création, au sein de la FFF, d'une entité à part rien que pour eux. Au fil du temps et des appellations, c'est devenu la Ligue de Football Professionnel, qui gère aujourd'hui la Ligue 1 et la Ligue 2, les deux seuls championnats professionnels de football en France (en comparaison, les Anglais ont 4 championnats professionnels, sans compter tous les championnats semi-pros qui mélangent amateurs et professionnels).

Cela implique que la gestion des ressources générées par le football professionnel français (droits de retransmission et sponsoring, principalement) passe exclusivement par la LFP, qui en assure ensuite la redistribution comme elle l'entend. Et cela implique par extension un décalage profond entre la volonté publique censée chapeauter le tout (bénévolat, accessibilité et promotion du sport en tant que pratique) et la volonté d'acteurs plus économiques que sportifs qui aimeraient qu'on les laisse faire leur tambouille sport/business. Un phénomène amplifié ces dernières années par la gestion de Frédéric Thiriez à la tête de la LFP, ainsi que le lobbying intensif des dirigeants des plus gros clubs (Jean-Michel Aulas historiquement, Nasser Al-Khelaïfi récemment). Trop d'articles auraient leur place pour illustrer, on se contentera donc de piocher quelques exemples récents chez les Cahiers du Foot : un article de fond, un sur Luzenac, Luzenac encore, la fronde des clubs professionnels, la menace d'une ligue fermée ou encore quelques considérations économiques.



Notons que le rugby, professionnel en France seulement depuis 1998, commence à connaître des problèmes équivalents, avec la montée en puissance des clubs professionnels accusés de pénaliser la sélection nationale. En recrutant à l'étranger et en chevauchant les calendriers du championnat et du Tournoi des 6 Nations, les clubs empêcheraient d'une part l'émergence de jeunes talents français, et d'autre part les meilleurs joueurs français d'être entièrement disponible pour la sélection. Des tensions similaires commencent à apparaître dans le handball, dont la montée en puissance des clubs professionnels date de la création de la Ligue Nationale de Handball en 2004, surfant sur les succès de la sélection nationale.

L'e-sport fait vivre

Le mardi 3 mai 2016, en première lecture et à une majorité ayant de quoi faire hurler Manuel Valls (323 pour, 1 contre), le Sénat a adopté le projet de loi dit "pour une République numérique", dont certaines des dispositions concernent l'e-sport. Les principales ont été détaillées par Fougère dans son article : reconnaissance de l'e-sport, cadre réglementaire, création d'un contrat pour les joueurs professionnels, etc. Et si, dans un premier temps, il est légitime d'apprécier que les pouvoirs publics s'intéressent sans trop de retard à un tel sujet (notons tout de même que l'adoption définitive du texte n'arrivera pas avant cet été, sans compter de petites subtilités comme le décret de promulgation), l'analyse des mesures peut laisser perplexe. Deux points en particulier attirent mon attention.



Par exemple, les compétitions de jeux vidéo ne seront plus considérées comme des jeux d'argent "dans la mesure où les frais de participation des joueurs restent d'une importance limitée par rapport aux coûts d'organisation." En clair, une compétition se doit d'obtenir des financements extérieurs (entrés payantes pour les spectateurs, droits de diffusion, sponsoring, subventions ou mécénat) pour rentrer dans le cadre. Si cela concerne les compétitions proposant un prix pour les vainqueurs (et n'empêchera a priori pas les compétitions amateures non rémunérées), cela impose aux organisateurs d'évènements un modèle économique précis et non-participatif. Dit autrement, on entérine l'e-sport comme un écosystème économique cloisonné par un certain nombre d'acteurs et fermé aux autres. Un peu comme si la LFP prenait définitivement son indépendance et concrétisait ses rêves de ligues fermées à l'américaine.



Quant au CDD d'e-sportif, d'une durée d'un à cinq ans renouvelable, il dépendra du ministère de tutelle (celui chargé des questions numériques) et non pas du code du travail. Chose étonnante quand on sait que le code du travail contient déjà de quoi embaucher des gens en CDD longs renouvelables pour peu que le secteur d'activité aient des spécificités qui le justifient. Les footballeurs rentrent par exemple parfaitement dans le cadre de l'article L1242-2, alors même qu'il signent en général des successions de CDD allant de 2 à 5 ans (en moyenne). Outre une certaine précarité inhérente au CDD (bon courage pour les recherches d'appart ou l'obtention d'un prêt sans un salaire mirobolant), le monde du sport nous apprend que la fin de carrière, voire la carrière tout court, peut être désastreuse pour ceux qui ne savent pas gérer leur argent et/ou n'auraient rien prévu pour la suite. On espère que le ministère de tutelle et/ou France eSports offriront le support qu'offre certaines fédération sportives, à savoir des aides et/ou des formations professionnelles en parallèle pour se reconvertir une fois les 15 à 20 ans de carrière sportive terminée.

Sans compter qu'un tel contrat laisse de côté toute une partie des joueurs qu'on peut aisément qualifier de professionnels sportifs. Quid des streameurs qui platinent les jeux sur de longues sessions ou tentent des performances façon speedrun ? Leurs performances, bien que non réalisées dans le cadre d'une compétition, passent par les mêmes étapes que les e-sportifs (entraînement intensif, notamment) et sont médiatisées avec autant d'ampleur, parfois plus. Certains sont déjà salariés par des entreprises du secteur, mais ne participant pas aux compétitions ils ne sont pas concernés par ces évolutions juridiques. Et si demain je souhaite devenir joueur professionnel, cela passera nécessairement par ce CDD spécial, donc par des entreprises qui peuvent me l'offrir, qui sont peu nombreuses, probablement déjà staffées et sont dans France eSports...

France eSports, gloire à l'asso ?

Il est donc temps de s'attaquer à France eSports. En fait, tout ce que j'ai écrit jusqu'à maintenant dans cet article était initialement motivé par la question : France eSports est-elle l'équivalent d'une fédération sportive pour l'e-sport ? Ayant posé le fonctionnement du sport en France par l'intermédiaire des fédérations, puis soulevé les problèmes rencontrés avec le professionalisme avec l'exemple du football, on peut enfin regarder comment fonctionne France eSports et voir si un parallèle peut être établi avec les fédérations nationales sportives. France eSports est une association loi 1901. C'est un bon point de départ, puisqu'on a dit que les fédérations étaient obligatoirement des associations. De plus, elle est dirigée pour l'instant par un collège de représentants issus des membres fondateurs, mais pour une durée d'un an seulement. Membres fondateurs dont voici la liste :
  Par la suite, un nouveau conseil d'administration sera élu selon des modalités qui restent à définir, tout ça avant le 31 mars 2017. Du coup pour les instances démocratiquement élues ce n'est pas encore tout à fait ça, d'autant plus que c'est toute la politique d'adhésion et de gouvernance qui reste à déterminer avant cette date butoire. A l'heure actuelle il n'y a que les membres fondateurs qui sont membre de France eSports, mais les statuts de l'association précisent bien que l'un des objectifs et d'être représentatif de l'e-sport en France, soit en rassemblant des "agents économiques des sports électroniques, qu’il s’agisse d’individus, d’associations ou d’entreprises, tels que les organisateurs de tournoi, les joueurs, les clubs de joueurs, les créateurs et ayant-droit des jeux vidéo, les opérateurs de services ou de technologies et les médias spécialisés". Pour la représentation et la promotion de la discipline à l'échelle du territoire, c'est donc en partie réalisé : les acteurs majeurs du secteur sont déjà là, mais l'association reconnaît qu'il reste du monde qui pourrait potentiellement adhérer.

Ca ressemble à s'y méprendre à une fédération sportive, il est même fait mention dans les statuts de l'association des valeurs de l'olympisme et du Comité National Olympique et Sportif Français. Et pour cause : le CNOSF est la fédération parmi les fédérations, celle qui représente officiellement le "mouvement sportif" en France. Elle a quasiment valeur de ministère et "valide" en amont les agréments délivrés par le ministère chargé des sports. Donc oui, clairement, l'objectif de France eSports est d'être une fédération sportive dédiée à l'e-sport, ce qui en théorie est une bonne chose : cela impliquerait que l'association participerait, pour le compte de l'Etat, au développement de l'e-sport sur tout le territoire. Par contre, il faut nuancer.

50 nuances d'aigri

Déjà, à ma connaissance et malgré le parrainage d'Axelle Lemaire, aucune délégation de mission de service public (pour les questions sportives, numériques, culturelles ou autres) n'a été délivrée. J'imagine que le fait que ce soit le ministère chargé du numérique qui soit derrière le projet, et non le ministère chargé des sports, s'accompagne d'un flou réglementaire. Flou d'autant plus important que dans le cadre des délégations pour les fédérations sportives, on est déjà dans de la jurisprudence crado étant donné qu'elles ne remplissent pas les critères de délégation de service public (raison pour laquelle je ne les ai pas appelé ainsi dans cet article).

Ensuite, il faut quand même parler ouvertement de la composition de France eSports, qui est à la fois particulière et sujette à débat. Particulière parce qu'on y trouve à la fois les "fabricants" de la matière première de l'e-sport, les éditeurs de jeux, les organisateurs de compétitions, et compétiteurs et les médias diffuseurs. Concrètement, c'est un cas unique dans le sport en France. Aucune fédération sportive n'intègre tous les acteurs du secteur. Dans le cas du football, la FFF intègre l'organisateur des compétitions (la LFP) et les compétiteurs (une entité pour les clubs et des organisations et/ou syndicats de joueurs et d'arbitres). Les médias sont tenus à part, tout comme les équipementiers, les sponsors ou les propriétaires tiers de stade (souvent des municipalités). S'il y a des raisons historiques, il y en a aussi des économiques : ce sont des partenaires commerciaux, sources de revenus majeurs sans lesquels les clubs s'effondreraient. France eSports me donne l'impression, par un mouvement de lobbying,  de figer la situation de l'e-sport dans son fonctionnement actuel, le temps de régler le cadre juridique  et d'entériner une situation qui arrange tout le monde. Pas dit que le consensus tienne sur le long terme.



Sans tomber dans le délit de sale gueule, simplement en prenant en compte la nature des membres fondateurs, il est assez évident que France eSports penche du côté de la vision LFP/sport-business que du côté "développement bénévole du sport". Ce sont des entreprises, ou des syndicats d'entreprises, qui constituent l'association. Sans qu'il n'y ait rien de sale à ça, le fonctionnement d'une entreprise c'est de créer de la valeur ajoutée pour générer du profit. Mais la professionalisation du sport laisse planer une ombre sur la professionalisation du jeu vidéo : celle d'un schisme entre monde amateur et monde professionnel, l'un étant éternellement  condamné à ses LAN du dimanche, l'autre étant hermétiquement clos afin d'assurer son fonctionnement et la préservation de ses intérêts.

Pour présenter les choses plus concrètement, si demain je souhaite créer un tournoi de jeu vidéo local, France eSports m'aidera probablement. Parce que c'est dans leur intérêt de développer et d'entretenir le "bruit de fond" de l'e-sport parmi les joueurs et les médias traditionnels. Mais il y a un risque qu'après-demain, quand il sera normal de voir un tournoi de FIFA ou de Street Fighter sur une chaîne de la TNT ou sur la plus grosse webTV et que les meilleurs joueurs, sponsorisés par des marques de matériel, signeront des autographes à des gamins dans la rue, l'aide de France eSports soit conditionnée à ce que je pourrais lui apporter en termes de visibilité et/ou de revenus. Comme dans n'importe quelle ligue sportive fermée américaine.
Il ne faudrait pas crier victoire trop vite, ni cracher dans la soupe. Que des questions relatives au jeu vidéo aient été prises en main par les pouvoirs publiques en tenant compte des acteurs du secteur est une bonne chose, mais c'est seulement un domaine spécifique qui a été pris en considération, celui susceptible d'être à la fois rentable financièrement et en termes d'image à l'international. Le parallèle avec le monde du sport nous incite à la prudence face aux dérives qu'un secteur professionnel fermé peut entraîner, sans compter que je ne me suis intéressé qu'à la France. Les déboires de la FIFA ou les secrets de polichinelle du Comité International Olympique laisse présager de ce que pourrait donner des fédérations internationales gérant des intérêts financiers colossaux. Enfin, il reste de nombreux creux juridiques à combler en ce qui concerne le numérique en général, et le jeu vidéo en particulier, et dans un monde idéal ils n'auraient pas besoin d'un lobby pour être traités.
 

Commentaires

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hiroshimacc
 
cela impose aux organisateurs d'évènements un modèle économique précis et non-participatif. Dit autrement, on entérine l'e-sport comme un écosystème économique cloisonné par un certain nombre d'acteurs et fermé aux autres.

Tu pourrais détailler, je ne comprends absolument pas les implications de cette contrainte.

Sans compter qu'un tel contrat laisse de côté toute une partie des joueurs qu'on peut aisément qualifier de professionnels sportifs. Quid des streameurs qui platinent les jeux sur de longues sessions ou tentent des performances façon speedrun ?

Je pense qu'il y a une limite à tout et qu'il faut tracer une ligne entre "e-sportifs" et "entertainers" (à défaut de meilleurs mots). Un pro de la jongle ou du dribble n'est pas pour autant un footballeur professionnel. Il en est de même pour les speedrunners/platineurs (sur glace).

Pour le moment cette affaire est une bonne chose, tout simplement car aucun cadre juridique n'était présent et que c'est le minimum requis pour développer l'e-sport sainement en France. Et pour moi leur but est avant tout de mettre en avant la compétition inter-joueurs/équipes dans des tournois de grande ampleur plus que d'amuser la galerie.
Nicaulas
 
Si tu organises un tournoi dans ton bled, tu ne pourras offrir un cash prize au vainqueur que si tu finances ton tournoi avec des apports externes, qui sont difficiles à aller chercher. Si ce sont les droits d'entrée dans le tournoi qui le financent = jeux d'argent, illégal. Il ne restera donc que deux types de tournois: les importants qui arrivent à choper des financements et offriront un cash prize, et les amateurs. On entérine le modèle actuel sans se demander si on ne peut pas imaginer un modèle économique différent pour les tournois.

Ma remarque sur les streameurs visait surtout à souligner le caractère ultra restrictif du CDD. Je trouve dommage que plein de gens dont le boulot est de jouer ne soient pas dans le débat "pour une république numérique ", et que seuls ceux concernés par l'esport, soutenus par le lobbying de France eSports, aient eu de l'attention.

Je me rends compte que j'ai oublié d'évoquer les problèmes de dopage et la place des arbitres, l'esport ayant ses équivalents avec les médocs pour l'attention et le cheat.
hiroshimacc
 
Merci pour l'explication, je comprends mieux le lien avec les jeux d'argent maintenant. Sachant que vu l'état de la scène actuelle, le plus simple n'est-il pas de se tourner vers les droits de diffusion (vu que Twitch et Cie sont les vecteurs prédominant de diffusion) ?

Et je comprends aussi ta remarque sur le CDD, effectivement ça ne couvre qu'une frange des intéressés par les métiers liés au numérique de manière générale.
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Tribune

MrPapillon
(22h55) MrPapillon (sauf si on remonte aux premiers falcons des débuts de SpaceX)
MrPapillon
(22h55) MrPapillon Les deux derniers gros foirages sont dus à des anomalies sur le tank du deuxième étage. Il semble qu'il y ait une faiblesse à endroit particulier par là-bas et ils vont y remédier. Le reste n'est que succès.
MrPapillon
(22h53) MrPapillon Sachant qu'ils ont commencé il y a dix ans et qu'ils ont devancé les autres sur les technos du futur, alors que les autres tablent sur des technos vieilles de plus de 50 ans.
MrPapillon
(22h52) MrPapillon Actuellement, malgré les derniers foirages, ils ont un taux de réussite tout à fait satisfaisant, à plus de 92-93% je crois.
MrPapillon
(22h52) MrPapillon SpaceX a réussi largement plus de fois qu'ils ont eu d'échecs.
MrPapillon
(22h51) MrPapillon SolarCity n'est pas dirigé par Elon Musk.
MrPapillon
(22h51) MrPapillon Yolteotl > Non, la Nasa est cliente.
Yolteotl
(22h46) Yolteotl C'est bien que Ellon Musk soit ambitieux, mais SolarCity est un échec, Tesla ne dégage toujours pas de bénéfice (et n'en dégagera pas avant plusieurs années), et SpaceX s'est vautré plus de fois qu'ils n'ont réussi pour l'instant.
Yolteotl
(22h44) Yolteotl c'est ça qui leur permet de casser les prix à l'international, ils vendent à perte parce qu'ils ont des contrats nationaux monstrueusement élevés amortissant le coup.
Yolteotl
(22h43) Yolteotl MrPapillon > "Financement privé", mwai, ils tirent leur cash des contrats avec la Nasa
MrPapillon
(22h29) MrPapillon Surtout que SpaceX a un financement privé et que la boîte est contrôlée par une idéologie forte et humaniste.
MrPapillon
(22h28) MrPapillon C'est un argument pour toi, pas pour moi. Il y a plein de boîtes qui fournissent de bons services partout. C'est pas évident d'écrire un bouquin cyberpunk où les entreprises sont cools et que ça fonctionne bien.
CBL
(22h26) CBL Cela n'a rien à voir avec le progres
MrPapillon
(22h25) MrPapillon Le truc, c'est que malgré les négativités, la qualité de vie des humains n'a fait que progresser au fil du temps.
MrPapillon
(22h23) MrPapillon Dans toute l'histoire de l'humanité, il y a eu des gens qui ont été contre le progrès avec ceci ou cela comme arguments. Et souvent ça a été dans le faux.
CBL
(22h22) CBL Pour l'instant
MrPapillon
(22h21) MrPapillon CBL > SpaceX ne fournit que le transport.
MrPapillon
(22h20) MrPapillon Vers la Lune, c'était 2 fois plus de radiations seulement (je viens de voir les chiffres).
MrCroa
(22h20) MrCroa Je pense que dans l'ISS le bouclier magnétique de la terre protège toujours
CBL
(22h19) CBL Et les gens applaudissent
CBL
(22h19) CBL Tous les romans cyberpunk prédisent que laisser la colonisation aux mains des entreprises est un désastre assuré
MrPapillon
(22h18) MrPapillon Certains restent plus d'un an dessus.
MrPapillon
(22h18) MrPapillon Et concernant les radiations, il y a des gens sur la station ISS aussi.
MrPapillon
(22h17) MrPapillon Bah les radiations qui viennent de partout sont plus faibles. Donc oui ça augmente un peu les probabs de cancer, mais la cigarette aussi.
MrCroa
(22h17) MrCroa et entourer la capsule d'eau, ça me paraît pas super pratique
MrCroa
(22h16) MrCroa Mais concernant l'eau apparemment, les radiations n'arrivent pas que d'un côté, du coup un bouclier d'eau tourné vers le soleil ne protégerait pas
MrPapillon
(22h14) MrPapillon Les radiations c'est pas hyper problématique. La quantité de radiations est pas énorme, sauf quand il y a des pics. Et l'eau protège très bien.
MrCroa
(22h12) MrCroa La question piège avec les radiations, pas évident. C'est clair qu'il y a pleins de trucs à gérer et faut se dire que les premiers à partir vont sûrement crever
MrPapillon
(22h11) MrPapillon Ah j'avais pas fait gaffe. Mais en général les français sont pessimistes, surtout face aux grands projets.
Alroc
(22h10) Alroc Y'a un truc qui est ouf d'ailleurs en france c'est a quel point les lignes médiatique sont anti Musk. ON sent les supports de PSA / Renault, Airbus a la presse française c'est assez ouf
Alroc
(22h09) Alroc Wow, "If you are prepared to die, ok, you can go" no joke :/
MrCroa
(22h09) MrCroa Des questions pas des dissertations !
Alroc
(22h08) Alroc MrPapillon >Dailleurs il s'est fait secher :p
Alroc
(22h08) Alroc MrCroa > Tesla / SolarCity / SpaceX / Hyperloop (dans une certaine mesure). Fiiou
MrPapillon
(22h07) MrPapillon Le mec bourré qui demande s'il y aura des toilettes sur Mars, ça fait redescendre le côté épique du truc.
MrCroa
(22h06) MrCroa Quand on voit la photo de 2002 où il danse avec des maracas, c'est fou le progrès déjà parcouru... xD
MrCroa
(22h05) MrCroa Je crois que ça doit être l'homme le plus ambitieux de toute l'histoire de l'humanité ^^
Alroc
(22h03) Alroc MrPapillon > Ce mec est fou, je l'adore !
MrPapillon
(21h58) MrPapillon Je me demande si avec le hype de dingue que ça va générer, il va pas arriver à atteindre 10% de la notoriété de Steve Jobs.
MrPapillon
(21h57) MrPapillon 10 milliards de personnes regardent les confs iPhones, cent personnes les confs SpaceX, mais là ça tue méchamment ce coup-ci.
MrPapillon
(21h46) MrPapillon Ah non j'ai mal entendu, c'était "The only reasons I accumulate assets, is to fund to make mankind a multi-planetary civilization".
MrPapillon
(21h45) MrPapillon "The only reason I accumulate assets, is to fund racist memes and shitposts".
MrPapillon
(21h23) MrPapillon Ça tue, on a l'impression de voir un truc de sf, mais ils ont prévu ça pour dans 9 ans.
MrPapillon
(21h07) MrPapillon On sent la pression dans sa voix. C'est peut-être une des confs les plus importantes de toute l'histoire de l'humanité.
MrPapillon
(21h04) MrPapillon Ouaip, y a Zubrin il paraît dans la salle. Un autre gars très bizarre mais très très convaincant. J'espère qu'il va dire des trucs.
Dks
(21h03) Dks MrPapillon > c'est bien ça ne fait pas vendeur de tapis sur le coup ^^
MrPapillon
(21h02) MrPapillon Ouf.
MrPapillon
(21h01) MrPapillon Bon là c'est revenu avec un truc plus familier : un discours ultra mal énoncé d'Elon Musk. On est en terrain connu.
MrPapillon
(21h00) MrPapillon "Zeu fondeur of SpaceSex"
MrPapillon
(21h00) MrPapillon Un gars du CNES, le pire accent que j'ai entendu de toutes mes vies.
Dks
(21h00) Dks MrPapillon > je lurk aussi
MrPapillon
(20h59) MrPapillon Ouah l'accent du gars qui présente la conf' SpaceX à Mexico
MrPapillon
(20h59) MrPapillon [spacex.com]
Fougère
(20h45) Fougère Je dis ça, je dis rien, mais on à des émoticône David Cage sur Discord
MrPapillon
(19h49) MrPapillon ptitbgaz > Tu es un traître.
Palido
(19h30) Palido Trailer solo pour BF1 [youtube.com]
kmplt242
(19h27) kmplt242 Je viens de me taper 9km de kayak en pleine mer, j'en peux plus.
ignatius
(13h42) ignatius (13h03) C'est clairement un teaser. et il ressemble peut être à une annonce conjointe d'un taulier du jeu vidéo.
ptitbgaz
(13h03) ptitbgaz Bientôt du neuf pour BGE 2 ? [gamekult.com] C'est peut être aussi commandé par Ubi pour séduire les actionnaires avant l'AG de jeudi...
ptitbgaz
(12h07) ptitbgaz MrPapillon > Ah bon, mince je ne suis pas Breton alors... Merci pour l'info ;).
Doc_Nimbus
(08h45) Doc_Nimbus Le seul vrai breton c'est Pascal brutal
MrPapillon
(07h55) MrPapillon ptitbgaz > Ce n'est pas un vrai breton s'il n'a pas un drapeau breton dans sa poche.
ptitbgaz
(00h38) ptitbgaz MrPapillon > (20h22) Pour info, Bolloré est aussi Breton (enfin origine très forte)
lundi 26 septembre 2016
MrPapillon
(21h49) MrPapillon Segma > Ouaip je sais pas trop, jamais été chez Ubi et on m'a jamais dit du mal directement de lui. Donc dans le doute, je dirai que c'est un homme extraordinaire et d'une gentillesse divine.
Segma
(20h29) Segma maux*
Segma
(20h29) Segma MrPapillon > Je trouve ça bizarre, je connais pas Yves Guillermot mais il me semblait que c'était un gros con. De deux moaux choisir le moindre ? Ou alors ce mec est vraiment apprécié de sa main d’œuvre ? C'est pas très clair.
MrPapillon
(20h22) MrPapillon Genre tous ceux qui n'ont pas le t-shirt et le drapeau breton.
MrPapillon
(20h22) MrPapillon Après ça se trouve ça sera comme en Turquie avec Erdogan, si Bolloré se plante et n'arrive pas à racheter, peut-être que Guillemot va lancer une grande purge interne à tous les traîtres;
MrPapillon
(20h21) MrPapillon choo.t > Pourquoi ? Les employés n'ont pas été menacés s'ils le faisaient pas.
Segma
(20h10) Segma Crusing > (14h00) "l'Experts George Heads, cool comme dans une pub pour chewing-gum", "du héros à la coupe de footballeur est-allemand", avoue que c'est toi qui l'a écrit cette critique.
Crusing
(19h16) Crusing zouz > horrible, je dis battle! [youtube.com]
zouz
(19h02) zouz [youtube.com]
aeio
(18h54) aeio Nouveaux jeux sur GOG Connect : [gog.com]
choo.t
(18h16) choo.t zouz > J'ai vomi.
zouz
(17h56) zouz [twitter.com]
Crusing
(14h56) Crusing (de rien)
Crusing
(14h55) Crusing thedan > macGruber.
thedan
(14h54) thedan Crusing > sauf que là c'est de la série avec déjà une certaine désinvolture... Aprés, bon, on peut aussi faire un film
Crusing
(14h52) Crusing c'est exactement le même type de four que knight rider, ils n'ont toujours pas compris qu'au lieu de faire du remake, il faut faire de la parodie. Comme 22 jump street.
Crusing
(14h48) Crusing choo.t > ou pour faire 80's, ils ont hésité à mettre un balladeur K7 je pense.
choo.t
(14h26) choo.t Crusing > Une ampoule, des écouteurs, une pile 9v, un trombone et un couteau suisse, tout ça pour faire une étincelle ?
Crusing
(14h13) Crusing zouz > haha, même pas :D [youtube.com]
zouz
(14h09) zouz Crusing > Ils ont gardé la musique du générique au moins ?
thedan
(14h01) thedan noir_desir > bien sur comme sur le 8... Après ça fait partir de l'evolution 'naturel" quand même
Crusing
(14h00) Crusing Ho bein quelle surprise [telerama.fr]
zouz
(13h50) zouz Huhu la config requise pour Civ6, je pense que mon vieux smartphone peut le faire tourner. [pcrequirements.net] (et c'est très bien comme ça)
zouz
(13h48) zouz noir_desir > Good boy... [i.imgur.com]
noir_desir
(12h53) noir_desir thedan > et pourquoi pas sur W7, beaucoup de jeu sortent encore sur W7, et quantum avait été annoncé only W10, et maintenant il est compatible W7
thedan
(12h01) thedan Crusing > t'es pas un peu maso... pousse juste au bout , prend-le aussi sur vista (tu l'avais oublié celui-ci avoue !)
Crusing
(11h54) Crusing Ah nan nan, quiite à être borné, je veux la ME!
thedan
(11h51) thedan Crusing > t'oublie la version 98(SE) ...
Crusing
(11h29) Crusing noir_desir > je croise les doigts pour une version win ME
noir_desir
(11h07) noir_desir thedan > avec un peu chance, ça ferra comme quantum
noir_desir
(11h07) noir_desir thedan > marrant ce test, bon vivement qu'ils sortent sur W7
noir_desir
(11h06) noir_desir Niko > coucou !
thedan
(10h58) thedan Bon ce test de forza3 : [lemonde.fr] style MAIS POURQUOI !!!!
thedan
(10h58) thedan Niko > Bonjour, Niko !
Niko
(10h51) Niko Bonjour Factor !
dimanche 25 septembre 2016
__MaX__
(19h25) __MaX__ on parle pas d'iOS, faut pas tout mélanger
__MaX__
(19h24) __MaX__ Non mais aussi en UI tu peux faire à peu près ce que tu veux sur MacOS, c'est bien moins infantilisant que Windows.